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RUSH - Hold Your Fire (1987)
Par ARP2600 le 13 Novembre 2012          Consultée 1608 fois

Les tétralogies de Rush se suivent et ne se ressemblent pas. Les deux premières avaient été couronnées par 2112 et Moving Pictures, deux albums des plus essentiels. La troisième se termine de façon bien routinière, avec l'électronique Hold your Fire. Si les synthétiseurs sont très présents dans la musique de Rush depuis Signals, c'est sur cet album et aucun autre qu'ils dominent vraiment le mélange, tandis que les guitares se font plus discrètes.

Après les deux œuvres très travaillées et controversées que sont Grace under Pressure et Power Windows, le présent album est plus doux, plus aérien et moins ambitieux. On a l'impression que le groupe se repose un peu des concepts forts. Du coup, la plupart des auditeurs trouvent ceci simple et charmant mais rares sont ceux qui en font un chef-d’œuvre. Notons qu'il est dès lors curieux que ce soit leur album le plus long jusque là. D'un standard de huit chansons/quarante minutes, ils passent ici à dix/cinquante ; un manque de concision risqué au vu du potentiel modeste du projet.

La musique est donc toujours un genre d'arena rock, sans doute un peu influencé par Tangerine Dream pour le côté électronique. On est encore dans une optique très proche de celle de Power Windows, mais en moins puissant et plus contenu, donc. Il s'agit quand même toujours plus ou moins de hard rock, mais Hold your fire est sans doute l'album qui s'en éloigne le plus. Notons que Geddy Lee utilise cette fois un synthétiseur Roland D50 fraîchement commercialisé en 1987. Certains sons sont assez caractéristiques, comme cette fameuse flûte «Ushuaïa» qui apparaît sur «Taï Shan». Les paroles, quant à elles, sont assez diversifiées. Le sujet général est donc la maîtrise de soi, la force tranquille, mais c'est vague. Néanmoins, il s'agit quand même de belle poésie, comme toujours de la part de Neil Peart, et n'en déplaise à ses détracteurs. Quant à la pochette, elle est d'une simplicité un peu excessive, mais bien en rapport avec le thème vague et hermétique.

La chose commence à être très systématique : le début est excellent, «Force Ten» domine carrément le disque, avec un rock électronique aux couplets nerveux et aux refrains posés. Dans ceux-ci, l'énumération «Look in, look out, look around» est un exemple des textes contemplatifs de l'album. Dans le prolongement, «Time Stand Still» a été l'autre single, les deux ayant assez bien marché en Amérique du Nord. Elle n'est pas très intéressante mais agréable, à l'image du reste de l'album. On peut juste y noter l'inhabituelle participation d'une chanteuse, Aimee Mann.

La suite, «Open Secrets», «Second Nature», «Prime Mover», «Lock and key», se déroule souplement, sans véritable remplissage mais sans grande passion. Chaque auditeur aura ses préférées, par exemple, la douceur de «Second Nature» me séduit particulièrement. C'est encore «Mission» qui pourrait détonner, avec son introduction un peu maladroite. Curieusement, c'est dans celle-là que figure l'expression-titre «Hold your fire». Le début est tout de même rattrapé par la partie instrumentale où la guitare d'Alex Lifeson se réveille brièvement mais brillamment.

La nerveuse «Turn the Page» pourra paraître une des plus satisfaisantes auprès de l'amateur-type de Rush, mais elle est quand même un peu répétitive. Par opposition, «Taï Shan» est la plus douce du lot, elle parle d'une montagne chinoise qu'à visité Neil Peart. C'est une tentative curieuse de s'approcher d'une esthétique chinoise mais le résultat est plutôt joli. Enfin, le final «High Water» referme l'album de la même manière que «Mystic Rhythms» achevait le précédent : de façon hypnotique et mystérieuse. On a tout de même une ambiance plus rassurante ici, l'eau étant bien entendu présentée comme l'élément calme par opposition au feu qui doit être contenu.

En somme, un album idéal pour présenter le génie de Rush à une personne effrayée par les grosses guitares. Idéal comme musique de fond, ni perturbant, ni ennuyeux, il ne donnera jamais aucun cauchemar à personne. Si tous les albums de Rush sont bons, il faut quand même bien dire que celui-ci est un des moins forts, bien qu'il soit techniquement très réussi. Après un live récapitulatif, ils allaient deux ans plus tard réveiller leurs guitares en prévision des années 90. Tout en gardant les mêmes sons de synthé, Presto allait proposer une poudre aux yeux bien plus vigoureuse.

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   ARP2600

 
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- Geddy Lee (basse, synthétiseurs, chant)
- Alex Lifeson (guitares)
- Neil Peart (percussions)


1. Force Ten
2. Time Stand Still
3. Open Secrets
4. Second Nature
5. Prime Mover
6. Lock And Key
7. Mission
8. Turn The Page
9. Tai Shan
10. High Water



             



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