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- Style : Blackmore's Night
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RENAISSANCE - Camera Camera (1981)
Par MARCO STIVELL le 14 Mai 2013          Consultée 698 fois

1981 est l'année du grand chambardement pour RENAISSANCE. Après le départ définitif de John Tout et Terrence Sullivan, Annie Haslam en collaboration avec Michael Dunford forme Nevada, trio auquel se joint le claviériste Peter Gosling. La musique pratiquée par ce groupe n'a de lien commun avec le RENAISSANCE d'alors que son versant pop, car du côté du son on est infiniment plus proche de ce qui sévit en ce début d'années 80. Nevada ne fera qu'enregistrer des démos et s'en tiendra là, mais c'est ce style qui, irrémédiablement, influencera RENAISSANCE pour ses travaux à venir.

Les fans ne peuvent donc plus rien espérer d'autre qu'un RENAISSANCE qui colle avec son époque, et Dieu sait qu'aucun d'entre eux ne le voulait. Pourtant, ce sera ça ou rien car c'est tout ce à quoi l'on aura droit jusqu'à la séparation (temporaire) du groupe au milieu des années 80. Camera Camera rien que par son titre s'éloigne grandement de la poésie des albums précédents et notamment des grands chefs-d'œuvre des années 73-77. On pense à quelque chose de plus flashy, des relents de strass... Quant au groupe lui-même, son statut est un peu bizarre car il introduit le susdit Peter Gosling ainsi que le batteur Peter Barron, mais aucun des deux n'apparaît sur une quelconque photo de la pochette.

Camera Camera est le dernier album auquel participe Betty Thatcher en tant que parolière historique du groupe. En guise d'au revoir privé, elle écrit «Bonjour Swansong», single non-inclus sur la version originale du disque. Cette chanson est quelque part l'une des tentatives du groupe de courir après le succès de «Northern Lights», en matière de ballade romantique acoustique et un brin hivernale. Plus courte que la plupart de autres chansons présentes, elle n'en est pas non plus complètement représentative, mais elle se laisse écouter.

En fait, il convient d'écouter ce RENAISSANCE-là comme n'ayant plus grand-chose à voir avec l'ancien sauf pour cette occasion, les influences progressives. Non pas que Annie Haslam et ses acolytes cherchent à reproduire les structures échevelées d'un «Song of Scheherazade», mais la plupart des chansons s'étale sur une durée qui avoisine les six ou sept minutes, ce qui laisse de la place pour développer des idées alambiquées. Beaucoup de chansons, comme les trois premières, alternent en effet passages pop et d'autres planants, dans les deux cas très axés sur les synthés. Certaines comme «Faeries (Living at the Bottom of the Garden)» (qui est une composition de Nevada) surprennent par leur rythmique sautillante, pourtant si caractéristique de cette musique typée... Tout comme les synthétiseurs qui aiment bien jouer à la croche ou à la double croche (ou comment remplir un temps pour donner un effet rapide et technoïde) et il est évident que la majorité des sons fera se hérisser les poils des vieux de la veille (écoutez la fin dérangeante de «Remember»).

Les chansons sont globalement inspirées, mais on peut leur reprocher d'aligner les idées sans que ce soit pour autant constamment justifié. «Tyrant-Tula» à la rythmique influencée par le reggae (!) aurait gagné à ne pas revenir sur sa partie initiale, même si c'est un effet classique. On s'y délecte toutefois de la présence de Jon Camp à la basse forte (à noter qu'il n'interprète pas une seule chanson en lead sur ce disque !), tout comme celle de Michael Dunford sur la plus acoustique et suave «Okichi-San», à nous faire regretter qu'il n'utilise pas plus souvent la guitare électrique pour des solos y compris durant cette période. Quant à Annie Haslam, sa participation sur «Jigsaw» avec ses montées en suraigu à la fin des refrains est particulièrement savoureuse. N'oublions pas dans tout cela le principal, le seul et unique morceau qui ravive la magie d'antan et sans excès de synth-attitude : «Ukraine Ways». Ici la longueur est nettement appréciable, on retrouve le classicisme cher au groupe qui a créé Turn of the Cards. Les influences reggae la différencient quelque peu de ce dernier, mais le piano de Gosling révèle des idées typiquement romantiques et Dunford se fend de magnifiques solos plaintifs... Grandiose !

Ce disque aurait été une plus grande réussite si certaines chansons avaient fait un effort de concision, mais il y a assez de bonnes idées pour ne pas rester sur l'impression négative de nombreux puristes, ceux qui l'auront à peine écouté (et encore).

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   MARCO STIVELL

 
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- Annie Haslam (chant, choeurs)
- Jon Camp (basse, guitares, choeurs)
- Michael Dunford (guitares, choeurs)
- Peter Gosling (claviers, choeurs)
- Peter Barron (batterie, percussions, choeurs)


1. Camera Camera
2. Faeries (living At The Bottom Of The Garden)
3. Remember
4. Bonjour Swansong
5. Tyrant-tula
6. Okishi-san
7. Jigsaw
8. Running Away From You
9. Ukraine Ways



             



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