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The ENID - Salome (1986)
Par MARCO STIVELL le 22 Août 2012          Consultée 838 fois

Ayant connu un nouveau succès aussi inattendu qu'éphémère en 1983, il était assez prévisible qu'à force de ne pas se conformer à l'esthétique de leur époque, THE ENID allait vite retomber dans l'oubli. Godfrey et Stewart ont quitté le backing band de Kim Wilde depuis bien longtemps, mais ils trouvent encore au milieu de leurs divers projets, l'énergie pour pondre des albums sous le nom de leur ancien groupe, plus pour très longtemps ceci dit.

Si The Spell marquait un retour aux concepts albums, Salome ne déroge pas à la règle car comme son nom l'indique, il est dédié à la célèbre danseuse de la Bible, au rôle mineur à l'origine mais auquel de nombreux artistes, Richard Strauss pour la musique, ont donné beaucoup d'importance. A ce sujet, Robert John Godfrey écrit un poème romantique et lyrique sur l'ensorcellement des hommes, provoqué par cette danseuse sulfureuse. Et l'album tourne autour d'elle, de ses voiles bleus autant que de ses ondulations enivrantes, le tout s'ouvrant et se concluant par le fameux poème.

Le son de ce disque diffère des précédents dans la mesure où il sonne plus eighties grâce à des claviers bien d'époque, mais aussi plus « world ». La raison à cela est due à une profusion de percussions programmées en dehors de la batterie déjà tribale, particulièrement sur « O Salome » et la partie « The Change » de la longue (dix-huit minutes) « Dance Music ». D'ailleurs des longs titres, ce disque ne comporte que cela, la chanson la plus courte atteignant aisément les huit minutes.

Les fans de rock progressif pourraient s'en trouver ravis, pourtant il semblerait que plus on avance dans les albums, plus THE ENID perd de son identité rock. Les guitares torturées et magiques de Stephen Stewart sont bien présentes, mais un peu plus occasionnelles. « Sheets of Blue », autant dans sa version normale que « remaniée », est la pièce qui leur rend le plus justice. Pour le reste, c'est essentiellement un disque de claviers augmenté de percussions. On remarquera d'ailleurs que si pratiquement l'ensemble de Salome a été composé conjointement par Stewart et Godfrey, ce dernier n'a pu s'empêcher d'ajouter quelques parties de claviers purement symphoniques dont il a le secret, sur la seconde moitié de « Dance Music » (« The Jack » et « Flames of Power »). Des moments dont on se délectera comme à l'accoutumée, avec parfois la satisfaction d'entendre une fausse harpe, ou des accents wagnériens (Tristan et Isolde en particulier) dans les choix d'harmonie.

« Sheets of Blue » est aussi une pierre angulaire de ce nouvel opus. Des nappes envoûtantes et cristallines se révèlent en intro, puis les cymbales de Chris North et le Fender Rhodes de Godfrey installent une ambiance jazzy magnifique. Le titre évolue ensuite beaucoup grâce aux guitares, harmonisées ou en solo, mais aussi à la maestria de Godfrey pour ses montées orchestrales (sur le final), ou ses trouvailles mélodiques, plus évidentes lorsqu'elles sont reprises de manière soft par la fausse harpe qui accompagne les trompettes ou le hautbois. Tony Freer ne manque curieusement pas une seconde. Quant à la « revised version », elle s'attarde plus sur les harmonisations de guitares, transposées dans diverses tonalités, et propose un final où roucoulent des effets de « digital sound processors », que les fans de Mike Oldfield connaissent bien.

Le plus surprenant reste bien évidemment les morceaux construits autour du poème de Godfrey. « O Salome » voit Dave Storey utiliser une batterie minimaliste, alors que les voix modifiées -que l'on a tant appréciées auparavant...- s'en donnent à coeur joie. Contre toutes attentes au chant, c'est Stewart qui est à l'honneur sur ce disque et si sa voix est bien évidemment traitée sur le morceau d'ouverture (avec un air de crooner !), elle apparaît de façon totalement naturelle sur le final très pop eighties -de quoi dérouter un peu plus les fans- reprenant le même thème musical. On peut ainsi apprécier pleinement ce timbre d'éternel adolescent, qui aurait cependant mérité un peu plus d'entraînement pour figurer comme LA voix qui aurait pu porter la facette chantée de THE ENID à travers ces années. Hélas, il est déjà trop tard, comme nous le verrons avec la chronique suivante. Salome, en dépit de ses parti-pris typés et d'une ouverture surprenante, reste néanmoins un très beau disque, suave et tourmenté, plus exigeant qu'il n'y paraît. A noter la réédition chez Inner Sanctum qui contient l'inédit « Nimrod », une reprise de Sir Edward Elgar façon Godfrey, rêverie aux synthés typiquement britannique, assez courte et enregistrée live.

Note réelle : 3,5

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Robert John Godfrey (claviers, chant)
- Stephen Stewart (guitares, chant)
- Chris North (batterie)
- Dave Storey (batterie, percussions)


1. O Salome
2. Sheets Of Blue
3. Dance Music
4. Sheets Of Blue (revised)
5. Salome
6. + Nimrod (bonus)



             



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