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Kate BUSH - The Red Shoes (1993)
Par MARCO STIVELL le 11 Mai 2012          Consultée 1405 fois

Nous y voilà. Le rejeton le plus décrié de la belle Kate. Il y avait fort à parier pour le coup : allais-je plutôt vanter les mérites de The Red Shoes, avec mon goût pour redorer le blason de ce qui pose communément problème, ou allais-je suivre le mouvement ? Je crois que la note parle d'elle-même. Pour rappel, un 2/5 sur FP ça veut dire qu'il y a des qualités mais que l'album demeure moyen. Dans le cas de cet album, je me permettrai de rajouter un "très" entre le "demeure" et le "moyen".

Les écoutes répétées n'y changent rien, The Red Shoes reste de loin le représentant le moins fidèle et généreux du génie de Kate. La faute d'abord à une production froide et impersonnelle, quand l'esprit des morceaux ne le sera pas moins. Cette production confine la batterie à une touche plus "sèche" que d'habitude, et aussi plus mécanique, mais là encore, on s'en rapportera aux morceaux.

Mais qu'ont-ils donc ces morceaux ? Que s'est-il passé ? Kate traversait alors une mauvaise période, ayant perdu sa maman (dont elle était très proche) et d'autres proches comme son guitariste Alan Murphy. Elle leur rend hommage dans la chanson "Moments of Pleasure", très "This Woman's Work"-like, et qui reste l'une des deux ou trois plus belles offrandes du disque, garnie par ailleurs d'un arrangement de cordes par le célèbre (et désormais regretté) Michael Kamen, qui avait participé aux précédents.

En dehors de cette splendeur (moins évidente qu'un "This Woman's Work" ceci dit), Kate navigue dans des eaux pour le moins étranges sur ce disque. On ne sait jamais complètement si c'est la tristesse ou la bonne humeur qui va l'emporter. A l'image de cette dernière, Kate livre l'une des chansons les moins appréciables de sa carrière sous la forme de "Eat the Music". Pleine de valihas (jouant le rôle de ukulélés) et de cuivres parfois mariachis, elle apporte une touche exotique certes loin d'être malvenue mais qui manque d'idées au point d'en devenir carrément rébarbative pour parler vulgairement. Ce constat est le même pour plein d'autres chansons du disque, à commencer par les autres titres enjoués, les funky "Constellation of the Heart" et aussi "Why Should I Love You ?" que la présence de Prince a bien du mal à relever et où la mélodie d'orgue est pour le coup, aussi commune que monotone. Les cuivres baignent dans cette sauce sans que ni l'un ni l'autre ne conviennent, arrivent à procurer un seul frisson de plaisir. Seul "Rubberband Girl" se démarque avec son rock tubesque (elle deviendra le seul hit de l'album), et c'est peut-être le seul moment du disque où les passages "en roue libre" fonctionnent réellement.

Car on en retrouve beaucoup sur les titres plus lents, donnant une impression de fourre-tout dans les chansons et ne les aidant pas à décoller. Précisément, c'est le cas sur "The Song of Solomon", "The Red Shoes", le "r'n'b avant l'heure" de "Lily" ou encore "You're the One" qui ne met vraiment comme qualités en exergue que la guitare de Jeff Beck et l'orgue de Gary Brooker (Procol Harum). "Big Stripey Lie" aussi, n'amène qu'une prestation étonnante de Kate... à la guitare, et bien rocks ! En revanche, si cet esprit aérien est aussi saupoudré sur "And So Is Love" (avec la guitare lyrique d'Eric Clapton), la densité est mieux gérée et la voix de Kate réalise encore une superbe performance. De même pour "Top of the City", l'émotion est palpable dans les parties calmes comme les emportements. Les violons de Nigel Kennedy en renforcent la fragilité et c'est bien la plus belle chanson du disque.

Disque décevant certes, mais on ne saurait en vouloir à Kate eu égard de ce qu'elle vivait à l'époque et aussi de tout ce qu'elle avait apporté à la musique jusqu'alors. Il aura fallu attendre 2005 pour se rassurer du fait que sa carrière ne s'achève pas sur cette note.

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Kate Bush (chant, pianos, claviers, choeurs, guitare, basse)
- Stuart Elliott (batterie, percussions)
- John Giblin (basse)
- Danny Mcintosh (guitares)
- Nigel Hitchcock (saxophones ténor et baryton)
- Neil Sidwell (trombone)
- Paul Spong (trompette)
- Steve Sidwell (trompette)
- Eric Clapton (guitare)
- Gary Brooker (orgue hammond)
- Justin Vali (valiha, kabossy, choeurs)
- Paddy Bush (valiha, fujare, choeurs, mandole, sifflements)
- Charlie Morgan (percussions)
- Jeff Beck (guitare)
- Prince (claviers, guitare, basse, choeurs)
- Lenny Henry (choeurs)
- Colin Lloyd-tucker (choeurs)
- Gaumont D'olivera (batterie, percussions, fx, basse)
- Nigel Kennedy (violon, alto)
- Lily (narration)
- Trio Bulgarka


1. Rubberband Girl
2. And So Is Love
3. Eat The Music
4. Moments Of Pleasure
5. The Song Of Solomon
6. Lily
7. The Red Shoes
8. Top Of The City
9. Constellation Of The Heart
10. Big Stripey Lie
11. Why Should I Love You ?
12. You're The One



             



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