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Keith JARRETT - Concerts (1981)
Par MR. AMEFORGEE le 6 Février 2012          Consultée 1200 fois

Concerts fait partie de ces quelques albums de Jarrett (ré)édités bizarrement par ECM. A l’origine, constitué de trois LP restituant deux concerts enregistrés en Autriche et en Bavière, la version cd ne comporte que le premier, celui de Bregenz, sans pour autant que le titre, avec son pluriel désormais mensonger, n’ait été modifié. Depuis plus de quinze ans maintenant, des rumeurs concernant une réédition de l’œuvre complète font régulièrement surface, sans concrétisation à l’heure où j’écris ces lignes.

Après l’apogée des années 75 à 77, Keith Jarrett n’est plus tellement à la fête. Les critiques ne se gênent plus pour l’éreinter et lui-même commence à se sentir à l’étroit dans le format du concert improvisé qu’il a mis en place. Le Köln Concert agit comme une présence écrasante. Chaque fois, le pianiste tente de retrouver l’alchimie de spontanéité de son œuvre phare. En vain. Le résultat semble présenter quelques facilités, édulcore la formule, que d’aucuns ne se gênent pas dès lors à qualifier de new age. Il suffit de vouloir se montrer spontané pour paraître emprunté.

Pour autant, il ne faudrait pas croire que Concerts est un mauvais album, loin s’en faut. Malgré la crise artistique que rencontre Jarrett, le concert à Bregenz s’avère être le plus enjoué de sa discographie, il s’en dégage une forme de dynamisme ludique qui le rend très agréable à l’écoute. Blues qui balance pas mal, déstructurations expérimentales jetées avec une désinvolture enthousiasmante, clins d’œil chatoyants à la musique de danse de salon, italienne et bien entendu viennoise, l’ensemble comporte son lot d’idées et de transformations. Au détour d’une ruelle, une valse militaire tourbillonne et s’évanouit dans un éclat de rire. Le premier rappel est une petite merveille, suivant la technique désormais connue de l’ostinato de la main gauche sur lequel vient se poser la ligne mélodique sinueuse de la main droite.
Cela dit, le concert s’ouvre et se ferme sur des mélodies particulièrement sucrées, ce qui vaudra peut-être quelques grincements de dents. Mais il faut considérer la façon dont ces passages sont joués, avec élégance et finesse, approche stylistique qui n’a rien à envier par exemple aux adaptations des classiques pop qu’a proposées Brad Mehldau à la fin des années 90. Ce n’est pas plus imbuvable que les Beatles, et à moins d’estimer que le jazz est une musique uniquement réservée à une élite ayant lu (et compris) le Tractatus Logico-philosophicus de Wittgenstein en allemand dans le texte, il n’est pas interdit d’en goûter les saveurs parfois melliflues.

Le concert à Munich, donné quelques jours après celui de Bregenz, d’une durée approximative d’une quatre-vingtaine de minutes, monopolisait les deux LP suivants. Outre sa longueur, ce n’est pas un monument d’originalité, ce qui explique peut-être la réticence de ECM à le rééditer. D’une certaine manière, on peut entendre là une synthèse des concerts solos des années 70, la proximité avec Bregenz est notable (le dernier rappel est le même), un passage qui intègre des éléments de piano préparé nous renvoie à une expérimentation similaire du concert à Lausanne, un autre passage flirte de manière un peu trop flagrante du côté du Köln Concert, rythme contemplatif qui croît en intensité et broderie qui devient étincelante à mesure. Soyons honnête, c’est loin d’être désagréable. Les gens qui ne cessent de regretter que l’artiste ne réitère pas son concert à Cologne en éprouveront quelque satiété. Mais on comprend également pourquoi Keith Jarrett se sentait pris au piège d’un système qu’il avait lui-même forgé.

Bientôt, il trouvera en Gary Peacock et Jack DeJohnette des compagnons de route qui lui offriront une manière de se renouveler. De même, les concerts solos de la deuxième moitié des années 80 amorceront une nouvelle approche stylistique, plus sombre et torturée. Ce qu’on retiendra de Concerts, c’est qu’à défaut d’être un chef-d’œuvre, c’est un album intéressant qui comporte son lot de vibrations positives. Bregenz vaut le coup, et ma foi, Munich aussi, si d’aventure un jour, il est réédité.

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   MR. AMEFORGEE

 
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- Keith Jarrett (piano)


- bregenz, May 28, 1981
1. Part I
2. Part Ii
3. Untitled
4. Heartland

- munich, June 2, 1981 (lp Uniquement)
1. Part I
2. Part Ii

- munich, June 2, 1981 (lp Uniquement)
1. Part Iii
2. Part Iv
3. Mon Coeur Est Rouge
4. Heartland



             



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