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THIN LIZZY - Renegade (1981)
Par MARCO STIVELL le 27 Avril 2012          Consultée 2032 fois

De la relation entre la musique et le temps qu'il fait. Quand j'ai écouté pour la première fois Renegade, j'espérais pouvoir en écrire la chronique en novembre, si possible un jour de grand mauvais temps. Pourquoi ? Parce qu'en dépit de la tristesse que ces journées peuvent entraîner, c'est une ambiance particulière, où l'on apprécie vraiment le fait de rester chez soi, auprès d'une bonne cheminée alors que dehors il pleut des cordes, que des tons gris se superposent sur du vert, car c'est encore plus agréable lorsque l'on habite à la campagne. D'où la filiation directe avec l'Irlande. Pour moi, ce pays comme l'Ecosse ou tout autre contrée celte rime avec mauvais temps, encore plus s'il s'agit d'un rock dense et bien que ce dernier ne soit pas forcément inspiré de la musique du cru.

Sans vouloir répéter l'exploit de Black Rose, THIN LIZZY nous offre un parfum d'Irlande très subtil avec Renegade. Si Chinatown avait encore représenté un petit succès en Angleterre (juste conforté par celui du premier greatest hits du groupe), il n'en a pas été de même pour le single "Trouble Boys" que personne au sein du groupe en dehors de Lynott dit avoir aimé. Renegade (qui s'appelait Trouble Boys à l'origine) connait aussi le ressentiment de personnes comme Scott Gorham ou Darren Wharton, bien que tous deux aient participé activement à son écriture. Et pourtant, quelle aventure, une nouvelle fois...

Ce n'est pas une coutume, analysons une pochette d'un album de THIN LIZZY. Que ces couleurs, cette ambiance sont belles ! Même s'il ne tenait rien, le poing levé exprime la ténacité, le courage face à l'oppression ou la répression... Le drapeau est couleur sang, comme les doigts des guitaristes à la fin d'un concert plein de sueur hard... L'étoile symbolise la liberté, la lumière lui fait écho au loin... Les nuages noirs épousent la forme du drapeau... Quant au vert, c'est celui de l'Irlande, avec un mauvais temps de rigueur... La pochette (sans doute ma préférée du groupe), avant la musique, participe déjà activement donc à nous faire pénétrer dans cette univers maussade.

Et la musique ensuite, y contribue dès les premières mesures, jusqu'aux dernières. Une raison première à ce fait : la montée en grade de Darren Wharton. Pas forcément omniprésent mais néanmoins essentiel, le jeune claviériste s'est vu devenir membre officiel lors de la tournée Chinatown, et c'est donc avec Renegade la première fois qu'il est présent en studio sur la quasi-intégralité des morceaux. On avait déjà pu constater à quel point les synthés apportaient une couleur glorieuse à la musique de THIN LIZZY, ce n'est encore que peu de choses comparé au résultat d'ici, et ce bien que les nappes soient parfois très sobres. Ce n'est pas le cas par exemple sur "Angel of Death" qui repose plus sur Wharton que sur les guitaristes. Pourtant chacun des membres est au top, en particulier donc le claviériste qui fait flamber son Minimoog, et aussi Brian Downey qui se défoule sur le final. La manière dont la grandiloquence épique arrive à s'adapter à la volonté de conserver une grande simplicité est saisissante, et ce titre représente six minutes de bonheur. On sent évidemment aussi une emprise des années 80 pus forte sur le son, sans pour autant qu'il soit trop froid.

Plus modestes encore sont les titres du milieu de l'album, "The Pressure Will Blow" (dont le point culminant est le solo harmonisé),"No One told Him" et son rock romantique (le chant) avec effets futuristes, ainsi que "Leave This Town" qui se révèle plus incisif. Ce titre sans doute inspiré du rock sudiste façon ZZ Top sera, sans devenir un classique l'un des tout meilleurs moments de l'album, avec ses voix qui se répondent, sa partie planante et son triple solo. "Fats" est un petit frère de (et qui se révèle meilleur que) "Dancing in the Moonlight" sans saxo, réhaussé à la place par une grosse basse et un torride solo de piano. Preuve que quand le groupe se revisite, c'est pour le moins terrible. Ce final lumineux est également splendide. Quant à "Hollywood (Down on Your Luck)", c'est le tube idéal, garni de fabuleux choeurs et nappes et contenant une partie centrale plus dense. Bien entendu, il fera un bide...

Comme d'habitude, je vous réserve le meilleur pour la fin. Outre "Angel of Death", trois morceaux s'imposent comme de véritables classiques, tous aussi marquants les uns que les autres. "Mexican Blood" débute, on s'en serait douté avec un tel titre, par un solo de guitare classique forcément hispanisant. Puis des nappes de claviers se superposent sur de gros riffs et roulements de batterie, et aussi des castagnettes. Autant le dire, c'est frissons garantis ! Une épopée basée sur un enchaînement d'accords basiques, ça le fait toujours. Downey est en particulier royal, présent aussi pour un jeu brillant de marimbas. "Renegade" est sûrement le morceau le plus personnel de Phil Lynott, bien qu'il ne l'ait pas écrit tout seul. Quand on connait son destin, l'entendre chanter "He's just a boy that has lost his way / He's just a boy, that's all" éveille une compassion comme THIN LIZZY l'a rarement fait, même dans ses plus belles ballades. Le tout sur fond d'arpèges splendides et de soli harmonisés, épiques une fois encore. Tout comme sur "It's Getting Dangerous", aux nappes et au refrain porteurs, d'une profondeur époustouflante.

Au moment où j'écris cette chronique, je célèbre au nom de tous les fans les trente ans de la sortie de Renegade. Ensemble, levons le poing (avec le drapeau orné de la pochette) et réhabilitons ce chef-d'oeuvre mésestimé.

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   MARCO STIVELL

 
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- Phil Lynott (basse, chant)
- Scott Gorham (guitares, choeurs)
- Snowy White (guitares, choeurs)
- Brian Downey (batterie, percussions)
- Darren Wharton (piano, orgue, synthétiseurs, minimoog, choeurs)


1. Angel Of Death
2. Renegade
3. The Pressure Will Blow
4. Leave This Town
5. Hollywood (down On Your Luck)
6. No One Told Him
7. Fats
8. Mexican Blood
9. It's Getting Dangerous



             



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