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- Membre : The Jeff Beck Group , The Yardbirds

Jeff BECK - Emotion And Commotion (2010)
Par ERWIN le 26 Mai 2010          Consultée 2482 fois

Quand on est un fanatique de la guitare, on a ses chouchous, ses passions personnelles pour tel ou tel artiste, on aime tel album, tel solo de telle chanson : "Wow, de 1.34 à 1.38 tavu?" Dans ce petit monde d’instrumentistes un rien maniaques il faut bien le dire, on oublie souvent un des plus grands gratteux de tous les temps, un homme d’une discrétion rare, qui a su toucher presque tous les genres avec un égal bonheur, sans nul doute un génie de l‘instrument; décrié pour son caractère, mais tellement doué.

Vous avez deviné, Jeff BECK, le gratteux maudit rentre désormais sur FP par la grâce de son petit dernier en date. Mais je sens bien que vous vous êtes arrêtes sur le « maudit » là… Allez quelques mots pour préciser qui est ce bonhomme exceptionnel. BECK est avec Page et Clapton un des trois plus grands guitaristes anglais, comme ses potes il a fait partie des Yardbirds, la chrysalide de Led Zeppelin, mais la formation du dirigeable se fera sans lui, pour des raisons touchant à une humeur que l’on dit ingérable. Jimmy Page sera donc l’unique gratteux du dirigeable. Puis c’est son compère Ron Wood, ami et bassiste du Jeff Beck Group, qui le quitte pour rejoindre les Stones alors que les sessions de Black And Blue sont en cours. Pas lui… Son bassiste… on pourrait énumérer tous les rendez-vous manqués par Jeff BECK et l’histoire des méga groupes de la musique. En revanche, nul ne pourra critiquer son talent inné. Jamais au grand jamais… Certes il a ses mauvais jours… Mais les bons, il peut rendre tout le monde jaloux.

Alors Emotion and Comotion, cékoidon? La pochette attirera votre regard ; vous en sourirez puis vous serez surpris de constater la qualité du skeud. Le grand Jeff a désormais 66 ans, un âge respectable. Il ne les fait pas, et son toucher n’a rien perdu de son velouté ni de sa légèreté.
L’album peut se diviser en deux parties. Des instrumentaux atmosphériques qui mettent la stratocaster de Jeff au centre des débats, et une facette toute mélodieuse, composée de reprises de standards.

Débutons pas les écrins d’une guitare au son si particulier, ce grain « à la Beck » si fin qu’il en devient vaporeux et irréel. Vous pourrez rapprocher cette texture de Roy Buchanan et de Gary Moore, et toutes ces années ont rendu Jeff encore plus maniaque et performant. Tout y passe, des effets mineurs encadrent une technique démentielle qui ne rougira devant personne, des descentes supersoniques côtoient des notes uniques d’un smooth surnaturel comme sur « Lilac wine ».
Le skeud débute sur « Corpus christi carol », titre propice au recueillement, fabuleuse entrée en matière. Le toucher du maitre vous fera aussitôt dresser l’oreille puis chavirer d’émotion.
S’ensuit un « Hammerhead » de facture hard rock avec un superbe solo à la slide que ne renierait pas les meilleurs manieurs de bottleneck. C’est la super classe! On s’éclate!
La très atmosphérique « Never alone » prône une ambiance très visuelle, proche de la BO d’un film.
Son toucher unique est le centre de « Over the rainbow » une des chansons les plus reprises de tous les temps -L‘originale est sur la BO du « Magicien d‘Oz »  avec Judy Garland, ceci ne nous rajeunit pas-. Cela tourne à la démonstration pour tous les guitaristes en herbe, même si tel n’est pas le but, c’est tellement fort qu’on en vient à vouloir jeter sa plus belle guitare par la fenêtre.
L’étonnante tentative sur « Nessum dorma » peut effrayer au premier abord, mais le britannique maitrise son art dans une telle perfection que le résultat vous enchantera, comme il enchantera toutes les générations. Et Puccini ne se retournera pas dans sa tombe. Il ne cherche nullement à impressionner, il ne shredde pas, se contente de petites pentatoniques jouées à la vitesse de l’éclair sans beaucoup de distorsion.

Puis nous avons quelques collaborations avec de grandes voix féminines : L’« Elegy for Dunkirk » met en scène la chanteuse lyrique Olivia Safe. Le morceau parle de lui-même. Tant de douceur et d’émotion extraites d’une simple guitare. Un duo réussi malgré un aspect qui pourra surprendre l’auditoire.
Le « Lilac wine » avec Imelda May nous fait pénétrer un monde onirique et vibrant où les gémissements de la guitare se mêlent à la voix superbe et très « swing » de la jeune femme. Morceau vraiment très réussi.
C’est ensuite l’union des végétariens -Rappelons que Jeff, être fragile et assez maladif est végétarien depuis longtemps- qui prend le pouvoir avec Joss Stone, la chanteuse aux pieds nus qui embraye sur un rythme bien plus moderne avec « There’s no other me », mais la compo est peu convaincante. Joss s’en sort beaucoup mieux sur la soul rythm‘n‘blues de « I put a spell on you », sa voix écorchée prend possession du classique a merveille.

Pour un mec de son âge, il faut admettre que le résultat est à la hauteur, même si les puristes regretteront « comme d’habitude » les expérimentations d’un Blow By Blow ou d‘un Wired, nous sommes bien loin des seventies! . Ici, c’est bien évidemment plus « facile ». Il n’empêche, voila un skeud de très bon aloi d‘une légende de la guitare.

Pardon Jeff de toujours t’oublier, toi qui es l’un des plus grands.

Note réelle: 3.5

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   ERWIN

 
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1. Corpus Christi Carol
2. Hammerhead
3. Never Alone
4. Over The Rainbow
5. I Put A Spell On You
6. Serene
7. Lilac Wine
8. Nessun Dorma
9. There's No Other Me
10. Elegy For Dunkirk



             



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