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- Membre : Alan Simon

Cécile CORBEL - Songbook Vol. 4 - Roses (2013)
Par MARCO STIVELL le 12 Juillet 2014          Consultée 973 fois

Pas un souffle de vent ce soir-là, ou si peu. La lune brille dans un ciel noir dégagé. Elle éclaire vivement une maison au toit non pas fait d'ardoises, mais de tuiles rouges. Dedans, au premier étage, le chroniqueur sommeille. Il a eu une journée harassante, maître Erwin s'est encore moqué de lui : il ne va pas assez vite en besogne.
L'air qui circule, à peine perceptible dans ces contrées de garrigue plutôt que de fougères, se marie aux quelques pincées de poussière lunaire qui viennent de tomber. La brise argentée pénètre dans la chambre par la fenêtre entrouverte. Elle réveille le chroniqueur. Elle a pris l'apparence d'une fée, qui dit simplement, d'une voix douce : «Sur le dernier Cécile CORBEL, tu écriras quelque chose de beau». Ce n'est pas une obligation, mais une prédiction. Elle disparaît. Le chroniqueur se rendort. L'album est sorti il y a déjà un an, maître Erwin va encore ricaner...

Mais ce n'est pas une excuse pour ne pas en parler, du dernier Cécile CORBEL ! Il porte un nom, celui de Roses, comme c'est le cas depuis le Songbook précédent. La jeune artiste bretonne publie ses albums à la manière des chapitres d'un livre qui est celui de sa carrière, et qu'on espère encore longue. Son style n'a pas réellement évolué, mais l'aventure se révèle, comme toujours, différente. Pour commencer, les références aux musiques séfarades et orientales sont quasiment absentes de ce quatrième opus, à deux ou trois exceptions près («Hija Mia», le début de «Eirin»).

La chanteuse et harpeuse préfère recentrer son propos sur un univers britannique, celtique, avec même quelques accents de musique sacrée («Prayer»). Suivant toujours les traces d'Alan Stivell, grande influence pour elle, Cécile CORBEL reprend des traditionnels, qui on le remarque, ont déjà connu une seconde jeunesse grâce au maître du renouveau musical breton, dans les années 70. Mais elle le fait comme lui en son temps, avec un souci d'actualité tout en y incorporant sa propre personnalité. «Jenovefa» s'inscrit parmi les réussites de l'artiste, avec la spécificité d'un rythme soul léger que Sting n'aurait certainement pas renié.

À ce niveau d'excellence, viennent s'ajouter «Hija Mia», l'enfantin «Le Long de l'eau», ainsi que «Les Capitaines», dédié à ces courageux héros qui ont plus de considération pour la mer que pour leurs belles. «Francesco» semble interprétée par une fée se promenant à travers Brocéliande. Autant d'airs que la voix de Cécile CORBEL effleure, carresse, en étant soutenue par l'éternelle section de cordes. «Folia» et «Eirin» sont deux splendides instrumentaux prétextes aux danses conduites par la harpe toujours inspirée de la demoiselle. Celle-ci ne peut d'ailleurs s'empêcher d'inclure la fameuse «Morrison's Jig» en guise de conclusion à la seconde ainsi qu'à l'album, comme pour faire un second clin d'oeil à Stivell et, en l'occurrence, au mythique Renaissance de la Harpe Celtique.

Autre hommage non négligeable, cette fois à un songwriter et chanteur britannique des années 80 aussi talentueux que méconnu. Nik Kershaw, devenu producteur depuis, reste dans les mémoires pour un couple de tubes bien ancrés dans leur époque : «Wouldn't It Be Good» et «The Riddle». Cette dernière, déjà repopularisée dans un contexte électronique, est transcendée par Mademoiselle CORBEL, l'une des meilleures surprises de ce dernier album. Le choix paraît d'autant plus naturel que la mélodie et l'arrangement portaient déjà en eux quelque chose de celtique à l'origine, une teneur héroïque. Madame la Fée avait raison : comment ne pas être positif avec tout cela ?

Roses offre de multiples impressions. La principale est celle, pour l'auditeur, d'accéder à un monde où les univers des Songbook 2 et 3 se confondent. La musique essentiellement acoustique et baroque du volet Renaissance se voit augmentée des claviers et de l'esprit pop étoffé qui ont constitué l'empreinte du numéro 2. Celle du présent volume 4 a aussi quelque chose de particulier, le sort de l'homogénéité habituelle. L'absence de ligne directrice évidente donne presque le sentiment d'un album fait de bric et de broc. Pour faire un parallèle très personnel, c'est une marque qui fonctionne, Anthony Phillips l'a d'ailleurs prouvé avec ses Private Parts & Pieces. Sortir des schémas, c'est parfois positif, pour ne pas dire souvent. Aujourd'hui surtout...

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   MARCO STIVELL

 
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1. Les Capitaines
2. Jenovefa
3. Francesco
4. Garden District
5. Prayer
6. Folia
7. Hija Mia
8. Le Long De L'eau
9. À Suivre
10. The Riddle
11. La Ballade De Rose
12. Eirin



             



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