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FOLK EN COLLANTS  |  STUDIO

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- Style : Steeleye Span, The Gentle Storm , Rosemary Standley , Pentangle, Fairport Convention, Malicorne, Renaissance, Jethro Tull, Mike Oldfield
- Membre : Deep Purple, Rainbow, Candice Night
 

 Blackmore's Night Official Website (257)

BLACKMORE'S NIGHT - Shadow Of The Moon (1997)
Par LONG JOHN SILVER le 10 Avril 2015          Consultée 899 fois

Quand on cause BLACKMORE'S NIGHT avec un zigue qui voit la chose depuis sa caverne d'Ali BaDOOM, ça peut aboutir à ça:
"N’empêche que question Kitsch on dépasse largement la limite autorisée… et bien entendu on pardonne tous leurs petits défauts aux blackmétalleux qui ont l’avantage de venir de pays du nord de l’Europe. EUX.
-Kitsch… mais combien de temps faudra t-il au machinphone que tu tripotes sans cesse pour devenir désuet ? Et combien lui restera t-il avant de devenir… comment déjà ? Oui "Kiiitsch" comme l’est devenu le téléphone à fil et à cadran qu’on aura quand même usé pendant des lustres auparavant ?"

Lorsque Ritchie rencontre sa muse blonde et bien plus jeune que lui, celle-ci n’est absolument pas musicienne…et encore mois chanteuse. La suite : Ritchie quitte DEEP PURPLE, reforme RAINBOW, Candice fait les chœurs et cosigne "Ariel", le titre qui sort du lot. Ritchie collectionne les instruments anciens, ça intrigue sa douce alors nos tourtereaux s’en vont chiner pour agrandir le trésor mais songent aussi à faire joujou avec les pièces qui s’y trouvent. Le couple à la ville se fait Duo champêtre période Renaissance fantasmée en représentation. Le projet est lancé. Place à sa réalisation. Les duettistes proposent une musique pas très éloignée des PENTANGLE, STEELEYE SPAN, FAIRPORT CONVENTION en recyclant, réadaptant, mixant des airs traditionnels issus de répertoires folkloriques… avec des moyens techniques modernes. On entend du violon mais ça ne sent pas le crin de cheval, on peut dormir tranquille à même le sol l’écurie, la paille sent bon et ne pique pas.

Si l’ambiance New Age, la voix pop, douce et chaleureuse, de Candice NIGHT rappellent l’univers de Mike OLDFIED, le son du disque s’éloigne de la culture musicale britonne, trouve ses marques sur le continent. Avec en gros l’Allemagne pour barycentre. Ritchie s’y est toujours bien senti. Bien entendu cela fait longtemps qu’on emploie des éléments Folk dans le Metal, du HEEP à MAIDEN en passant par… RAINBOW. Et on n’oublie pas JETHRO TULL, surtout pas Ritchie qui invite Ian ANDERSON à faire retentir sa flûte enchantée sur "Play Minstrel Play". Est-ce un hasard si une grosse partie du Metal/Heavy mélodique inspiré par les mélodies Folk médiévales émerge juste au moment mais surtout après la sortie de Shadow of the moon : aux Pays Bas, En Finlande, en Suède mais pas que ? Le son 80’s a vécu mais n’est pas pour autant totalement relégué au rang des souvenirs pénibles (1), le côté vaporeux/romantique notamment même si on n’utilise moins les synthés, pas de Fairlight comme chez Kate BUSH, les instruments sont surtout analogiques. Néanmoins l’emploi du matériel digital parait ne faire aucun doute concernant une mise en son très, voire parfois trop, soyeuse pour sembler parfaitement sincère. On est en droit de se poser des questions sur la précision métronomique des percus sur "Writing On The Wall" par exemple. En revanche ce disque, trop long –il aurait gagné à être « élagué »- réussit parfaitement bien son coup, il est sans cesse plaisant, peut être écouté comme musique de fond ou plus attentivement. Malgré une production qui n’est pas au niveau des ambitions affichées, paradoxalement trop cheap. Mais aussi à cause d’un péché mignon endémique à la constitution du projet : le gout prononcé pour les images surannées d’Epinal la médiévale. Lequel est également en bonne partie responsable du pouvoir d’attraction des duettistes. Et lycée de Versailles.(2)

