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- Membre : Jimmy Barnes

COLD CHISEL - The Perfect Crime (2015)
Par ERWIN le 21 Mars 2016          Consultée 1737 fois

Dans le récent cimetière qu'est devenu le panthéon du rock australien ces dernières années, les vieux de la vieille de COLD CHISEL tiennent la baraque avec une ferveur qui en remontrerait à la plupart des ptits jeunots d'aujourd'hui. Ouais, le burin froid n'est pas un groupe ordinaire, malgré les années, ils font toujours preuve de la même passion pour la musique et du même détachement pour le star system. Un groupe de pub rock au sens le plus noble du terme, des mecs qui ne se prennent pas la tête. Des purs quoi... Comme pour le précédent opus, Kevin Shirley est aux commandes, pour donner de la rondeur à ce vénérable groupe de rock, plus crasseux et alcoolisé que jamais.

Tout débute avec "Alone for you", sur un thème dérivé du célèbre "Peter Gunn", titre qui nous plonge dans l'ambiance enfiévrée d'un pub à 4 heures du mat dans la bonne ville d'Adelaïde, là où les mecs causent Aussie rules et Grand prix toute la nuit, seulement interrompus par quelques bagarres de bon aloi et encadrés par des dizaines de cadavres du soda houblonneux local. On met de suite les points sur les "I", car c'est buriné, c'est le cas de le dire : on remarque immédiatement que "All hell broke Lucy" approche de la qualité des morceaux qu'un certain groupe de courant alternatif/continu tente de retrouver. "The backroom" est un vrai hard'n'roll qui tabasse fort, pas de la zique pour fillettes. Quelle bonne ambiance !

Le clavier Walker a composé la quasi totalité des titres, et deux sont carrément repris de ses albums solos. L'éponyme "The perfect crime", qui porte le sceau d'un rock'n'roll assez vintage, avec cette basse rondelette et ce chant très classique qui swingue terriblement. Puis sur la fiévreuse "Four in the morning", on s'attaque à une vision plus smooth du rock, comme si Chris ISAAK avait soudainement débarqué dans l'Outback pour prendre les rênes de la compo tout en gardant le furieux Jimmy Barnes au chant. Ce sera la même analyse pour "Get lucky" où la voix si rocailleuse du chanteur est quasi méconnaissable. Le résultat étant franchement à la hauteur. "Mexican wedding" continue sur cette lancée, l'orchestration rappelle même certains slows d'Elvis des Fifties, ne serait-ce que la voix gorgée de bourbon de ce bon Jimmy.

Le bues ultime intitulé "The mansion" réunit tous les ingrédients qui plairont à la majorité : malgré le gros son, c'est très raw, très roots, super brillant. Le groupe minaude et "Monsieur" Barnes renvoie aisément Bon Scott et Brian Johnson faire les fleuristes. - Ouais, Angus, c'est pas une raison pour passer un ptit coup de fil à Jimmy et lui proposer un chèque à 6 zéros pour venir remplacer Brian au pied levé sur la tournée mondiale.... Ce serait contre nature à mon sens... Laissons le monument australien mourir de sa belle mort.

J'avoue un vrai coup de coeur pour la fabuleuse et vibrante "Long dark road" sur laquelle la lancinance du rythme immuable et la voix écorchée du chanteur produisent un effet des plus remarquables sur l'auditeur. Assurément, la petite perle de cette livraison, nantie d'une orchestration au cordeau. Voilà un morceau qui ferait un flambard dans les charts si les gars avaient l'idée d'en faire un single. Cette manière qu'à Jimmy Barnes d'hurler le refrain "It's a long dark road", c'est juste magistral.

Le guitariste Ian Moss a aussi droit à sa petite heure de gloire puisqu'il est au chant sur deux titres. Sur sa composition "Shoot the moon", un hard rock assez classique, ainsi que sur celle très entraînante du bassiste Phil Smal : "Get lucky", un quasi rockabilly. Je n'ai pas évoqué le rock'n'roll super bandant de "The toast of Paris" et on va en terminer sur "Lost", probablement la compo la plus mainstream du lot, avec un refrain poppy qui se laisse super bien apprivoiser, sans rien renier toutefois de l'identité si raw du groupe.

Pour les amateurs de Rock, de vrai rock couillu et sans calcul, plein de coeur, de sueur, de sang et de larmes : cet album est fait pour vous... ça hurle, ça pête, ça se bagarre, ça rote dans tous les sens, mais on s'approche d'une vision assez ultime de ce que le rock représente, et parvenir à cette alchimie de nos jours est une sacré performance. Tout ceci est purement jouissif. Merci à la lointaine Australie d'avoir enfanté un groupe tel que COLD CHISEL. Ca redonne foi en l'avenir ! Un très grand album, ce "crime parfait" est en réalité le hold up parfait !

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   ERWIN

 
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- Jimmy Barnes (chant)
- Ian Moss (guitare-chant sur 9 et 11)
- Phil Small (basse)
- Don Walker (claviers)
- Charles Drayton (batterie)


1. Alone For You
2. The Backroom
3. All Hell Broke Lucy
4. The Perfect Crime
5. Long Dark Road
6. Four In The Morning
7. The Mansions
8. The Toast Of Paris
9. Shoot The Moon
10. Mexican Wedding
11. Get Lucky
12. Bus Station
13. Lost



             



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