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Jeff BECK - You Had It Coming (2001)
Par ELK le 13 Juillet 2023          Consultée 535 fois

Deux ans après Who Else qui avait permis à JEFF BECK de sortir de sa quasi-retraite artistique, il revient pour poser la seconde pierre de ce qui sera finalement une trilogie dans le genre électro-techno-rock dont il s’est entiché au tournant du nouveau millénaire. L’équipe est largement renouvelée et resserrée : il ne subsiste de l’opus précédent que Jennifer Batten qui compose un titre et participe à l’écriture d’un second, alors que Tony Hymas, entre autres, manque cette fois à l’appel, et que la production est confiée à Andy Wright qui contribue également à l’élaboration de six titres.

La pochette semble nous indiquer que Jeff, grand passionné de sport automobile, a remis les mains dans le cambouis ; il continue à expérimenter en se plongeant de nouveau dans l’univers étrange et fascinant de la musique électronique et en posant son jeu sur des structures et rythmes largement issus de cette mouvance. L’intérêt de la chose, pour les amateurs, résulte dans la confrontation entre le formidable jeu organique et viscéral du Britannique, et la froideur clinique des machines qui l’accompagnent.

Ça commence avec "Earthquake" de Jennifer Batten, écho au "What Mama Said" qui ouvrait l’album précédent. Cette composition repose sur un gros riff typé indus joué par l’Américaine, de gros sons de basse et batterie partiellement électroniques, des voix répétitives, et les premières salves incendiaires de Jeff qui viennent évidement largement bonifier l’ensemble. Dans une veine proche, "Loose Cannon" est assez réussi, avec un son de basse bien épais, un riff alambiqué aux sonorités étranges, et une ambiance générale assez sympa malgré les boîtes à rythme. Jeff triture sa guitare dans tous les sens pour mettre ses interventions au diapason.

"Rosebud" révèle une intro réussie sur une sorte d’arpège aux colorations bluesy, avant l’entrée de la séquence rythmique. Jeff y joue de petits traits rapides en cordes étouffées et des passages de lead à la fois proches de son style habituel et décalés dans ce contexte. Le tout est cependant très répétitif. Il en va de même de "Roy’s Toy" qui débute au son d’un moteur de Hot-Rod (une grande passion de Jeff) avant un riff minimaliste posé sur un rythme funk. Le titre est drivé par des couches successives de la strat de Jeff, certains sons évoquent d’ailleurs largement ceux de Guitar Shop, pour un résultat pas mauvais mais loin d’être inoubliable. "Left Hook" débute par une intro guitare sympa, et des accords rapides et hachés, sur fond de loops et de rythmes électroniques. Le résultat nous laisse néanmoins un peu sur notre faim malgré le bon solo final de Jeff. C’est également très largement le cas de "Rollin & Tumbling", reprise du classique de Muddy Waters : la voix de Imogen Heap ne sauve pas ce titre de l’ennui malgré une audacieuse recherche de modernisation du format blues traditionnel. Certains adorent, moi j’ai du mal avec cette version même si évidemment les interventions de Jeff viennent dynamiter l’ensemble.

"Dirty Mind" bénéficie d’un bon riff hard-blues sur un son très brut, avant l’entrée laborieuse de la boîte à rythmes. Les interventions de Jeff sont superbes, et lui vaudront un Grammy Award au titre de la "Best Rock Instrumental Performance". "Nadia" est une repise d’une chanson de Nitin Sawhney, compositeur britannique d’origine indienne ; Jeff se frotte avec brio aux quarts de ton, le résultat est absolument superbe, et serait encore meilleur avec une section rythmique plus naturelle : je vous recommande très vivement la magnifique version du Live at Ronnie Scott’s avec Vinnie Cloaiuta à la batterie. "Blackbird" est un tour de force consistant en un dialogue entre le chant du merle, et la guitare si expressive de Jeff, alors que "Suspension" la bien nommée est un titre lent porté par une sublime et intime mélodie de guitare, pour un résultat vraiment lumineux.

A l’heure du bilan, je me retrouve avec mon dilemme habituel pour les disques de cette période. N’étant personnellement pas fan de la techno et surtout des boîtes à rythmes, certains titres me laissent vraiment froid, et j’ai beaucoup de mal à y revenir malgré de nombreuses tentatives. Mais certains passages, quelques interventions de Jeff, et surtout deux titres magnifiques me retiennent pour juger trop sévèrement un travail au demeurant parfaitement respectable et sincère.

Je vais donc une nouvelle fois transformer un 2,5 en 3, même si je préfère le disque précédent.

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   ELK

 
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- Jeff Beck (guitare)
- Jennifer Batten (guitare)
- Imogen Heap (chant titres 3 et 4)
- Aidan Love (programmations)
- Steve Alexander (batterie)
- Randy Hope-taylor (basse)


1. Earthquake
2. Roy's Toy
3. Dirty Mind
4. Rollin' And Tumblin'
5. Nadia
6. Loose Cannon
7. Rosebud
8. Left Hook
9. Blackbird
10. Suspension



             



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