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HARD ROCK/AOR  |  STUDIO

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1987 Frehley's Comet
1988 Live+1
  Second Sighting
1989 Trouble Walkin'
2006 Greatest Hits Live
2009 Anomaly
2014 Space Invader
 

- Style : Aerosmith, Guns N' Roses
- Membre : Kiss

Ace FREHLEY - Frehley's Comet (1987)
Par LONG JOHN SILVER le 21 Octobre 2016          Consultée 1019 fois

Il en aura mis du temps, le Spaceman ! Quand l’album Frehley’s Comet est publié, cela fait bien six ans qu'on n'avait plus entendu le gugusse sur disque. On n’attendait plus vraiment, vu l’époque : le Kitsch vaporeux pop, la mélasse AOR/hair metal, étaient partout. Bigre, diantre et palsambleu. En 1987, il est probablement bien trop tôt pour se passer de principes de production que la morale réprouve désormais. À cette époque, Ace est plus que jamais un branleur resté dans l’ombre de sa planète de tutelle. Or KISS, lui-même, doit se débattre pour exister sans ses masques. Ceux qui évoquent les 80’s avec des larmes plein les yeux n’ont jamais traversé l’Enfer que furent ces temps reculés. En plus de productions affligeantes à tous les niveaux, on doit endurer des ectoplasmes comme POISON ou DOKKEN, les DURAN DURAN du Metal. Depuis l’Outter space, Ace ne doit pas pouvoir apercevoir les GUNS N’ROSES, son (plus vraiment) pote Paulo (Stanley) aurait pourtant pu le rencarder : lui sait pertinemment. Les Guns viennent de le recaler, lui préférant Mike Clink pour produire leur premier - et historique - essai.

Ace a quitté le vaisseau amiral KISS avec un deal en poche, lui permettant de palper des intérêts dans l’affaire pour plusieurs années. Sans rien faire. Il est parti en vacances en 1982, période Creatures Of The Night et revient l’année de la sortie de Permanent Vacation : un disque qui a décrété qu’AEROSMITH était increvable, jusqu’à se nourrir avec habileté – et même plus - des canons de l’époque. Prenant le risque d’y laisser un bras. Finissant (re)glorifié. On sait qu’au fond de lui, Ace est resté un rocker abrasif, à l’état d’esprit proche de celui des voyous des GN’R. Se prendre la tête sur des procédés d’enregistrement, et même des prises, c’est comme écrire un recueil de poèmes : pas son gin froid. Heureusement pour lui, Ace a la chance d’avoir Eddie Kramer en tant que producteur, en plus de ses potes musiciens : Anton Fig*, Richie Scarlett et John Regan. D’ailleurs, il ne se voit pas endosser une carrière véritablement solo, donc c’est dans un groupe, le sien, qu’il remet le pied à l’étrier. À partir de 1984, Frehley’s Comet (le groupe) commence à tourner puis se met doucement à enregistrer pour achever sa copie (seulement) en 1987. Entre temps, Scarlett a laissé sa place de second - guitariste et chanteur - à Todd Howarth, un bellâtre qui joue du hard fm. What else ?

