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2010 Opus Eponymous
2013 Infestissumam
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2016 Popestar
2017 He Is
  Ceremony And Devotion
2018 Prequelle
 

- Style : Blue Öyster Cult, Uriah Heep, Black Sabbath

GHOST - Infestissumam (2013)
Par LONG JOHN SILVER le 8 Septembre 2016          Consultée 886 fois

Trop tard pour réagir. La sensation Heavy Metal de l’année 2010, adoubée par James Hetfield, l’avait annoncé : l’Antéchrist arriverait bien vite. Voilà prophétie réalisée en 2013 avec l’album Infestissumam. Terme accolé à l’entité maléfique dont on ne dit pas le nom, comme dans Harry Potter. Trembleeeeezzz !!!! Ou plutôt, fuyez si vous en avez encore l’occasion. Parce qu’au fond GHOST, qu’est-ce donc ? Petit rappel pour les étourdis qui ignoreraient encore qu’ils encourent un péril terrifiant, risquant au hasard de leurs écoutes de tomber sur ce truc maudit. GHOST est tout d’abord un concept visuel, où chacun des musiciens anonymes porte une tenue sombre ornée du logo du moment (le G de GHOST servant de cadre à une croix renversée), où le chanteur est un pape masqué en mort vivant. Horreur ! Du Black Satanique !!!

Or c’est là qu’intervient le malin car on comprend, assez vite, que la menace n’est pas sérieuse, elle est réelle. Du Blague Metal satanique nous joue GHOST. KING DIAMOND, le voisin nordique, avait créé son personnage grimé, son maquillage préfigure le masque du Papa Emeritus. Or, la nuance entre GHOST et un de ses probables inspirateurs tient aussi à cet attribut : le masque. GHOST est une mascarade au sens dramaturgique du terme. D’ailleurs, la trajectoire de GHOST fait, au bout du compte, penser à celle de KISS, à partir d’un buzz et d’un concept savamment mis au point avant lancement. GHOST surfe sur le mainstream. Comme on est passé à l’étape supérieure, on change de label, on embauche un producteur avec des références qui vont de TRIVIUM (brrrr) à ALICE IN CHAINS (ah ! ) en passant par les FOO FIGHTERS (ouaip) et EVANESCENCE (argh). Et puis tant qu’on y est, on part enregistrer à Nashville, capitale de la variété US. Comme ça, on sera loin de certaines tentations, on pourra se concentrer sur la musique, côté musiciens. C’est rigolo de faire ceinture, à l’intérieur de la bible belt, alors qu’on célèbre la fornication et le stupre à longueur de plages. Les séminaires d’avant présentation du nouveau pontife seraient aussi marrants que les conciles au Vatican ? Parce qu’aussi, il faut rappeler que GHOST accueille un nouveau frontman : Papa Emeritus II qui succède à Papa Emeritus, on change de dimension ne l’oublions pas. Le règne du deuxième sera aussi bref que celui du premier.

Comme dans la série Le Prisonnier où le numéro 2 change au terme d’une séquence, le pape n’est pas appelé araignée très longtemps. Le pape n’est pas Voldemort, ni Sauron, ni l’Antéchrist en personne, il n’en est que le porte parole. Les goules sont convoquées au moment où "on" leur présente celui que "on" peut désigner de nouveau second. En gros, le malin est en chacun de nous. Il y a de l’autodérision dans la démarche de GHOST, et une charte. Charte que refuseront toutes les chorales et chanteurs de Nashville pressentis pour se charger d’une partie des nombreuses couches vocales que comporte le disque. Du coup, "on" part à Los Angeles où les dollars et la carte de visite sont autant de messages de paix et d’amour, où une chorale ne se fait pas prier pour louanger Belial, Behemoth**, Belzebub, Asmodeus, Satanas et Diabolo… euh, Lucifer. Les copains d’abord, il faut bien gagner son pain quotidien ! Et tout le reste aussi. Comme le précise le titre final : "Come together as one", soit "jouissons ensemble". Tout un programme.

Je fais partie de ceux que le premier opus de GHOST ont laissé sur leur faim. Le coup était énorme, ce sont des apprentis surdoués qui ont enregistré ça mais GHOST n'est pas MUSE. Heureusement. Je dis MUSE, parce qu’il y a en commun une empreinte emphatique, précieuse, voire pompeuse. GHOST reste borderline sur ce plan. Sa force, ce sont ses chansons. On en a entendu dans Opus Eponymous, certaines sacrément bonnes même. Mais malgré cela, passé la surprise stylistique (bravo les gars), on entendait un groupe pratiquer du Metal tout droit sorti des amplis de JUDAS PRIEST ou du SAB, une sorte de récital de plans old school édulcoré par des couches vocales mélodiques et des claviers dans la lignée de BLUE ÖYSTER CULT. Un truc malin certes, pas totalement convaincant mais frais. En gros, TOUT restait à faire.

