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UNDERWORLD - Oblivion With Bells (2007)
Par SEIJITSU le 20 Juin 2010          Consultée 1223 fois

Et c’est reparti comme en 1994 ! Une pochette à l’esthétique surchargée (mais néanmoins fouillée) aux couleurs blanches et noires… Ca sent le retour aux sources, ou je n’y connais pas.
Le retour aux sources ? Mais pourquoi donc ?

A Hundred Days Off n’a pas marqué les esprits, rendu la critique acerbe lors de sa sortie et la conséquence fut évidente : le public n’a pas suivi. Tout ce monde a pourtant manqué de flair. Car si cet opus était loin du niveau des géniaux albums des années 90 (exception faite du pas terrible Beaucoup Fish), il faisait honneur au trio devenu duo, et montrait un groupe tout en feeling et en douceur qui cherchait à évoluer en conservant les bases même de sa musique. Oblivion with Bells débarque en cette belle année 2007 et lance cette mode du « come back » qui semble habiter, depuis la fin de la décennie passée, de nombreux dinosaures de l’électro et de la techno tels que PRODIGY ou FATBOY SLIM.

« Crocodile » nous rappelle la grande époque du collectif : c’est envoûtant, planant et Karl HYDE nous joue encore des roucoulades avec son vocodeur, tout en évitant la vulgarité qui sévit chez la musique house et dance ces derniers temps. Un très bon single, une merveilleuse mise en bouche faite avec des éléments que l’on connaît déjà pourtant. UNDERWORLD connaît son sujet sur le bout des doigts et sait comment nous mettre de suite dans sa poche… les enflures. Le hic, c’est que le reste du disque est étonnamment varié et se révèle bien plus surprenant que je l’aurais cru. « Beautiful Burnout » tente une approche plus progressive et se rapproche de la musique électronique berlinoise. Une orientation pas si étrange que ça mais qui se révèle néanmoins étonnante après un premier titre sans surprise. C’est en tout cas une tentative parfaitement négociée. Progression mi-ambient, mi-techno avec encore la voix fantomatique de HYDE qui nous emmène tout droit sur le chemin du septième ciel. C’est beau, tout simplement.

Les réjouissances ne sont pas terminées car le duo s’aventure sur les terres du hip hop avec « Ring Road ». HYDE s’essaie au rap et si je le préfère dans son registre blues, il réussit à faire des étincelles avec un flow fragile et maladroit, mais tout de même attachant. Le reste de l’album alterne passages aériens ambient (« To Heal »), et même dark ambient industriel (« Cuddle Bunny vs the Celtic Villages »). On trouve aussi des chansons électro pop soignées et classieuses (« Holding the Moth » et « Good Morning Cockerel »). La seule faille de ce disque est sans doute le morceau « Boy, Boy, Boy », archi conventionnel et terriblement fade malgré la participation du batteur de U2 : Larry MULLEN Jr. Finalement mon seul regret est peut être l’absence de morceaux dépassant la dizaine de minutes comme le groupe le faisait si souvent sur ses premiers albums (dans le genre électro bien sûr, pas ceux de la période new wave !). Car mise à part la piste deux et le magnifique « Best Mamgu Ever », les amoureux des longues plages vaporeuses de ces héros de l’électro british auront leur appétit peu rassasiés.

Oblivion with Bells est tout de même une jolie sortie, surtout pour un groupe qui semble s’éloigner de plus en plus du monde de la musique et tend à se reconvertir plutôt dans le design avec leur société Tomato.
Pourtant les faits sont là : UNDERWORLD est toujours présent et il est comme le bon vin, il se bonifie avec le temps. Et même si ce disque est très bon et qu’il aurait pu récolter un point de plus venant d’un jeune groupe, il ne faut pas oublier que dans le passé, le groupe a fait mieux, tellement mieux…
Me voilà pris par la nostalgie et je ne devrais peut être pas. Un zeste de musique électronique progressive, quelques croisements de genres sympathiques (même si les Anglais auraient pu approfondir leur propos)… Le groupe ne se moque pas de nous et ne cherche pas à nous vendre une pâle copie de ses travaux antérieurs.

Oblivion with Bells est un bon moyen de découvrir ce duo hors du commun et un peu trop éclipsé par rapport à d’autres groupes grand public (et pas forcément meilleurs), dans notre beau pays. Le disque est en plus facilement trouvable en magasin (on attend toujours une réédition de vos précédents albums les gars…), alors il serait peut-être temps de vous pencher sur eux d’un peu plus près.

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   SEIJITSU

 
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- Karl Hyde (chant, guitare)
- Rick Smith (arrangements électroniques)


1. Crocodile
2. Beautiful Burnout
3. Holding The Moth
4. To Heal
5. Ring Road
6. Glam Bucket
7. Boy, Boy, Boy
8. Cuddle Bunny Vs The Celtic Villages
9. Faxed Invitation
10. Good Morning Cockerel
11. Best Mamgu Ever



             



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