Vous vous imaginez Ace Frehley entouré des synthés d’époque, la batterie passée aux UV, et chantant des bluettes ? 1987, c’est aussi l’année de Crazy Nights de KISS, son pire album. Pourtant, en dehors du son de batterie – qui mérite le renvoi en correctionnelle du responsable du marketing –, d’inénarrables passages de synthés – même punition -, on évite néanmoins in-fine de se couvrir de ridicule. Maintenant, on imagine que si Ace avait été en mesure de fournir sur un album dix titres du calibre de « Parasite » ou « Cold Gin », il l’aurait fait. Aujourd’hui, ce disque sonne tout de même daté, heureusement la personnalité du Spaceman reste aisément identifiable, les chansons ne sont pas (toutes) honteuses, les soli percutent. Car, oui, Ace affiche une forme olympique à la guitare, j’en veux pour preuve le solo de « Love Me Right ». On a - effectivement - pas mal de quoi causer hard fm/AOR à propos de ce disque  : « Calling To You » , pire qu’un tube de STARSHIP, en est le prototype, Tod Howard y chante comme une endive un soir de fête. Ne soyons pas définitifs envers ce brave Tod. Il apparaît nettement plus convaincant dès « Breakout », un machin - co-écrit avec Richie Scarkett et un certain Eric Carr - qui lorgne déjà sur l’AOR, à la mélodie efficace autant qu’aux guitares incendiaires. Entre les deux, on trouve « Something Move », dans l’optique EUROPE (gloups), on ne s'étendra pas, si ce n’est que les Suédois ne connaissent pas le bonheur de jouer avec Ace Frehley. Quand c’est Ace – en personne - qui s’y met, cela donne « Into The Night », sympa, un poil mollasson tout de même, ou la poppy « Dolls ». Allez savoir pourquoi, on aime bien les voix de canard. Même lorsqu'elle recycle l’inévitable Russ Ballard, un auteur de plein de hitounets mignons - pas que de « New-York Groove », donc - surtout dévolus aux vieilles gloires soucieuses de se vautrer dans l’AOR. Avec des chansons adaptées à leur standing. Là encore, Ace parvient à se donner une allure convenable en dépit d’une prod connotée.

Le reste se veut plus burné, c’est pourquoi l’hymne crétin « Rock Soldiers » - on concurrence MANOWAR sur le terrain de la dialectique - est casé d’entrée. C’est lourd comme une référence au déjà culte « I Love It Loud ». C’est effectivement efficace, d’ailleurs il s’agit du titre le plus connu du skeud, celui qu’Ace joue toujours en live. Faite d’un bois identique, « We Got Your Rock » est un filler correct qui s’enflamme sur son solo. « Love Me Right » ne dépare pas non plus la galerie, elle est aussi ici pour faire briller la Les Paul. Toujours en mode mid-tempo « Stranger In A Strange Land » assume tout autant sa fonction remplissage qui se lâche – on l’aura assimilé - au moment du solo. Quand on vous dit qu’Ace a l’air en forme ! Le final nommé « Fractured Too », soit un jeu de mot un rien mélancolique en référence à « Fractured Mirrors » qui concluait l’album de 1978, s'adresse comme un salut qui remonte le temps, replonge dans le regard affiché sur la pochette de l’album Ace Frehley. Celui qu'on savait dans KISS. Donner une suite à un instant phare pourrait être pompeux, au mieux inutile, au pire ridicule. Reconnaissons qu’Ace s’en sort remarquablement ici, comme si cette étape le ressourçait. D’ailleurs, il n’en restera pas là avec le modèle « Fractured Mirrors », mais c’est une autre histoire.

On a attendu le retour de Ace un long moment sauf que quand ce disque est paru, on ne l’attendait déjà plus. On était passé à autre chose, on n'écoutait plus ces sons là, on en avait plein la truffe. De fait, on est passé à côté du retour du Spaceman. Comme beaucoup, mais rappelons qu’à ce moment KISS, lui-même, peinait à affirmer son statut, pire : régressait entre fanfreluches et hair metal. Or ce n’est pas Frehley’s Comet – pour pas antipathique qu’il se révèle être – qui allait bouleverser suffisamment les esprits. Cependant, malgré toutes les scories héritées de son époque, Frehley’s Comet demeure un honnête instant de rock’n’roll. Avec une honorable (double) entrée et une conclusion digne. Un disque sympa mais pas nécessaire, pour les fans du phénomène Ace avant tout.

* Anton Fig a joué sur Alive II ("Rocket Ride"), l’album Ace Frehley (1978) mais aussi sur Dynasty (1979) et Unmasked (1980)

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Ace Frehley (chant, guitare)
- Tod Howard (chant, guitare, claviers)
- John Regan (basse, choeurs)
- Anton Fig (batterie)


1. Rock Soldiers
2. Breakout
3. Into The Night
4. Something Moved
5. We Got Your Rock
6. Love Me Right
7. Calling To You
8. Dolls
9. Stranger In A Strange Land
10. Fractured Too



             



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