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SIOUXSIE AND THE BANSHEES - The Scream (1978)
Par STREETCLEANER le 19 Décembre 2019          Consultée 370 fois

En 1976, quand les PISTOLS montèrent sur scène, nombre de jeunes furent atterrés devant tout ce foutoir bruitiste et cette comédie qu'ils jugèrent purement atroces. Dans le public se trouvait la jeune Siouxsie qui, quant à elle, fut irrémédiablement impressionnée. Au mois de septembre, alors que les PISTOLS avançaient leur projet de transformer le rock, un nouveau groupe encore embryonnaire montrait sur scène que son optique était différente : le faire crever ; c'était SIOUXSIE & THE BANSHEES, groupe inventé, selon Severin, par Billy Idol (mais qui ne resta pas), dont la chanteuse, de noir vêtue, focalisait les regards.

A ce moment SIOUXSIE & THE BANSHEES était probablement un des groupes les plus épouvantables parmi les atroces, tant ils ne savaient pas jouer, surfaient sur la provocation et tant Siouxsie ne savait pas encore faire la différence entre hurler et chanter. La chroniqueuse Caroline Coon, pourtant proche de ce milieu, décrira alors la scène « … Siouxsie, avec la grâce d'une goule en voie de rédemption, se lance dans un récitatif strident et déroutant ». Voilà la température. Cela prendra encore du temps avant que le groupe remodelé ne se sente prêt à décoller, trouve un son propre, ce qui explique que ce groupe de punks, à cheval sur la première heure et seconde heure du mouvement, ne sortira son premier album qu'en 1978, bien tardivement, lorsqu'il sera remarqué après une seconde Peel session avec son fameux single « Hong Kong Garden » (qui comble de l'ironie ne figurera pas sur ce premier LP car jugé trop pop et cassant son caractère plus ambitieux). Cela prendra encore un peu de temps au groupe, souvent critiqué pour sa posture soi-disant prétentieuse, pour réellement trouver son public (il y eu longtemps une incompréhension avec le public punk que Siouxsie trouvait trop bas du front). De toute manière, le groupe londonien après avoir rejeté le rock rejettera également rapidement le punk-rock et ce premier album le fait clairement sentir. Ne pas être dans l'imitation était une chose importante.

La construction du son du groupe fut une véritable ambition. Pour éviter de sonner rock, Siouxsie éloignera même la cymbale de charleston du kit de batterie. C'est peut-être un détail, mais si vous y prêtez attention il y a très peu de cymbales sur The Scream ; le jeu de batterie est essentiellement porté par les toms (révélateur sur le plus tribal « Metal Postcard ») et nombre de groupes post-punk s'en inspireront.

L'esthétique en matière de son est carrément originale pour l'époque. Si The Scream doit être vu pour son importance c'est bien celle-là. La guitare sonne déjà, sur les breaks de « Nicotine Stain », comme celle de The Edge (U2) avant l'heure. Un titre comme « Jigsaw Feeling » est clairement à cheval sur le punk et le post et même la courte intro « Pure » nous fait penser à ce que feront ces tarés de VIRGIN PRUNES, un groupe qui dans la lignée de SIOUXSIE & THE BANSHEES voulait lui aussi tout subvertir. Comme chez BAUHAUS, JOY DIVISION, ou KILLING JOKE, le côté post(punk) se ressent non seulement dans le rejet du rock mais aussi dans cet abandon de tout côté festif et divertissant de la musique des premiers punks. Et étant portés par une ambition plus arty et de dépassement, ils laisseront les trois accords barrés joués à toute vitesse dans le vacarme aux groupes de hardcore.

Toutefois, si l'importance de ce premier album, carrément novateur, est indéniable pour le mouvement post-punk, je ne peux me résoudre à lui mettre plus que 3,5/5, tout simplement en comparaison des premiers albums de BAUHAUS ou de JOY DIVISION que je trouve autrement plus réussis en tant que premiers essais.

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   (2 chroniques)



- Siouxsie Sioux (chant)
- John McKay (guitare, saxophone)
- Kenny Morris (batterie)
- Steven Severin (basse)


1. Pure
2. Jigsaw Feeling
3. Overground
4. Carcass
5. Helter Skelter
6. Mirage
7. Metal Postcard Et
8. Nicotine Stain
9. Suburban Relapse
10. Switch



             



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