Ainsi "Play Minstrel Play" qui deviendra un classique du duo peine à fendre l'armure en dépit de la flûte f(o)ugueuse de Ian ANDERSON. Même chose pour "Writing On The Wall", du disco hard à mi-chemin entre KISS et BONEY M qui finit par être plaisant, d’autant que la strat est de sortie. Le touché classieux toujours vivace de Ritchie se rappelle à nos oreilles et c’est bon. "Renaissance Fair", autre incontournable, souffre également du manque de profondeur de la production, on aurait aimé la résonnance d’une cour de château un soir de fêtes à la place de quoi on a un plateau télé. C’est l’éponyme "Shadow Of The Moon" qui s’en tire le mieux au rayon classique, son ampleur mélodique étant en adéquation avec la trame sonore.

Au rayon frais, la mignonette "Be Mine Tonight" fais valoir sa mélodie ; la ballade "Ocean Gypsy" aurait pu être magnifique sans le traitement New Age appliqué aux cordes qui en tissent la trame mais n’en demeure pas moins fort belle. "No Second Chance", autre instant chagrin, boite à rythmé et mélancolique permet de sortir la strat tout comme "Greensleeves" (oui, ils ont osé !), sert de mobile pour envoyer un gros clin d’œil à « Tubular Bells. "Wish Tou Were Here" atteint de nouveaux pics de mélancolie, Blackmore arrache des notes bluesy de sa stratocaster, derrière les nappes de cordes continuent de sonner carton-pâte mais l’interprétation de Candice est émouvante d’autant que Ritchie peut réellement s’amuser avec son premier amour dans les mains.

Au rayon sympa sans plus on a "Magical World" et trois instrumentaux, "Minstrell Hall", "Memmingen" et "Mond Tanz", qui mettent en avant le jeu de guitare acoustique du baladin noir. Choses récréatives qu’on trouvait déjà au sein du PENTANGLE avec les numéros de Bert JANSH et John REINBOURN. Notons que le dernier titre servira de prélude et de conclusion à la relecture de "Child In Time" quelques années plus tard.
Au rayon too much "The Clock Ticks On" est là pour donner raison aux détracteurs de BLACKMORE’S NIGHT, tellement c’est caricatural avec ses « trompettes Ivanoesques » en ouverture et son rythme cadencé pour menuet, en dépit d’un chouette arrangement pour violoncelle et d’une interprétation vocale de qualité.

Un opus relativement homogène en terme de qualité, on le voit, le duo faisant preuve d’une belle régularité pour refourguer des mélodies très agréables, au détriment parfois d’une certaine subtilité en terme de rendu. Ainsi les titres « emblématiques » ne sortent pas particulièrement du lot, c’est sur scène qu’ils s’exprimeront pleinement. Cependant le pari de l’homme en noir de monter un projet durable –sans retour en arrière et avec une charte artistique aussi risquée- s’avère payant, les Japonais et (of course) les allemands adoooorent. En France, on ignore tout cela ou on s’en moque, c’est selon. Reste à pérenniser l’activité de la petite troupe familiale. D’abord en tournant, on est les nouveaux saltimbanques après tout : « Oyez, oyez ! Braves gens ! »


1) Excellente chronique sur Incognito de POLNAREFF dont B’sN pourrait reprendre « Le Bal Des Laze » et « Qui A Tué Grand Maman »
2) Ça marche ni avec Cambridge ni avec Hanovre (NdT)

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Ritchie Blackmore (guitares, basse, mandoline, percussions)
- Candice Night (chant, voix)
- Pat Regan (claviers)
- Gerald Flashman (trompette, cor français)
- Tom Brown (violoncelle)
- Lady Green (violons, viola)
- Ian Anderson (flute sur 4)
- Scott Hazel (voix sur 4)


1. Shadow Of The Moon
2. The Clock Ticks On
3. Be Mine Tonight
4. Play Minstrel Play
5. Ocean Gypsy
6. Minstrel Hall
7. Magical World
8. Writing On The Wall
9. Renaissance Faire
10. Memmingen
11. No Second Chance
12. Mond Tanz
13. Spirit Of The Sea
14. Greensleeves
15. Wish You Were Here



             



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