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- Style + Membre : Nuit Celtique

Carlos NUñEZ - Cinema Do Mar (2005)
Par MARCO STIVELL le 1er Novembre 2010          Consultée 2168 fois

Lorsque Carlos NUÑEZ publie Cinema Do Mar en 2005, il est bien plus que le jeune premier fraîchement arrivé de sa Galice natale. On peut dire qu'il est même dorénavant l'une des personnalités les plus populaires et respectées dans le domaine des musiques celtiques. Outre sa collaboration célèbre avec l'Héritage des Celtes de Dan Ar Braz à la fin des années 90, on peut citer en particulier son album de 2003, Un Galicien en Bretagne, qui a achevé sa consécration. Maintenant que tout est fait de ce côté-là, il est difficile d'attendre chaque nouvelle publication du sonneur avec détachement. Car à présent, le bonhomme peut tout se permettre, et ce bien que l'on espère qu'il ne passera pas trop violemment d'un style à un autre ou, s'il doit quitter le terrain des musiques celtiques, même momentanément, qu'il le fasse sans trop chercher à dérouter son public.

Pour son sixième album (cinquième original, l'un des six évoqués étant une compilation), Carlos a choisi une thématique pour trame, les bandes sonores du cinéma et autres airs célèbres. Ceux-ci ont été minutieusement choisis, ainsi qu'on peut le constater en lisant les notes du livret, car ce que cherche avant tout Carlos à faire passer par le biais de ses instruments et de ceux des musiciens qui l'entourent, c'est de permettre à l'auditeur la faculté de voir des images au contact de la musique. D'où le titre du disque, Cinema Do Mar, avec ce parfum d'iode qu'il dégage fortement ("cinéma de la mer"). En effet, beaucoup de morceaux et d'arrangements présents donnent une impression de pureté que l'on retrouve dans cette mer à laquelle les celtes, donc y compris les galiciens et asturiens, tiennent tant. Et puis cela permet à Carlos de faire un joli retour sur sa petite enfance, lorsqu'il assistait aux projections de films sur la plage... Tout un programme.

C'est ainsi que l'on passe en quelques minutes, une poignée seulement pour la plupart (deux morceaux seulement dépassent la quatrième minute), d'un air très connu à un autre. Prenons l'exemple certes aisé, mais toujours représentatif du "Boléro" de Maurice Ravel. Il est dit dans les notes du livret que des airs comme celui-ci ont souvent été "choisis" de par leur popularité pour représenter le pays auquel ils appartiennent, en l'occurence la France pour le "Boléro", de même que le "Concerto de Aranjuez" l'a été pour l'Espagne. Ils ont certes été choisis pour leur beauté, mais aussi parfois en rapport avec le contexte historique, car certains cinéastes espagnols ont utilisé le "Boléro" au moment du passage de la dictature franquiste à la démocratie. Commençons donc par ces deux titres, qui sont symboliques de la pureté qui anime le disque, avec cette gaïta (rappel : cornemuse galicienne) toujours très présente et qui conduit ces très jolis arrangements de nappes et de violons. Pour le "Boléro", la lourdeur de la masse rythmique orchestrale laisse place à des (fausses) caisses claires légères et de jolies couleurs azurées, avec le petit vent qui convient toujours dans ce moment-là. Pour le "Concerto de Aranjuez", on se rend compte à quel point cette mélodie, même bâtie sur un mode andalou, sonne celtique, et ce n'est pas seulement à cause de la gaïta. Quant au "Boléro", n'en parlons même pas...

On aurait tort de réduire Cinema Do Mar à ces deux pourtant déjà excellents morceaux. Le travail accompli par Carlos ici est grandement dû à l'influence du cinéaste-compositeur Alejandro Amenàbar, avec qui le sonneur a travaillé. On retrouve ici deux thèmes absolument magnifiques de l'un des films d'Amenàbar, Mar Adentro. Ils sont liés par une mélodie en mode majeur jouée par là où les cornemuses et qui fait le principal attrait de ces compositions. Du reste, on remarque des thèmes hyper-célèbres comme le "Prelude à la Suite Pour Violoncelle n°1" de Jean-Sébastien Bach - preuve une nouvelle fois que la musique baroque et la celtique s'entendent très bien -, la valse de la "Finale" du film Le Parrain, ainsi que le merveilleux thème "Gabriel's Oboe" du film The Mission par Ennio Morricone. A propos de ce dernier, Carlos avait déjà eu la chance de le rencontrer, et il est toujours amusant de se remémorer le fait que toutes les filles étaient sous le charme lorsque le galicien jouait cet air à la flûte durant son adolescence. Pour le morceau "Tristan et Iseult", il s'agit de l'une des nombreuses compositions de Paddy Moloney, le leader du groupe The Chieftains, pour des musiques de films. Carlos a tout simplement choisi sa préférée, et on ne peut que l'en remercier car elle représente un très beau moment du disque. A noter que les Chieftains sont présents sur cette version. On termine avec les deux morceaux les plus enracinés dans la tradition celtique, à savoir "Women of Ireland" que les Chieftains, puis le groupe The Christians ont eu l'opportunité de populariser hors des frontières d'Irlande par le passé, et "The Sailor's Hornpipe" qui, en dehors de conclure l'album de manière sympathique, souffre (et c'est le seul réel bémol du disque) un peu de cette participation du chant "lilt" ("mouth music"), amusant la première fois, mais aussi détenteur farouche du bien connu "on aime ou pas". Et moi j'aime pas...

Il y a une autre qualité que l'on pourra reconnaître à ce Cinema Do Mar, c'est que bien qu'étalé sur une durée assez courte, les différents morceaux présentés ont le bon ton de ne pas répéter cent cinquante mille fois les mélodies principales, sachant que le contraire aurait pu paraître facile, notamment pour des morceaux comme "Women of Ireland" (Mike Oldfield l'a très bien fait cependant). Carlos, son frère multi-instrumentiste Xurxo et Pancho Alvarez ont suffisamment travaillé sur les arrangements ainsi que les ambiances, et le moindre son qui en découle a sa propre importance, ne serait-ce que la petite programmation, qu'une broderie à la flûte ou une note de guitare électrique en mode "clean" qui résonne dans le lointain. Un très joli ensemble et qui se révèle parfaitement honorable par rapport à l'atmosphère recherchée. Bien que légèrement grandiloquent parfois mais sans aucune prétention, ce disque est comme une invitation à la relaxation. A bon entendeur...

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   MARCO STIVELL

 
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- Carlos Nuñez (gaita, flûte à bec, uilleann pipes, highland pipes)
- Xurxo Nuñez (percussions en peau, marimban vibraphone, guitare)
- Pancho Alvarez (bouzouki, viole de gamba, vielle à roue, guitare e)
- The Chieftains
- Altan
- Solas
- The London Session Orchestra
- The National Youth Pipe Band Of Scotland


1. Concerto D'aranjuez - Adagio
2. Bolero
3. Finale (le Parrain)
4. Titulos Finales (mar Adentro)
5. Prelude A La Suite Pour Violoncelle N°1
6. You're So Cool
7. Gavriel's Oboe (mission)
8. Women Of Ireland (barry Lyndon)
9. Tristan Et Iseult
10. Weep Not For The Memories - A Week In January
11. El Viaje - Edit (mar Adentro)
12. The Sailor's Hornpipe (popeye)



             



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