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GWENDAL - Pan Ha Diskan (1995)
Par MARCO STIVELL le 24 Mai 2018          Consultée 136 fois

Au milieu des années 90, GWENDAL est un duo. Youenn Le Berre, le vieux capitaine et son second Robert Le Gall proposent une nouvelle formule : réaliser un disque à deux tout en faisant appel à des musiciens invités, non sans surprise marquée comme la présence du bassiste Michel Valy et surtout le retour de François Ovide.

Si GWENDAL vivote et prend énormément de temps pour peaufiner ses oeuvres discographiques (l'enregistrement de Pan Ha Diskan s'étale sur neuf mois), c'est pour mieux révéler la maturité acquise depuis Glen River, sorti il y a plus de cinq ans avant celui-ci, mine de rien ! Le rock progressif des débuts est définitivement abandonné, ce qui n'empêche pas les compositions d'être riches dans leurs développements.

1995, c'est l'année où Alan STIVELL publie le grand Brian Boru, celle où Dan AR BRAZ séduit les foules avec son Héritage des Celtes, et Pan Ha Diskan arrive à point nommé, même si le succès n'est pas au rendez-vous de manière égale, tout à fait injustement. En réalité, ce disque fait beaucoup penser aux productions Keltia Musique de l'époque, partagé entre les moyens limités et, comme sur Glen River, la recherche du rêve.

Un magnifique rêve bleu, c'est ce que nous offre GWENDAL dès la pochette, pourtant très simple mais qui suscite de fortes impressions, grâce à la photo de Nicolaï Lo Russo. De ce point de vue, la musique n'est pas en reste. Le début est cependant fidèle à une attitude bien différente de ce qu'on attend, avec cette grosse boîte à rythmes hip-hop qui lance le morceau-titre. Le chant breton samplé est la seule marque de voix humaine pour tout le disque, qui plus est traité de façon orientale.

Loin d'un disque de rap et de l'indigence de l'album Danse la Musique dix années plus tôt, Pan Ha Diskan débute ainsi, en retenant les sons groovy de ce milieu d'années 90 et en annonçant la couleur réelle de l'ensemble, à travers un magnifique solo de guitare sur fond de claviers aériens. La bombarde dialogue avec elle pour les refrains, on mesure le talent de nos deux compères, Le Gall et Le Berre, d'autant plus proches qu'ils sont seuls à jouer ici. Quel talent !

Et ça ne s'arrête plus ensuite. "Kerminy Breo" reprend la drumbox, mais c'est un titre lent et luisant d'écume marine, porté par le violon, un solo de guitare acoustique et des arpèges superbes qui hantent l'ensemble, nous mettent des étoiles dans les yeux. On retrouve les mêmes instruments et la flûte sur "Menez Avel", improvisation où c'est la guitare électrique qui se charge des arpèges cette fois. "Jungle Réel" continue dans la veine sur un tempo gaélique et avec des fortes percussions.

Si l'esprit jazz du groupe est savamment distillé dans les progressions d'accords et le feeling au moment des solos, jamais le disque ne dévie de sa trajectoire, le but étant de nous faire voyager en terres celtiques d'une manière autre que les grands artistes susmentionnés. "Pilo Rosso" et "N'Douagad" font pas mal penser à du CAPERCAILLIE et mélangent les danses, les ambiances tour à tour enlevées et brumeuses. C'est un régal, tout comme dans un registre nettement plus intimiste, "Kom Voul Voul", partie courte et délicate de guitare acoustique par François Ovide, histoire de nous rappeler que GWENDAL n'a pas perdu son humour en matière de titres.

La fin de l'album est peut-être moins réussie, juste un peu, mais on apprécie toujours l'humeur relaxante autant que relâchée adoptée par les musiciens. Un des sommets du disque trouve forme en cette "Death of the King", "mort du roi" célébrée avec solennité par la cornemuse écossaise au son toujours puissant et enchanteur. La batterie et la basse y sont mieux que réalistes, et cette ballade instrumentale, ponctuée de variations jazzy mais tellement celtique, n'a rien à envier aux meilleurs efforts de L'Héritage des Celtes dans le même genre ; c'est un peu le "Green Lands" de GWENDAL. Pour tout cela, il ne faut pas laisser Pan Ha Diskan se faire oublier, c'est un disque magnifique !

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   MARCO STIVELL

 
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- Youenn Le Berre (flûtes, bombarde, cornemuses, guimbarde)
- Robert Le Gall (guitares, violons, programmations, mandole)
- Tahar Ben Mezoued (uilleann pipes)
- Michel Valy (basse)
- Marc Hazon, Loïc Pontieux (batterie)
- Xavier Desandre-navarre (percussions)
- François Ovide (guitare acoustique)
- Paul Faure (synthétiseur)


1. Pan Ha Diskan
2. Kerminy Breo
3. Pilo Rosso
4. Menez Avel
5. Jungle Reel
6. Kom Voul Voul
7. Death Of The King
8. N'douagad
9. Aber Drac'h
10. Date Prisa
11. Erwan O'clock
12. N'douar



             



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