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RUSH - Power Windows (1985)
Par ARP2600 le 13 Novembre 2012          Consultée 2485 fois

Même le plus grand fan de Rush ne peut nier l'évidence, le son de cet album est le plus banal qu'ils aient jamais proposé. Il faut dire qu'en ce milieu des années 80, à côté du métal, tout le monde sonnait un peu pareil : synthés, réverbération, tendance pop... ce qu'on peut appeler arena rock, une tendance consensuelle entre new wave, rock progressif prog et hard rock démarrée par Asia et Yes, ensuite rejoints par les Simple Minds ou U2. Dans le milieu canadien, on peut également citer la pop de Saga. Malgré tout, Rush garde sur Power Windows une écriture plus directe : malgré la relative sagesse de la guitare de Lifeson, la nature hard rock du groupe ne s'est jamais effacée. On peut encore citer l'étrange similitude entre ce disque et ce que proposait Tangerine Dream à la même époque (on peut citer Le parc ou plus tard Tyger), ce sont un peu les extrémités du spectre de ce qu'on peut appeler le rock électronique.

Alors, est-il mauvais pour autant, ce Power Windows ? Certainement pas : comme toujours la musique est bien écrite et interprétée, elle est juste plus commerciale que sur n'importe quelle autre de leurs productions. Mais alors, remarquons que la première chanson se nomme «The Big Money», puis que l'album parle clairement de la société occidentale. On peut alors se demander, mais est-ce une excuse, si le style n'est pas volontairement commercial pour proposer une intelligente mise en abîme, comparable à celle de Grace under pressure.

Il me paraît d'ailleurs évident que ces deux disques forment un diptyque. Le premier parle entre autres de la guerre froide, de la peur du communisme, tandis que celui-ci montre les problèmes internes au monde capitaliste. Le premier adopte un style froid et analytique tandis que celui-ci abuse d'effets séduisants et faciles. Pour autant, on ne peut pas dire que Power Windows soit un chef-d’œuvre, car, si l'exercice est intéressant, il n'en reste pas moins qu'il faut se farcir quelques moments un peu consternants, mais ils restent sous contrôle grâce à la subtilité des musiciens. De plus, l'album est très homogène, trop aux yeux de certains, les chansons s'enchaînent, se ressemblent et se valent, il n'y a d'ailleurs pas cette fois de vrais tubes.

Celle qui s'en approche le plus est précisément l'ouverture «The Big Money», single à relatif succès. Il faut dire que Rush est coutumier des entrées en matière percutantes. La mélodie n'est pas fantastique mais le son très léché ne doit pas éclipser la virtuosité de ce numéro très rapide. Le son est très pop et banal pour l'époque, certes, mais quand même diaboliquement agréable, comme peuvent l'être nos vies dans la société de consommation. Ma petite préférée est «Grand Designs», une chanson complexe, à la mélodie plus intéressante et au texte étrange. Elle me semble parler de la difficulté pour les bonnes idées de se faire un chemin, dans le contexte commercial.

Le sujet de «Manhattan Project» est plus évident, elle parle bien entendu des débuts de la bombe atomique. Autant de par son thème relié à la guerre mondiale que par sa place dans l'album, elle peut être mise en parallèle et en opposition avec «Red Sector A» sur Grace under pressure. L'une montre une musique positive et héroïque, tout en critiquant le programme nucléaire, là où l'autre est triste et parle du mal chez l'ennemi. Dommage qu'on ressente ici quelques exagérations, comme l'utilisation de violons dans l'envolée héroïque finale. Quant à Marathon, qui parle de la patience nécessaire à la réalisation de grands projets, elle présente un artifice très dommageable : le changement de ton final. Bien moins subtil qu'une bonne modulation, ce truc consiste à monter la tonalité du morceau d'un ton ou d'un demi-ton dans la partie finale pour donner une impression de brillance... autant répandu dans la mauvaise pop que chez Francis Lopez, cet effet est du plus mauvais goût. Plus que toute autre chose, c'est la preuve d'une certaine commercialité de Power Windows.

Ensuite, «Territories» est une chanson rock mais incroyablement dansante, traitant du problème du chauvinisme. Un très beau passage, hélas également entaché par un changement de ton inutile. «Middletown Dreams» parle des rêves dans un univers citadin morose, et sans doute aussi des paradis artificiels, sur un fond électronique intimiste renforcé par une rythmique reggae à la Police. Dans la même veine, «Emotion Detector» parle d'amour, mais de nouveau dans un contexte fort moderne. Enfin, la conclusion mystérieuse et ambiante «Mystic Rhythms» offre une dernière réflexion sur les limites de la connaissance.

Power Windows est un album étrange. Entre une musique faussement simple et des textes beaux mais difficiles à comprendre dans toute leur profondeur philosophique, cette œuvre peut facilement passer inaperçue et être rangée dans les contributions mineures de Rush. Et pourtant, à l'instar de Grace under pressure, ce disque est très travaillé et très réussi malgré ses défauts structurels, et mérite donc qu'on lui prête une oreille attentive.

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- Geddy Lee (chant, basse, claviers)
- Alex Lifeson (guitare)
- Neil Peart (batterie)


1. The Big Money
2. Grand Designs
3. Manhattan Project
4. Marathon
5. Territories
6. Middletown Dreams
7. Emotion Detector
8. Mystic Rhythms



             



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