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POP EIGHTIES  |  STUDIO

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RENAISSANCE - Time-line (1983)
Par MARCO STIVELL le 12 Juillet 2013          Consultée 1103 fois

Mouahahaha ! Regardez-moi cette pochette terrible, plus typée tu meurs ! Comme celles des seventies mais différente... Déjà le nom du groupe paraît en complet décalage avec l'univers dans lequel on se trouve, et puis il y a ce «Time-Line» souligné par une ligne à ondes, ça fait très branché !... Comme les cheveux d'Annie. La belle a en effet opté pour la coupe peroxydée et les deux garçons qui l'entourent, Jon Camp et Michael Dunford (ce dernier donnant l'impression d'avoir joué dans Indochine), sont proprement imberbes, une première ! On ne se doute pas que ce qui figure comme un groupe pop au milieu de tant d'autres a été l'un des plus beaux fleurons du courant progressif il n'y a pas si longtemps...

Mais enfin il est clair que jamais le groupe n'aura été aussi éloigné de son essence originelle. Si Camera Camera pouvait encore se vanter de contenir des influences progressives y compris dans un nouveau son, Time-Line lui jure uniquement ou presque sur des chansons courtes de bonne pop eighties. Il est intéressant de constater que parmi les anciens fans, tout le monde n'a pas rejeté ce disque en bloc et, certains ont même pu apprécier quelques chansons, à leur échelle bien évidemment. Je soutiens ces gens : Time-Line reste un très bon album de pop. En revanche, les critiques de l'époque se sont déchaînées...

Si Camera Camera contenait encore une patte fidèle au projet Nevada (Haslam et Dunford), c'est indubitablement Jon Camp qui ressort le plus sur Time-Line. Le bassiste, qui a composé plusieurs chansons dans son coin, en était si fier qu'il clamait partout qu'il s'agissait du meilleur album jamais publié par RENAISSANCE ! Mis à part cela, Time-Line est le disque qui contient le plus de participations extérieures au noyau dur, hors orchestre symphonique. On retrouve les deux Peter, Gosling et Barron, mais aussi deux musiciens qui sévissent à l'époque dans le groupe de Steve Hackett, l'ex-guitariste de Genesis : Nick Magnus et Ian Mosley (futur Marillion). Ajoutez à cela d'autres musiciens de session, et cela suffit à faire de Time-Line une grosse production !

Pour peu que l'on aime le genre, Time-Line reste un album inspiré et très bien réalisé. On se plait à écouter, dès le début, cette ambiance féérique et futuriste, la voix d'Annie et les guitares électriques harmonisées qui planent au-dessus des nappes de synthés. Bien sûr, «Flight» est en réalité une chanson rythmée comme beaucoup d'autres de ce disque, mais c'est une qualité qui se retrouve ailleurs, comme sur la ballade corsée «Distant Horizons» ou encore les magistraux «The Entertainer» et «Magik». Un genre de synth-pop romantique et qui met en valeur la voix d'Annie de façon optimale.

La belle, ancienne fée du courant progressif, devient une chanteuse pop aussi fière et torride que savoureuse, ce qui prouve qu'elle aurait pu être une étoile reconnue du genre. On peut en particulier apprécier ses manières, jouissives sur «Electric Avenue» et «Orient Express» – où elle nous refait ses montées dans le suraigu. Jon Camp est toujours bien présent of course, à la basse (ah cette intro funky de «Electric Avenue», ces doubles croches sur «Missing Persons») mais aussi au chant. Pour le coup, il s'est bien rattrapé par rapport au précédent disque où on ne l'entendait jamais en lead. Ici il donne la réponse à Annie sur le contrasté «Chagrin Boulevard» et se réserve à lui seul le dynamique «Autotech», curieusement placé à la fin du disque. La marque Camp s'étend jusque dans la présence de ce petit bijou de légèreté, un tube détonnant autant que sautillant et qui aurait vraiment mérité de marcher : «Richard IX». Amazing ! Michael Dunford quant à lui ponctue des chansons comme «Chagrin Boulevard» ou «The Entertainer» d'une guitare inspirée et appréciable rien que pour sa rareté.

Si les formats sont typiques du pop-rock et les synthés employés dans un souci de mode, RENAISSANCE ne s'est, on le remarquera facilement, toujours pas complètement débarrassé de son empreinte folk, bien qu'elle subsiste avant tout grâce aux guitares acoustiques rythmiques de Michael Dunford. A la différence, les eighties ne sonnent pas uniquement grâce aux synthés, mais aussi pour la première fois grâce à la présence de cuivres sur le funky «Orient Express» et d'un solo de saxophone par Bimbo Acock sur «Electric Avenue». Au point de nous faire regretter que ces instruments n'aient pu être plus souvent confrontés à la puissance de la voix d'Annie.

De toute façon il est trop tard. Time-Line, nouvelle occasion plus que manquée de remporter le succès, signe la fin de RENAISSANCE. Le groupe vivotera et reviendra beaucoup plus tard mais plus rien ne sera pareil, la discographie sera poursuivie de manière plus qu'occasionnelle. Ces albums Camera Camera et Time-Line, en dehors de leur qualité dans un style particulier, peuvent être accolés facilement à ce qui a précédé chronologiquement parlant.

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   MARCO STIVELL

 
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- Annie Haslam (chant, choeurs)
- Jon Camp (basse, guitares, chant, choeurs)
- Michael Dunford (guitares, choeurs)
- + Peter Gosling, Nick Magnus, Eddie Hard (claviers)
- Peter Barron, Ian Mosley (batterie)
- Bimbo Acock (saxophone ténor)
- Dave Thomson (trompette)


1. Flight
2. Missing Persons
3. Chagrin Boulevard
4. Richard Ix
5. The Entertainer
6. Electric Avenue
7. Majik
8. Distant Horizons
9. Orient Express
10. Autotech



             



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