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Shania TWAIN - Shania Twain (1993)
Par MARCO STIVELL le 14 Janvier 2015          Consultée 672 fois

Erwin (qu'il soit loué !) a écrit les chroniques de Stevie Nicks, Jennifer Lopez et Katy Perry. À mon tour, je me retrouve à parler des albums de Shania TWAIN. Une noble tâche ! Allons-y, sérieusement, mais amoureusement...

Née en 1965, Eilleen Regina née Edwards, devenue rapidement TWAIN par son beau-père (un natif descendant de la tribu des Ojibwé), a vingt-sept ans lorsque sa carrière artistique est véritablement lancée, chose qu'elle n'a pas volé quand on sait ce qui précède, et ce n'est pas le cas de tout le monde, surtout pas ceux/celles qui la jugent un peu vite et méchamment.
Ayant grandi dans la plus grande pauvreté que peut entraîner le manque de moyens financiers et de confort de vie au sein d'une famille canadienne « décomposée » et multi-raciale de sept personnes, dans un habitat souvent privé de chauffage (-30 à -40° en hiver au nord de l'Ontario), ayant dû jongler entre sa carrière et la gestion de sa famille suite à la mort brusque des parents dans un accident en 1987 (elle a 22 ans), la belle et précoce jeune femme a bien connu la vie « à la dure », même si elle en retient des choses positives comme le fait d'avoir appris à se débrouiller elle-même, les solitudes en forêt, le chaînage minier en hiver et la direction d'équipe de planteurs d'arbres en été (prenez en de la graine, messieurs !)... En bref, Mademoiselle TWAIN demeure un bel exemple de courage, une force de la nature, ce qui ne peut qu'ajouter à son charme physique et à celui d'une personnalité réservée et marginale, créative, et qui pour éclore publiquement, a dû une nouvelle fois repousser ses limites.

Remarquée un beau jour alors qu'elle fait du cabaret par un avocat spécialisé venu exprès de Nashville, Tennessee, Eilleen est signée chez PolyGram et vient naturellement s'établir seule dans la ville temple de la country music. Au départ réticente mais admettant que son prénom est trop doux, elle prend un pseudonyme et choisit Shania, emprunté à une consœur du cabaret, nom qui se traduit par « Je suis mon chemin », parfaitement accordé à sa nature optimiste. Elle doit cependant revoir peu à peu son image (sachant qu'elle vient de la cambrousse) et se conformer aux exigences de l'industrie musicale.

Son premier album voit le jour en 1993, même si là encore la jeune femme a le sentiment d'avancer un peu à reculons. Elle a toujours chanté et écrit des chansons, mais on ne l'encourage guère à les publier, la renvoyant vers des morceaux « de catalogue », déjà écrits et attendant de trouver preneur/se. Étiquetée country, et bien qu'adorant ce style depuis l'enfance (elle est particulièrement influencée par Dolly Parton et Johnny Cash), Shania doit se contenter d'un album propre, calibré, minuté durant sa confection, faisant intervenir des musiciens professionnels de passage. Tout cela est loin de satisfaire son penchant créatif, mais aux yeux de tous, elle n'est que « la petite canadienne » et n'a pas son mot à dire. Qu'importe ; pour sûr, son heure viendra...

Ce premier disque est néanmoins joli, même s'il ne connaîtra qu'un succès modéré. Le premier titre publié en single, « What Made You Say That », est un mid-tempo typiquement country, à la mélodie ensoleillée, légère et efficace, tandis que la jolie brune y va déjà de toute sa sensualité. Le clip manquera d'être rejeté par PolyGram, pour quelques malheureux (hum !) centimètres de peau visibles entre son décolleté et son nombril. God bless America ! Pourtant, comment résister à ce charme, cette merveille de femme baignée par le soleil estival... Le deuxième clip pour « Dance With the One That Brought You », morceau similaire mais plus commun, est signé Sean Penn en personne, quoique trop limité par le manque de soutien du label, au grand regret de la chanteuse.

Chanteuse qui brille déjà sur le torride blues-rock « Crime of the Century » et ce « Got a Hold on You » propice à des guitares plus caractérielles, tout comme le timbre de voix. Voix chaude, toujours juste, limpide, jamais sans excès, y compris sur les ballades, même si celles-ci se distinguent peu et contiennent légèrement trop de sucre, dans les arrangements de claviers-cordes. Alternant avec les mid-tempos, ce premier disque offre quatre ou cinq morceaux excellents (dont "God Ain't Gonna Getcha for That", en partie écrit par Shania) et d'autres simplement agréables. Pour un début impersonnel, ce n'est tout de même pas mal.

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   MARCO STIVELL

 
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- Shania Twain (chant)
- Steve Gibson, Reggie Young (guitares électriques)
- Chris Leuzinger (guitare acoustique)
- Billy Joe Walker, Allen Frank Estes, Joh (guitares)
- Sonny Garrish (steel guitare)
- Glenn Worf, Mike Brignardello (basse)
- Larrie Londin, Paul Leim (batterie)
- David Briggs, Gary Prim (claviers)
- Costo Davis (claviers, synthétiseur)
- Jelly Roll Johnson (harmonica)
- Terry Mcmillan (percussions, harmonica)
- Cindy Walker, Dennis Wilson, Curtis Youn (choeurs)


1. What Made You Say That
2. You Lay A Whole Lot Of Love On Me
3. Dance With The One That Brought You
4. Still Under The Weather
5. God Ain't Gonna Getcha For That
6. Got A Hold On Me
7. There Goes The Neighborhood
8. Forget Me
9. When He Leaves You
10. Crime Of The Century



             



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