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- Membre : Gandalf & Galadriel

GANDALF - Journey To An Imaginary Land (1981)
Par MARCO STIVELL le 1er Août 2010          Consultée 1756 fois

Ah Gandalf... La seule évocation de ce nom peut facilement prêter à sourire, d'acquiescement ou de moquerie. C'est que la sainte trilogie littéraire de J.R.R. Tolkien, le Seigneur des Anneaux en aura fait des émules. Inutile de revenir sur le succès phénoménal que l'adaptation cinématographique de Peter Jackson aura fait naître au début des années 2000, concentrons-nous plutôt sur l'avant. Le livre avait fait naître suffisamment de passion pour que celle-ci se mette au service d'un autre grand art, la musique. La preuve, en tête de file, le musicien dont je chroniquerai la discographie en partant de cette chronique, a jugé bon de s'octroyer le nom du magicien si attachant qui a accompagné Bilbon puis Frodon au cours de ce millier de passionnantes pages.

GANDALF, l'artiste cette fois, de son vrai nom Heinz Ströbl, est à l'époque un jeune autrichien surdoué de la musique. Multi-instrumentiste, il maîtrise parfaitement les guitares et synthétiseurs pratiquement de toutes sortes, jouant aussi habilement des percussions et du sitar indien. Ce dernier instrument mis à part, quel autre grand musicien de renom international cette description tend à rappeler ? Mike Oldfield, tout simplement. La musique de GANDALF s'apparente à celle du créateur de Tubular Bells et d'Ommadawn, en matière de longueur : ces deux génies apprécient particulièrement les longues plages instrumentales. La différence, c'est qu'ils n'auront évidemment pas le même succès, GANDALF restant tout de même un véritable ambassadeur musical de son pays. L'autre différence c'est que, musicalement, même les longues suites de Mike ne sont pas toujours centrées sur un travail particulièrement suggestif en matière d'images qui peuvent se créer en plus des émotions chez l'auditeur, alors que la musique de GANDALF oui, à fond même. Ce dernier se verra d'ailleurs attribuer le titre de "painter of musical landscapes", peintre de paysages musicaux.

Cependant, il convient de rappeler également que GANDALF est aussi considéré comme l'un des pionniers de la new-age, une musique à forte base de synthétiseurs, et ces instruments, de plus en plus en vogue depuis la fin des années 70, présentent des sonorités qui pouvaient passer à l'époque comme une lettre à la poste, mais qui aujourd'hui sont plutôt susceptibles de faire tiquer l'auditeur. Pourtant, et c'est un peu une règle générale à ce type de contexte, il n'y a pas besoin de se faire violence pour tenir compte de l'âge du disque et de l'écouter comme un disque de l'époque où il est sorti, non pas celle à laquelle on l'écoute. Parce que la présence de synthétiseurs souvent "typés" n'est pas beaucoup plus difficile à accepter que les arrangements du même acabit d'un disque des années 70, ou postérieur à ces époques-là.

Journey to an Imaginary Land est un titre idéal pour ouvrir une carrière qui depuis trente ans n'a pas changé de directive : permettre à l'auditeur de s'évader, le plus sereinement possible, vers des contrées imaginaires et merveilleuses. Les cinq premiers titres, sans se ressembler strictement, contiennent la même formule, autant au niveau de la composition que des arrangements. Plages longues, dépassant toutes les cinq minutes, parfois même les dix ("March Across the Endless Plain"). Les contraintes du vinyle étaient ce qu'elles étaient à l'époque, du coup le disque ne paraît pas si long que cela, quand on sait en plus que la galette n'est pas remplie à ras-bord. Mais justement pour une première approche de la musique de GANDALF, ce n'est pas un mal, au contraire. Ces cinq premières compositions se ressemblent assez sur leur construction et leurs arrangements. Les thèmes mélodiques abordés sont lumineux et répétés assez régulièrement au cours de chacune. Il y a une sorte d'enchevêtrements avec les divers solos de claviers mais aussi de guitare électrique, au son peu distinguable d'un synthétiseur (seuls les glissements sur les cordes nous rappellent qu'il s'agit d'une guitare), avec des parties plus calmes où des vagues synthétiques émergent (c'est d'ailleurs l'une d'entre elles qui ouvre le disque), ou d'autres qui reprennent le thème principal. La base, elle se constitue d'accords plaqués ou arpèges à la guitare, acoustique cette fois (et parfois 12 cordes !), avec des petits rythmes de percussions, notamment sur la partie "The Dance of Joy" du troisième titre. Le tout, sans être particulièrement remarquable, est plutôt agréable, les titres sont assez bien choisis pour mieux nous permettre de voir où l'artiste a voulu en venir. Mais il y a sans doute mieux encore, c'est la plage "Sunset at the Crystal Lake", avec uniquement des claviers aux sonorités... cristallines ! La production peut paraitre un peu froide, n'oublions pas que nous sommes dans les années 80, mais cela n'enlève rien à la beauté et l'élégance du titre, où le thème mélodique non clairement formulé paraît justement plus original de par son côté plus sagement improvisé. On ne voit quasiment pas passer les sept minutes...

Pour un premier essai, on peut dire que l'expérience s'avère concluante. GANDALF, sans verser dans la technique pure, fait bien ressortir son talent dans presque tous les instruments présents, en étant toujours au service de l'émotion que sa musique réussit à procurer. Inutile de se dire que si pendant trente ans et quasiment un disque par an, ce plaisir sera restitué à chaque fois, ça nous laisse de belles heures d'écoute devant nous... On pourrait aussi se dire l'inverse, mais non, je préfère partir optimiste !

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   MARCO STIVELL

 
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- Gandalf (guitares, claviers, synthétiseurs, percussions)


1. Departure
2. Foreign Landscape
3. The Peacefull Village Incl. 'the Dance Of Joy'
4. March Across Endless Plain Incl. 'the Mirage'
5. The Fruitfull Gardens
6. Sunset At The Crystal Lake Incl. 'reflections'



             



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