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RUSH - Roll The Bones (1991)
Par ARP2600 le 26 Avril 2013          Consultée 2049 fois

Avez-vous aimé Presto ? Si oui, vous devriez aimer son petit frère Roll the Bones, sinon donnez une chance à celui-ci qui est sensiblement meilleur. Oui, chose rare chez Rush, ces deux albums sont frères. Ils partagent un même style, un hard rock doux mais brillant, utilisant des sons électroniques pour séduire l'auditeur, mais bien moins que dans leur troisième époque. Ils ont également été tous deux produits par Rupert Hine, de façon très semblable, et partagent donc une même pâte sonore.

Il y a pourtant une différence au niveau de la composition. Le problème de Presto est subtil : ses mélodies sont bien écrites mais ne collent pas vraiment avec les arrangements et la production. Ayant retenu la leçon, Lee et Lifeson ont composé cette fois des chansons plus évidentes peut-être, mais parfaitement adaptées au style. Ce caractère plus direct de la musique est d'ailleurs un retour à la vraie marque de fabrique de ce groupe si bien nommé. Ainsi, l'ouverture «Dreamline» est la chanson la plus brillante, la plus intègre qu'ils aient proposée depuis «Distant Early Warning» neuf ans auparavant, d'autres comme «Bravado», «Face up» ou «The Big Wheel» sont bluffantes.

Du point de vue du thème des paroles également, les deux albums sont proches. Presto parlait de magie et de maquillage, Roll the Bones parle du jeu et du hasard, les deux utilisant ces thèmes comme moyen pour de nombreuses métaphores psychologiques et sociologiques. Ainsi le titre de l'album se rapporte évidemment aux dés, comme en atteste d'ailleurs la pochette, toujours due au fidèle Hugh Syme. «Face up» se rapporte aux cartes, «The Big Wheel» à la roulette, «You Bet Your Life» à la roulette russe, sans parler de «Dreamline» où l’on suit un couple en voiture se rendant à Las Vegas. Il y a une histoire plus ou moins suivie, mais aussi vague que d'habitude. En tout cas, Neil Peart s'en donne à cœur joie et livre ici un de ses meilleurs jeux de textes. Comme morceaux choisis, citons «We will pay the price but we will not count the cost» dans «Bravado» ou «I was lined up for glory but the tickets sold out in advance» dans «The Big Wheel». Ceux qui connaissent l'anglais devraient prendre le temps de lire tout cela, ces paroles sont vraiment remarquables.

La musique a déjà été évoquée plus haut, mais soyons un peu plus précis. Rien de neuf dans le jeu des trois musiciens, dont la qualité d'interprétation est excellente depuis leurs débuts. Les chansons, donc, sont à tout le moins plus accrocheuses que sur leurs opus précédents, et à mon avis plus inspirées. Enfin, au moins certaines d'entre elles. C'est le problème de Roll the Bones, mis en évidence par bien des critiques : la qualité n'est pas constante, surtout dans la seconde partie. La différence entre les amateurs et les détracteurs de l'album est la taille des deux tas. Toutes les chansons sont intéressantes, mais on peut dire que l'instrumental «Where's My Thing?» est anecdotique, «Heresy» détonne un peu (elle parle de la fin du bloc de l'Est et semble être l'épilogue de Grace Under Pressure), et «Neurotica» est un peu faible. La chanson-titre, un peu funky, pose également problème, surtout à cause de cet étrange rap. S'essayer au rap était une mode dans les années 90, et même Rush s'est prêté à cet exercice. Notons que c'est Geddy Lee lui-même qui interprète ce passage, mais sa voix a été abaissée à la production. Le résultat est cocasse et c'est sans doute l'effet escompté, ce rap n'est pas vraiment sérieux et son texte est également amusant.

Le reste est du Rush d'anthologie. «Dreamline» est d'une intensité fantastique (ce n'est peut-être pas la meilleure chanson de Rush mais c'est ma préférée), elle s'enchaîne à merveille avec la mélancolique «Bravado». «Face up» est un numéro survolté dépassant sans peine «Superconductor», «The Big Wheel» est d'un romantisme affolant et «Ghost of a Chance» d'un dramatisme majestueux. Reste «You Bet Your Life» dont le corps est une réponse habile et très rythmique à «Dreamline», mais il faut bien avouer qu'elle s'enlise un rien sur la fin. L'un dans l'autre, le remplissage n'étant pas pire que sur Presto ou Hold Your Fire, au contraire, Roll the Bones n'est pas un album parfait mais il est un des plus agréables du groupe et s'écoute en entier avec une certaine délectation.

P.S. : Roll the Bones est paru début septembre 1991, dans l'intervalle d'un mois qui sépare les sorties de Ten de Pearl Jam et de Nevermind de Nirvana. Juste à temps pour devancer la mode grunge en somme, mais rien n'allait plus être pareil ensuite. Ainsi, l'album suivant de Rush sera tout autre... oui, ils ont lâchement surfé sur la mode métallique de ce début des années 90 mais on ne peut leur faire ce reproche en entendant le fantastique Counterparts.

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- Geddy Lee (chant, basse, synthétiseur)
- Alex Lifeson (guitares, choeurs)
- Neil Peart (batterie)
- Rupert Hine (choeurs, claviers additionnels)


1. Dreamline
2. Bravado
3. Roll The Bones
4. Face Up
5. Where's My Thing?
6. The Big Wheel
7. Heresy
8. Ghost Of A Chance
9. Neurotica
10. You Bet Your Life



             



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