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RUSH - 2112 (1976)
Par ARP2600 le 9 Janvier 2012          Consultée 2883 fois

Et voici le premier grand Rush, un album comme eux seuls savent les faire. Quelques mois seulement ont passé depuis Caress of steel et à peine plus d'un an depuis Fly by night mais le chemin parcouru est immense. Ils ont su vite apprendre de leurs erreurs et livrer avec ce 2112 un hard rock à la fois puissant et travaillé, dans l'esprit du progressif à défaut d'en avoir la forme. Quoique, à bien y songer, il s'agit peut-être là tout simplement de la fondation du métal progressif, mais je m'avancerais un peu en disant ça.

La première face mériterait une chronique à elle seule. La chanson-titre, « 2112 », est une suite d'une bonne vingtaine de minutes développant une histoire de science-fiction intéressante bien qu'un peu naïve. Je tiens à préciser d'emblée qu'il vaut mieux savoir de quoi il est question avant d'écouter, sinon on risque d'être un peu perplexe face à la structure de la chanson.

L'histoire est sensée se passer en 2112, sur Terre dans une cité souterraine, le centre de la Fédération. Celle-ci est grise et terne, et gouvernée par des ordinateurs sacrés manipulés par les prêtres du temple de Syrinx. Exemple parmi d'autre, la musique y est complètement déshumanisée. Or, un jour, le héros découvre dans une grotte derrière une cascade, devinez quoi ? Une guitare ! Après avoir commencé à en tirer de la musique, il est bouleversé et s'empresse d'aller la montrer aux prêtres, croyant avoir découvert quelque chose qui pourrait améliorer leur vie. Hélas, ceux-ci savent très bien de quoi il s'agit, et détruisent l'instrument gênant. Le héros sombre alors dans la mélancolie, ne pouvant que se souvenir de la guitare. Il s'endort tristement et rêve de cités spatiales magnifiques où l'art est roi. La fin est moins claire... il semble que le personnage se suicide, pile au moment où les rebelles de l'espace – ceux des cités dont il a rêvé – attaquent et font tomber la Fédération. A moins qu'ils se plantent, c'est un peu ambigu, mais je ne pense pas.

On peut maintenant comprendre la chanson. Après une ouverture présentant les différents motifs, ainsi qu'une citation de... 1812 de Tchaïkovski, la narration commence. Les passages avec les prêtres présentent un chant très dur, symbole de leur autorité. On a ensuite carrément la découverte de l'instrument derrière la cascade, avec le bruit d'eau et tout. Il y a là une transition maladroite, un peu comme dans Caress of steel, mais tout de même justifiée par l'histoire. J'aime beaucoup ce solo acoustique faussement hésitant d'Alex Lifeson, soit dit en passant. Les différents chapitres se succèdent, pour arriver au final très exubérant, le tout s'achevant dans le bruit avec ces fameux «We have assumed control».

Après cet opéra miniature, que peut valoir une deuxième face constituée de cinq chansons individuelles ? Oh bah il ne faut pas bouder son plaisir, on a là quelques-unes des meilleurs de Rush dans cette période hard rock, je préférais d'ailleurs cette partie de l'album avant d'avoir compris la grande suite. «A passage to Bangkok» fait sourire avec son thème oriental et son riff est quand même mémorable. «The twilight zone» est plus ou moins une ballade, assez délicate et mystérieuse, on pourra un peu reprocher à Geddy Lee ses lamentations ici. «Lessons» est d'un style très libre et donc difficile à décrire... disons que j'y suis toujours surpris par la tension vocale du refrain, mais le pire c'est que j'aime ça. Quant à «Tears», il s'agit indiscutablement de la plus belle des vraies ballades du groupe – ok, il n'en ont pas écrit des masses – et ce qu'ils ont fait de plus proche du style de Genesis. L'album se finit par le hard rock simple et endiablé de «Something for nothing».

2112 est donc un album extrêmement solide. Il a peut-être un ou l'autre petits points faibles, mais il est impossible d'en tirer parti pour démonter l'ensemble. Présentant d'une part leur chanson d'une face la plus réussie, exploitant à merveille un thème sans même avoir besoin de ficelles progressives, et d'autre part quelques chansons soigneusement choisies et diversifiées, ce premier vrai chef-d’œuvre de leur discographie est avant tout plaisant quand on aime ce genre de rock direct et complexe à la fois. Évidemment, comme toujours avec eux, il faut admettre des structures rythmiques très développées et aussi la voix stridente de Geddy Lee, mais subjectivité à part, il serait mesquin de nier la qualité de cette musique. Un indispensable du hard rock classique, donc, à découvrir en priorité.

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- Geddy Lee (chant, basse)
- Alex Lifeson (guitare)
- Neil Peart (batterie)


1. 2112
2. A Passage To Bangkok
3. The Twilight Zone
4. Lessons
5. Tears
6. Something For Nothing



             



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