Recherche avancée       Liste groupes



      
POP ROCK BLUES FM  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : The Pretty Things , Them, The Rolling Stones

The J. GEILS BAND - Monkey Island (1977)
Par LE KINGBEE le 24 Juillet 2020          Consultée 255 fois

La pochette de Monkey Island peut prêter à confusion : effectivement, c’est tout simplement le nom de GEILS qui apparaît sur la pochette noire et blanche. Ce visuel peu porteur et guère attractif ajouté au fait de ne faire figurer que le nom du guitariste a été fortement préjudiciable commercialement.

Septième album studio de J GEILS BAND, Monkey Island qui sort en juin 1977 marque la fin d’une époque pour le groupe. Il s’agit du dernier disque du sextet publié par la firme Atlantic. Soyons honnête, si la formation connaît encore une forte notoriété, c’est par le biais de ses concerts, souvent exceptionnels. C’est bel et bien sur scène que le groupe donne le meilleur de lui-même. Il faut remonter à l’excellent Bloodshot en 1973 pour voir le Band caracoler dans les classements américains. Si le groupe parvient toujours à concocter des titres de haute tenue, les albums studio manquent d’équilibre et se révèlent souvent inégaux.
Monkey Island marque également les premiers pas des membres du groupe dans le domaine de la production et l’arrivée de Dave Thoerner derrière les consoles. Oh, Thoerner n’est pas un petit nouveau. Il gravitait déjà dans le giron du J GEILS BAND à l’époque de Hot Line en 75, et avait déjà collaboré avec Janis Ian, Black Sheep et les frangins WINTER, mais le bonhomme allait prendre de l’importance dans l’industrie phonographique américaine. On le retrouve plus tard derrière les consoles sur de nombreux albums de Rosanne Cash, BON JOVI, CHEAP TRICK, AEROSMITH, John Cougar MELLENCAMP soit une musique essentiellement calibrée pour la F.M et M.T.V. Pour Atlantic, il semble que les dés soient jetés depuis plusieurs mois, la firme surfant sur les succès de YES, Aretha FRANKLIN, CROSBY STILLS & NASH, FOREIGNER, EMERSON LAKE & PALMER et le bon J. GEILS n’est clairement plus une priorité.

Enregistré en avril au Record Plant Studios de New York, Monkey Island propose sept nouvelles chansons et deux reprises. Afin de promouvoir le disque, Atlantic publie cinq titres en singles, une formule hybride qui laisse supposer que la firme n’a pas été capable de trouver un sixième titre capable d’intéresser de potentiels acheteurs. En effet, si la face A du second single propose "I Do", la face B se compose de "Trying To Live My Life Without You", un titre popularisé par Otis Clay et repris par BRINSLEY SCHWARZ.

Au l'écoute des titres originaux, on sent bien que le groupe ne sait pas trop sur quel pied danser, naviguant entre une Pop F.M commerciale et un Rock Blues plus en rapport avec le répertoire sur scène. C’est donc une coloration bigarrée parfois étrange que propose cette palette. Si en ouverture, "Surrender" diffuse un honnête Rock Blues aux consonances Funky, avouons que ce n’est pas le clou de l’année. S’ensuit la ballade "You’re The Only One" sous influence des EAGLES, de POCO et de BUFFALO SPRINGFIELD, pas désagréable, même si on aurait apprécié que l’harmonica soit plus présent. Changement de cap avec "Somebody", un Rock F.M à mi-chemin de 38 SPECIAL, BACHMAN TURNER OVERDRIVE et MELLENCAMP. Pas de quoi nous faire sauter au plafond. Contrepied parfait avec "I’m Falling", une ballade qui tient plus du Country Rock F.M que du Blues, avec un Seth Justman omniprésent aux claviers. "Monkey Island", qui donne son nom au disque, avec une rythmique à la lisière du Ska, un orgue et une guitare sonnant Reggae Blanc, est tout simplement annonciateur de MEN AT WORK. Si le titre apporte au départ une touche fantaisie, on peut se demander pourquoi le groupe s’éternise sur près de 9 minutes, choix discutable, le morceau passant de l’étape plaisante au titre inutilement longuet. Contrairement à ce que pourrait suggérer son titre, "So Good" malgré son rythme dansant fait plutôt office de remplissage. De plus, les chœurs, les arrangements de violons et de cordes en tout genre dus à Arif Mardin donnent une impression d’ingurgiter un étouffe chrétien. Le répertoire personnel s’achève sur "Wreckage", une ballade qui pourrait figurer dans la première période des STONES. Quel dommage que le morceau se noie lors du final sous une avalanche de cordes donnant une intensité mélodramatique complètement inutile à notre sens !

Deux reprises viennent grossir le répertoire et, comme bien souvent, le groupe a le don de nous ressortir des petits inusités de derrière les fagots. Il fallait bien farfouiller pour reprendre "I’m Not Rough", un vieil instrumental du Hot Five de Louis ARSMTRONG avec Lonnie Johnson à la gratte. Là, le combo nous offre une bonne relecture entre Piano Rag et Harmonica Blues et agrémente le titre de quelques strophes bienvenues. Mais la meilleure surprise provient de "I Do", un morceau mid-sixties des Marvelows, un groupe de Doo-Wop de Chicago dirigé par les frères Paden. La complicité des membres est ici éclatante, le morceau s’avère dansant en diable, les chœurs et les claquements de mains font monter la transe comme dans certains prêches religieux. Le groupe se réapproprie carrément le morceau et on n’a qu’une seule envie, lever ses fesses de sa chaise pour aller danser une gigue, dans une ambiance rappelant les BLUES BROTHERS.

S’il y a un bon tiers de faces intéressantes, le disque nous parait aujourd’hui trop inégal pour récolter une note au-dessus de la moyenne. Etre fan n’excuse pas tout ! De plus, la sonorité, la production parfois boursouflée semblent un brin vieillottes. Pour une meilleure cohérence, ce disque sera classé en Pop.

Note réelle 2,5 !

A lire aussi en POP par LE KINGBEE :


GERRY RAFFERTY
City To City (1978)
Il n'y a pas que Sherlock Holmes qui y danse !




Rickie Lee JONES
Rickie Lee Jones (1979)
Après le phrygien, le basque, le béret californien


Marquez et partagez





 
   LE KINGBEE

 
  N/A



- J. Geils (guitare)
- Peter Wolf (chant)
- Cissy Houston (chant 1)
- Magic Dick (harmonica, trompette 6)
- Danny Klein (basse)
- Seth Justman (claviers, chant)
- Stephen Jo Bladd (batterie, percussions, chœurs)
- Michael Brecker (saxophone 1-5)
- Ron Cuber (saxophone 1)
- Lew Del Gatto (saxophone 1)
- Frank Vicari (saxophone 1)
- Randy Bracker (trompette 1)
- Alan Rubin (trompette 1)
- Lew Soloff (trompette 1)
- Luther Vandross (chœurs 1-6)
- Michelle Cobbs (chœurs 1-6)
- G. Diane Sumler (chœurs 1-6)
- Theresa V. Reed (chœurs 1-6)
- Evette Benton (chœurs 8)
- Barbara Ingram (chœurs 8)
- Harriet Tharpe (choeurs 8)


1. Surrender
2. You're The Only One
3. I Do
4. Somebody
5. I'm Falling
6. Monkey Island
7. I'm Not Rough
8. So Good
9. Wreckage



             



1999 - 2020 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod