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IONA - Open Sky (2000)
Par MARCO STIVELL le 29 Décembre 2010          Consultée 1452 fois

Ô toi ami lecteur, que tu me lises par plaisir ou non, ça n'y change rien, je t'invite à une petite séance d'hypnose. Regarde fixement cet anneau. Quand je dirai "Jango", tu oublieras tout ce qu'a fait IONA avant cette grande année 2000. Attention... 1... 2... 3... JANGO ! Zzzzzzzz...

Seuls les lecteurs du génial manga One Piece comprendront cette allusion purement fantaisiste, concentrons-nous sur le plus important. Si je demande au lecteur qui a gentiment suivi mes conseils en allant écouter la musique du groupe IONA, d'oublier ce que ce dernier à produit jusqu'alors (nous sommes en l'an de grâce 2000 tout rond), ce n'est pas, là par contre, par pure fantaisie. Laissez-moi vous dire une bonne chose. Ce que IONA faisait au début, ses deux premiers albums, c'était sympa, plus ou moins bon. Après c'était franchement excellent. Les deux live étaient de bonne facture. Mais tout ça, je dis bien tout ça, n'est rien en comparaison d'Open Sky. Beyond These Shores et Journey Into the Morn avaient leurs nombreux moments de gloire, mais lorsque les premières notes de "Woven Cord" résonnent, on en vient très facilement à oublier tout ce qui a déjà été fait. Cela peut paraître un peu excessif et déplacé, eu égard des premières oeuvres du groupe et de la richesse du travail déjà accompli, mais je vous jure que non. Bon sang, un album comme Open Sky, c'est heureux qu'il n'en sorte que sur des dates charnières comme l'an 2000, parce qu'ils sont essentiels à la musique, et ça dure depuis des décennies, que dis-je, des siècles, voire des millénaires ! Euh qu'est-ce que j'dis moi ? Oubliez les siècles et les millénaires, voire même les décennies. Mais il est vrai que certaines dates ont été marquantes et si, bien que cette chronique et d'autres du même album existent, IONA ne sera jamais cité comme une référence par le grand public (à moins de devenir une usine à tubes, ce dont je doute fort malgré leur réussite sur leur terrain le plus pop), on ne peut que rester béat devant tant de musicalité, nous les amateurs d'artistes et groupes obscurs...

Le groupe IONA en l'an 2000 est constitué du line-up identique à celui qui figurait sur le live précédent avec le All Souls Orchestra, sorti un an avant Open Sky. Soit la divine Joanne Hogg, masters Dave Bainbridge et Troy Donockley, et la rythmique hyper-efficace Phil Barker / Frank Van Essen, ce dernier étant de plus doublé d'un excellent violoniste. Il convient de dire qu'à partir de dorénavant, tout ce que produira cette formation, même si ce sera une production divisée par deux quantitativement par rapport à avant et étalée sur autant de temps que la précédente (nous sommes maintenant en 2010 et Troy Donockley a quitté le groupe), relèvera du génie pur. Peu d'éléments discographiques, mais cela ne fera que renforcer la "préciosité" de ces oeuvres, Open Sky en particulier.

Lorsque démarre "Woven Cord", on oublie tout... Tout ce que le groupe a fait avant, mais aussi tout ce qu'on fait, tous les soucis de la journée, tous ceux qui concernent l'avenir, on oublie les joies aussi... Bref tout ce qui peut nous passer par la tête et qui n'a rien à voir avec la musique, ou plus exactement cette musique-là. On enfile un maillot et l'on plonge dans cet océan de pureté qui nous est révélé sur la très belle pochette. En parlant de celle-ci, la remasterisation du disque deux ans plus tard est à préférer, car le ton bleu nuit est beaucoup plus joli. Les nappes et effets vaporeux de guitare s'empressent (mais tout en douceur) d'élever l'âme jusqu'à un ciel nocturne sans nuages, "ouvert". Le fait que ces sons "grandissent" va d'ailleurs dans ce sens, comment ne pas se laisser porter haut, toujours plus haut ? Ce qui est curieux, c'est que lorsque la rythmique rentre puissament, on n'a pas la sensation de retomber, au contraire ! Bien sûr, on connaissait déjà le morceau grâce au live du même nom, mais là c'est différent. A l'écoute de cette mélodie jouée par le couple guitare électrique/cornemuse irlandaise de manière à la fois technique et hyper-expressive, on ne peut s'empêcher de penser que le groupe était content de s'exprimer à nouveau sur disque, qu'il voulait créer à tout prix, et que cinq années de préparation n'ont pas été de trop pour cela, de même que les neuf minutes absolument passionnantes de "Woven Cord".

