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- Style : The Pretty Things , Them, The Rolling Stones

The J. GEILS BAND - The J.geils Band (1970)
Par LONG JOHN SILVER le 1er Avril 2015          Consultée 1811 fois

Ici comme partout, la vie est injuste.

Dans le nombre des entités qui forme la grande histoire du rock, on reconnaît aisément les vainqueurs, les fiers à bras, d’ailleurs certains de ceux qui continuent à tourner remplissent les stades en moins de temps qu’il n’en faut à Keith Richards pour descendre de son cocotier. On a droit à ceux qui font la Hype puis se crashent plus ou moins lamentablement (KINGS OF LEON), certains resteront, tous ne sont pas nuls (les STROKES) mais la plupart mordront la poussière. Puis on distingue les second couteaux qui s’accrochent et finissent par forcer le respect de tous, comme les BLACK CROWES. On a aussi les groupes cultes, qui ne vendent rien mais qui font beaucoup parler d’eux (les STOOGES, le VELVET UNDERGROUND, les NEW YORK DOLLS). Un peu à l’écart il y a les éternels galériens, les ouvriers artisans, ceux qui savent ce que mouiller le maillot veut dire, passionnés par la belle ouvrage qui vivent d’amour du rock’n’roll et d’eau de blues plus ou moins fraiche. Le J.GEILS BAND fait partie de cette catégorie, il ne connaitra jamais la gloire qui permet aux « happy few » d’assurer des revenus suffisants pour financer un train de vie orgiaque sur au moins sept générations. Pourtant au cours des 7O’s, les meilleurs disques des Stones ont (presque) tous été enregistrés par le J.GEILS BAND, si,si ! Alors afin de leur accorder un rayon de lumière, braquons nos projecteurs sur cette formation New-Yorkaise émigrée à Boston et adoptée par Detroit. La ville originelle de la Motown… et des STOOGES !

Venue du blues acoustique, la formation emmenée par le guitariste Jay Geils va s’électrifier et enregistrer l’arrivée du DJ Peter Blankenfeld devenu chanteur Wolf puis celle de Seth Justman aux claviers. Intronisation capitale puisque ce sont les deux principaux compositeurs du groupe, ils en deviendront de facto les leaders. Cependant ce qui retient l’attention en cette genèse de l’œuvre du combo, c’est la présence de l’harmoniciste virtuose à l’épaisse et emblématique tignasse, Richard « Magic Dick » Salwitz. La musique évolue vers le R’n’B et la soul tonique, faisant du sextet un des « party band » les plus excitants du circuit. Vu d’ici c’est de bon augure, néanmoins cela s’avérera être une forme de malédiction : le J.Geils band est un groupe encensé pour ses prestations mais ses disques ne remporteront qu’un succès d’estime aussi appuyée que peu suivie de résultats commerciaux. Atlantic les signe, les six s’enferment en studio à New-York sous la houlette de deux producteurs maison, mais… rien ne sort. Les musiciens sont paralysés par l’enjeu. Le légendaire producteur Jerry Wexler (DYLAN, SANTANA), alors vice président de la boite fait irruption pendant les séances et lance un des plus beau coup de Jarnac de l’histoire de la production :
« Bon les gars, j’aimerais comprendre ce qui merde avec vous, alors vous vous mettez en formation, vous me déroulez votre set-list comme dans un club et pendant ce temps je vois comment on va pouvoir y arriver. Allez : trois, quatre ! ». Ca fait un bout de temps que les gars jouent les yeux fermés la grosse dizaine de chansons prévue pour l’enregistrement, aussi se livrent-ils sans ciller à l’exercice du concert (très) privé tout en étant plus nombreux sur l’estrade que devant. Jerry est un gros malin, il a subrepticement donné l’ordre aux techniciens d’enregistrer. Une grosse demi-heure après l’album est plié, record absolu en terme de rapidité dans cet exercice. Question efficacité, aussi, on est baba parce que le résultat est époustouflant.

L’époque des cover bands 60’s semble déjà loin, pourtant c’est bien à elle que le J.Geils band se réfère en proposant un répertoire composé pour une petite moitié de reprises accompagnées de compos où on recycle des thèmes déjà utilisés dans des standards, chose courante que pratiquaient (entre autres) les PRETTY THINGS à leurs débuts. On pourrait considérer alors que ce groupe est un anachronisme, puisque l’essentiel de ce type de productions blanches provient des années 1964/65 et que depuis, le rock psychédélique et le hard-rock ont défrayé la chronique. On peut le penser si on n’a pas écouté ce disque. Car une fois entendu on reste coi, aujourd’hui encore ce « Live » qui ne dit pas son nom n’affiche aucun âge !

La performance présentée sous ses oripeaux scéniques mêle les morceaux énergiques qui donnent envie de danser tel "Wait", le blues lent et lourd comme un ciel d’orage de "Serves You Right To Suffer" de John Lee HOOKER, les instrumentaux "Ice-Breaker" et "Sno-Cone" où brille l’harmonica, le R’n’B poisseux de "On Borrowed Times" qui déborde de libido. Parmi les gemmes on repère les deux bijoux alignés que sont les reprises de "Homework" et de "First I Look At The Purse". La première avait déjà fait l’objet d’une version du FLEETWOOD MAC de Green, elle possède ici un attrait pop absolument irrésistible; la seconde, œuvre des CONTOURS, est une suite logique au "Money" de Berry GORDY, soit un titre aussi entrainant qu’empli de mauvais sentiments. Ces deux chansons faisant par ailleurs des apparitions durables sur les set-lists du groupe ensuite. Signalons également "Pack Fair And Square", qui emporte l’adhésion haut-la-main, court titre rock qui a plus de chance de faire danser les paralytiques que n’importe quelle injonction divine. La magie du Rock, c’est CA !!!!

L’Harmonica tranchant comme une lame de rasoir, les courtes mais efficaces incises de la guitare lead, le groove impeccable de la section rythmique, la présence de claviers roboratifs, les chœurs à-propos hissent la gouaille du soudard au micro vers les sommets du plaisir instantané. Nous à l’autre bout de la chaîne on secoue la tête, on tape du pied et on sourit connement, comme si l’été avait fait subitement irruption alors qu’on risque le chomdu tout en se tuant au boulot et que les éternels progressistes qui sont aux affaires n’en peuvent plus de démontrer leur mépris du populaire. Aucune chance que ces abrutis là aient jamais compris ce qu’est le rock’n’roll, ils sont inaptes aux joies simples… « First I Look At The Purse », l’histoire d’un mec qui se fiche de sortir avec la maîtresse la plus repoussante qui soit du moment qu’elle lui file son fric. Ca leur ressemble bien pourtant ?

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Peter Wolf (chant)
- Seth Justman (claviers)
- Magic Dick (harmonica)
- J.Geils (guitare)
- Danny Klein (basse)
- Stephen Bladd (batterie)


1. Wait
2. Ice Breaker (for The Big 'm')
3. Cruisin' For A Love
4. Hard Drivin' Man
5. Serve You Right To Suffer
6. Homework
7. First Look At The Purse
8. What's Your Hurry
9. On Borrowed Time
10. Pack Fair And Square
11. Sno-cone



             



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