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Happy RHODES - Building The Colossus (1994)
Par MARCO STIVELL le 29 Septembre 2018          Consultée 808 fois

1993 a été l'année d'Equipoise, et aussi de RhodeSongs, une compilation des six premiers albums de Happy RHODES avec une poignée d'inédits, dont une magnifique reprise folk de "Ashes to Ashes" adoubée par de nombreux fans de David BOWIE, si pointus habituellement dans leur domaine.

Si le duo Warpaint / Equipoise était une transition importante, parenthèse exigeante mais non dénuée de qualités, Building the Colossus (1994) représente une continuité plus évidente et réussie. Les textes sont plus directs, les morceaux mieux formatés sans être immédiats, c'est en quelque sorte de la pop enrichie, "à la Happy" qui n'a jamais aussi bien canalisé son propos auparavant, tout en voulant sonner pour un plus grand nombre.

Le disque est paru chez Aural Gratification comme tous les précédents, produit par RHODES et son habituel comparse Kevin Bartlett, qui sont aussi les deux intervenants permanents sur ce disque où interviennent quelques invités, parfois de marque. C'est un pur produit de début des années 90 avec un esprit "fait maison", un son à base de programmations, mais qui heureusement, ne fait pas disparaître la guitare pour autant, c'est même le contraire. Et puis par rapport aux deux d'avant (à tous ceux d'avant même !), Building the Colossus se distingue par une chaleur certaine, une réverbération moins basse dans les températures. On s'en rend compte dès "Hold Me", le solo de David Torn (EVERYMAN BAND, Jan GARBAREK) ouvrant le bal des invités avec brio.

Le morceau-titre est très parlant, c'est de la pop quasi ensoleillée, au rythme plutôt funky, hip-hop en réalité. Serait-ce une chanson sur les stars/célébrité et tout ce qu'elle doivent faire pour briller en termes de préparation ? C'est que Happy cherche elle-même à nous captiver avec, pour la première fois, une photo entière d'elle et seulement du maquillage, pas de déformation ni de squelette apparent. Captiver, c'est bien le mot ; comme les claviers-orgue joués par elle-même, la guitare électrique qui souligne les phrases, le groove imparable malgré la batterie factice, la voix grave qui, conjointement aux choeurs suraigus, participe à donner à l'ensemble un caractère plus sexy et aguicheur que ce qu'on lui a connu ("I try to build the perfect model of-a who I wanna be").

Sur "Dying", son chant prend un air swing au moment du refrain, grave toujours et en réponses, opposition marquée face aux couplets dans les aiguës et garnis d'arpèges de 12 cordes superbes. En matière de pop-jazz, Happy RHODES fait encore mieux sur "If I Ever See the Girl Again", propos bien choisi où malgré la légèreté du rythme, les orgues et effets de voix imposent une atmosphère lourde, menaçante, ensorceleuse, intense et dramatique jusque dans le son des guitares. Pour l'artiste, c'est le sens de la nouveauté tout en restant elle-même, avec force et grandeur.

Un autre clou du disque, puisqu'on parlait d'invités prestigieux, c'est l'intervention sur plusieurs titres de Jerry Marotta, batteur américain qui a accompagné Peter GABRIEL dès ses débuts en solo après GENESIS, idoles de mademoiselle RHODES, et jusqu'au milieu des années 80 (à l'époque, il joue pour les INDIGO GIRLS). "Just Like Tivoli", très belle chanson sur les victimes de guerre, à la fois portée par une touche valsée ancienne et des sons oniriques dont Happy (ici en mode Kate BUSH) a le secret, s'élève encore plus grâce à la présence de toms martiaux joués finement par Marotta. Et d'un autre côté, il y a sa batterie "normale", celle qui a fait sa réputation avec une frappe tribale mais aussi beaucoup de rimshot (coups sur les parties métalliques).

Si la fin en jam session de "Glory" avec lui et Kevin Bartlett apparaît trop courte, frustrante de fait, on se régale de son jeu sur "Collective Heart", dans un style pop-reggae, ainsi que sur "You Never Told Me", une des rares chansons ici avec une vraie basse. Il y a une touche épique sur ce morceau au texte sombre et intime, des arpèges fins de RHODES et ses voix (les choeurs sont merveilleux sur tout le disque) jusqu'à la remontée de violoncelle. Un instrument que l'on retrouve aussi sur le magnifique "Big Dreams, Big Life" ("...and I realize that it goes this way", propos mature d'une femme qui n'a jamais cessé d'être une enfant), une des ballades acoustiques de l'ensemble avec "Pride".

Excellent album et très complet, avec plusieurs chansons où Happy RHODES emploie ses deux voix conjointement et où les idées se succèdent, en jouant sur l'aspect pop des morceaux et en gardant une cohérence, un sens de la qualité. Peut-être l'un des meilleurs pour découvrir l'artiste !

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   MARCO STIVELL

 
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- Happy Rhodes (chant, guitares classique & 12 cordes, claviers)
- Kevin Bartlett (guitares, basse, claviers, programmations)
- David Torn (guitares, effets)
- Jerry Marotta (batterie, percussions)
- Dave Sepowski (guitare électrique)
- Chuck D'aloia (guitare classique, guitares slide)
- Peter Sheehan (percussions)
- Monica Wilson (violoncelle)
- Kelly Bird, Karen Campbell, Rachel Coope (voix)


1. Hold Me
2. Just Like Tivoli
3. Dying
4. Collective Heart
5. Building The Colossus
6. Omar
7. Pride
8. You Never Told Me
9. If I Ever See The Girl Again
10. Down, Down
11. Big Dreams, Big Life
12. Glory



             



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