C'est un sentiment qui, je vous rassure, dominera tout le long du disque. Un disque d'une durée conséquente une nouvelle fois (plus de 70 minutes), sauf qu'ici, à aucun moment on ne parlera de longueurs, pas même une petite. Lorsqu'arrive "Wave After Wave", on comprend toute l'efficacité du nouveau IONA sous la forme d'une chanson cette fois. Joanne chante toujours aussi divinement, le bouzouki fait son grand retour et la mélodie au violon est d'un médiévalisme des plus savoureux. C'est une chanson toute en nuance car si la première partie est douce, elle décole ensuite grâce à la rythmique massive ainsi que la voix de Joanne qui la portent encore plus haut. "Open Sky" qui arrive ensuite est la seule tentative de single possible de l'album. C'est une façon de parler car elle fait près de six minutes et que tout y est indispensable, de l'intro folk au refrain des plus charmeurs. On en vient au deuxième gros morceau du disque, "Castlerigg" au titre énigmatico-spirituel, divisé en plusieurs sous-parties. Chacune comporte son lot de qualités, et l'on surfe là aussi sur un ensemble nuancé car on part d'une nappe flottante survolée par un low whistle pour se poser sur un motif rythmique fuyant, avant de se laisser cajoler par un violon doucereux et d'entrer dans le cercle dansant du reel flamboyant de fin.

Après cette première partie copieuse en termes de minutage et de bonnes choses, on prend un petit temps de silence pour se recueillir dans un contexte mélancolique, face au ciel gigantesque éclairé par les milliers d'étoiles que le violon de Frank Van Essen nous suggère. "Light Reflected" prend ensuite le relais par le biais d'une chanson elle aussi mi-doucereuse mi-caractérielle, sans pour autant jamais déborder, sauf en ce qui concerne le sentimentalisme. Puis c'est le tour de "Hinba", avec un texte aux connotations plus spirituelles que jamais (Hinba est une île écossaise possédant un monastère qui est en relation avec l'église d'Iona), et une mélodie en conséquence bien que là aussi, on reste confiné à une certaine douceur. De la vraie dentelle musicale. Arrive ensuite le troisième gros morceau de Open Sky, les trois parties de la suite "Songs of Ascent". La première est partagée entre des moments rock et d'autres conviant à la méditation avec des nappes vaporeuses de nouveau. Mais celles-ci se font encore plus fortes sur la deuxième partie, d'abord parce qu'elles sont au départ accompagnées par une douce harpe celtique, puis parce qu'elles augmentent en intensité au milieu de cet autre long morceau (neuf minutes auss). Il y a un pic lorsqu'une nappe plus "présente" montre le bout de son tissu. Enfin bref, le côté "ambient" de la musique du groupe trouve ici et mieux que jamais toute sa signification et son ampleur. Quant à la reprise du thème celtique "Gentle Dark-Eyed Mary" à la fin de cette seconde partie, c'est le morceau de chocolat blanc sur le gâteau, à découvrir et à déguster pleinement... Il est logique que la guitare acoustique embraye ensuite sur un domaine tout aussi folk pour la troisième et dernière partie, très réussie également. On ne peut conclure sans parler de "Friendship's Door" qui en plus d'être une magnifique chanson, voire hymne, reprend intelligemment et de manière samplée divers moments de Open Sky, du reel de fin de "Castlerigg" à l'intro du morceau-titre, preuve s'il en est de la fierté du groupe concernant ce génial album.

Tout est dit, ou presque. IONA ne s'en tiendra pas à ce chef-d'oeuvre du rock progressif ambiento-celtique, et le moins que l'on puisse leur souhaiter, c'est la plus grande longévité possible (même si comme je l'ai dit, au moment où j'écris, Donockley n'est plus au sein de la formation), en plus de leur être totalement reconnaissant pour tant de richesse musicale. Merci IONA.

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   MARCO STIVELL

 
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- Joanne Hogg (chant, piano, clavier)
- Dave Bainbridge (guitares, claviers, programmations, piano, bouzouk)
- Troy Donockley (cornemuse et flûtes irlandaises, guitares, choeurs)
- Phil Barker (basses)
- Frank Van Essen (batterie, percussions, violon, choeurs)
- Billy Jackson (harpes celtiques)


1. Woven Cord
2. Wave After Wave
3. Open Sky
4. Castlerigg
5. A Million Stars
6. Light Reflected
7. Hinba
8. Songs Of Ascent Part 1
9. Songs Of Ascent Part 2
10. Songs Of Ascent Part 3
11. Friendship's Door



             



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