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- Style : The Pretty Things , Them, The Rolling Stones

The J. GEILS BAND - Bloodshot (1973)
Par LONG JOHN SILVER le 1er Avril 2017          Consultée 1255 fois

C’est en 1973, grâce à l’album Bloodshot que le J.GEILS BAND parvient enfin – et pour la dernière fois avant longtemps – à recueillir une large reconnaissance de son talent. Bloodshot se hisse à sa sortie dans le Top 10 des charts, de même un de ses singles – « Give It To Me » - connaît une carrière très honorable en s’invitant dans le Top 30. Performance remarquable pour un groupe qui pratique un R&B cher aux pionniers du British Blues depuis les early 60’s. Lesquels pionniers – on pense aux ANIMALS ou à THEM - ne sont quasiment plus au moment où est publié Bloodshot, seuls les Stones ont connu puis maintenu une gloire stratosphérique. Alors que tout un pan de la génération suivante des bluesmen blancs s’est engouffré en direction du blues lourd, dans le sillon de Led Zep. Avec un effet immédiat aux States. Cependant, loin de toute forme d’embourgeoisement (supposé ou pas), la musique du J.GEILS BAND respire l’Amérique en col bleu, celle qui trime et décompresse dans des clubs enfumés et moites. Une Amérique bigarrée, métissée, interlope, qui suinte le blues des quartiers populaires, mais aussi la convivialité. Les musiques noires ont toujours le vent en poupe, le J.GEILS BAND ne se contente pas de regarder 10 ans en arrière, car la soul mais surtout le funk en 1973 se portent à merveille, et le reggae fait mieux que pointer le bout de son nez.

En 1972, le groupe s’est contenté de ne publier qu’un disque live, au succès d’estime suffisant pour continuer à tracer la route, sa relative discrétion le contraignant toutefois à marquer un peu mieux les esprits. Bill Szymczyk est reconduit pour produire, autant travailler en confiance, le studio n’est pas le réceptacle le plus facile à apprivoiser pour des gars qui étincellent sur les planches. Or le résultat est extrêmement probant. On retrouve le groupe des deux premiers disques, celui qui marque à la culotte les ROLLING STONES, néanmoins le J.GEILS BAND possède pour lui une authenticité incontestable. Celle de vivre sa musique et d’en vivre assez loin des poses luxueuses des rockers millionnaires, tout comme celle d’être partie prenante dans l’histoire et la culture des musiques populaires américaines. Au point que tandis que les Stones commencent à se demander sur quel pied danser en studio – alors que sur scène c’est de la folie -, reniflent aussi l’air des clubs et de la Jamaïque sur Goat’s Head Soup, le J.GEILS BAND prend une option encore plus radicale, optant pour une production bien plus roots et de fait moins connotée aujourd’hui. L’album vinyle possédait en outre une caractéristique qui collait à son titre, à savoir une galette rouge translucide, afin de faire tourner un objet censé nous donner un sacré coup de fouet. Bien mieux que toutes les saloperies énergétiques qu’on trouve actuellement au rayon sodas. La couleur rouge est évocatrice, l’injection de sang qui l’accompagne aussi.

Le groupe nous avait habitués à mélanger ses propres titres à des covers de chansons du répertoire, prolongeant une tradition ancrée chez la plupart des bluesmen, celle où on n’oublie jamais de faire vivre la musique de ceux qui ont précédé et inspiré. Bloodshot est de ce point de vue un disque émancipateur puisque nonobstant la présence de deux reprises, sept compositions sont à placer au crédit du tandem Wolf/Justman, lequel – proportionnellement – occupe désormais le même espace que le duo Jagger/Richards chez voussavéki. Commençons par les reprises. « (Ain’t Nothing But A) House Party » qui ouvre l’album est un must, un hymne, initialement dû à un groupe vocal 60’s* et dont le J.GEILS BAND fait profession de foi. Impossible de rester insensible, d’ailleurs ce titre est devenu un incontournable des set-lists, idéal pour (re)plonger une salle en fusion. Cette orientation très funky va se retrouver par la suite, sur ce disque, mais surtout bien au-delà. À l’inverse, on retrouve le party band R&B tel qu’on l’avait connu sur les deux premiers albums par le biais de « Hold Your Loving » **, reprise sympathique, mais aussi probablement le titre le moins intéressant du lot.

On ne sera guère surpris non plus par la ballade « plus-stonienne-tu-meurs » « Start All Over Again », si ce n’est par sa qualité remarquable, lui permettant de passer largement outre une ressemblance ahurissante avec les interprètes de « Love In Vain», version Get Yer Yaya’s Out. Toujours dans la continuité, l’autre ballade, « Make Up Your Mind », sise en deuxième plage, est également bien robuste, superbement arrangée, digne dans son rôle de contrepoint à l’introduction endiablée proposée par « … House Party ». Le J.GEILS BAND est un groupe où une section rythmique infaillible propulse des solistes affûtés et incisifs qui s’attachent à jouer juste. Juste ce qu’il faut, où il faut et comme il le faut. Par dessus cette alchimie vient se poser un frontman en mesure de baratiner ce qui lui passe par l’esprit, un mec dont la classe s’impose pourtant sans fards. Mais avec autorité. « Struttin’ With My Baby » résume un peu tout cela, J.Geils y fait magnifiquement briller sa guitare slide, soutenu par un collectif au cordeau. Avec un Wolf dans le rôle du poisson pilote.

Plus surprenant, on découvre « Don’t Try To Hide It », sorte de blues bastringue à la Tom WAITS avant l’heure. Encore un bon point. Mais les moments les plus funk sont aussi les plus roboratifs. C’est pourquoi, outre l’irrésistible « House Party », on ne peut s’empêcher de revenir pour un tour du côté de « Back To Get Ya », « Southside Shuffle » et surtout « Give It To Me ». Autant de piliers qui viendront aussi sec s’implanter sur les set-lists. Les deux premiers titres sont d’authentiques morceaux funk faits pour bouger les culs, alors que « Give It To Me » - excédant les six minutes de joie intensive - commence sur un rythme reggae mais évolue puis se conclut en mode instrumental sur un rythme funk. C’est ce titre (tronqué) qui fera office de single, avec un succès non négligeable, comme évoqué plus haut. Avec Bloodshot, le J.GEILS BAND confirme ses talents d’interprète mais, davantage, s’affirme comme un acteur authentique sur la scène rock 70’s, son talent affiché lui permettant ainsi de d’affirmer sa crédibilité face à LA comparaison qu’on ne peut s’empêcher de faire vis à vis des Stones. Car définitivement ce groupe vaut bien mieux que ça, il suffit d’écouter les albums pour s’en rendre compte.

* Les SHOWSTOPPERS en 1968
** Qu’on doit au chanteur R&B Titus Turner surtout actif fin 50’s/

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Peter Wolf (chant)
- Seth Justman (claviers)
- J.geils (guitare)
- Magic Dick (harmonica)
- Daniel Klein (basse)
- Stephen Bladd (batterie)
- +
- Mick Hunt (saxophone)


1. (ain't Notin' But A) House Party
2. Make Up Your Mind
3. Back To Get Ya
4. Struttin' With My Baby
5. Don't Try To Hide It
6. Southside Shuffle
7. Hold Your Loving
8. Start All Over Again
9. Give It To Me



             



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