On a coutume de lire que Infestissumam reprend les recettes d’Opus Eponymous. Explication pratique quoiqu'un poil de Beelzebub trop facile. Le diable se niche dans les détails. La couleur du premier opus restait clairement orientée Heavy, elle apparaît moins ici. Infestissanum brille comme un disque pop. Où les BEATLES joueraient à MERCYFUL FATE plutôt que l’inverse. D’ailleurs, c’étaient les passages pop du premier album qui l’illuminaient. Dès l’intro ("Infestissumam"), on est rassuré par la niaque des goules. Il est vrai qu’en première partie du disque, GHOST assure en repartant strictement sur les bases de son prédécesseur mais le son prend une nouvelle dimension, plus luisante. Après "Per Aspera Ad Inferi", "Secular Haze" assure un parachute doré pour l’intronisation du démon. On retrouve le groupe de Metal en avant fin d’album avec "Depth Of Satan’s Eyes", probablement la plage la moins intéressante du lot. La suite "Ghuleh/Zombie Queen", deux titres accolés, commence doucement, c’est très moyen. C'est alors qu'elle vire subitement au rock, on n’est plus trop loin du BLUE ÖYSTER CULT 80’s, c’est déjà mieux.

Avec ça, on n’a pas de raisons suffisantes pour sauter au plafond, ni pour déprimer. On reste dans la configuration d’un album 1 bis, plutôt que 2. Il faut croire que le diable est un gros malin. "Jigolo Har Megiddo", "Body And Blood" et "Idolatrine" sont trois merveilles de pop songs avec des chœurs à se pâmer comme une jouvencelle offerte. Et même des sons déviants aux synthés, comme aux heures les plus sombres des 80’s. Quand on parvient à faire preuve d’autant de perversité sans que le masque tombe, c’est qu’on est de la trempe des plus grands. Alors, c’est quoi ce truc qui défraie la chronique ? Un album Métal, hard, rock ou pop ? Restent les deux morceaux étendards du skeud pour départager les avis. La charge épique de l’archange maléfique d’un côté, de l’autre, la ballade glorieuse qui accompagne la conception du fils de Lucifer lors d'un orgasme général. On comprend ce qui a choqué (le plus) les prudes vocalistes Nashvilliens. Les tenant du HM*** exultent en citant "Year Zero", la cavalcade héroïque truffée de chœurs, épaisse mais fluide comme une coulée de lave qui dévale un flanc de montagne. Les partisans de la sorcière travestie en reine des neiges fondront davantage à l’écoute de "Monstrance Clock". On a le droit d'aduler les deux. Mon cœur de rocker battant plus fort pour la seconde dès lors que j’ouie : "comme together, together as one… for Lucifer’s son". Le ventre et le bas ventre, tout est en place. Le romantisme c’est beau.

Bilan : cinq titres ahurissants (dont quatre authentiques pop songs), trois fillers qui tiennent la dragée haute et deux déjà plus dispensables, ce deuxième encyclique est suffisamment maîtrisé pour entretenir la flamme (de l’enfer). On se dit même que si papa Emeritus ne proférait pas de telles insanités, le discours de GHOST passerait (encore) plus aisément. Ses pop songs ont tout pour être des hits mémorables. Justement, le groupe ne tardera pas à commercialiser -dans la foulée d’Infetissumam - un EP de reprises pop , on est malin ou on ne l’est pas. Ghost et son entourage sont habités par le malin.

* Le numéro 2 dirige (et surveille) le village où le personnage est prisonnier.
** Tobias Forge et le chanteur du groupe polonais de metal extrême sont potes, mais cela ne nous regarde pas, et puis surtout ça n’a rien à voir, hein ?
*** Pour Heavy Metal, pas une tendance SM ni NSBM d’ailleurs.

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Papa Emeritus Ii (chant)
- 5 Goules (tout le sale boulot derrière)
- +
- Saint Trident Tenors Of Tinseltown (chorale)


1. Infestissumam
2. Per Aspera Ad Infuri
3. Secular Haze
4. Jigolo Har Megiddo
5. Ghuleh/zombie Queen
6. Year Zero
7. Body And Blood
8. Idolatrine
9. Depth Of Satan's Eye
10. Monstrance Clock



             



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