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- Style : The Pretty Things , Them, The Rolling Stones

The J. GEILS BAND - Live Full House (1972)
Par LONG JOHN SILVER le 26 Avril 2016          Consultée 889 fois

La troisième publication du J.GEILS BAND est un album Live. Le disque sort dans les bacs fin septembre 1972, soit moins d’un an après The Morning After. N’oublions que nous sommes à une époque où si on veut exister, il s’agit de battre le fer le plus souvent possible. Pendant l’âge d’or du rock, les artistes rivalisent d’ingéniosité, les majors sont drivées par des businessmen âpres au gain, lesquels sont également des spécialistes du monde de la musique capables de regarder un tout petit peu plus loin que les résultats immédiats du Billboard.

Or, le J.GEILS BAND est connu pour être le Party Band le plus excitant du circuit nord américain. Si sa musique ne révolutionne rien du tout – les 60’s sont déjà loin – son entrain sur scène lui permet de remplir les salles et de laisser son empreinte sur l’auditoire. Ajoutons à cela que le groupe a également les faveurs de la presse. Autre fait important, le combo s’est heurté à la difficulté de reproduire en studio l’énergie communicative de sa musique en Live. Il n’est pas le seul dans son cas et d’autres rencontreront le même problème après lui. Rappelons que les YARDBIRDS ou encore HOT TUNA, afin d’initier leur discographie, avaient choisi de livrer d’emblée un disque en concert et que cela faillit bien être le cas aussi pour les BEATLES. Ceux qui connaissent bien le groupe savent par ailleurs que sa toute première livraison fut enregistrée d’une traite en studio. Rien d’illogique à ce que le JGB choisisse assez rapidement de se livrer à pareil exercice parce qu’après tout c’est devant un public que son rythm’n’blues devient le plus excitant, lorsque les cris de la foule le propulsent vers les sommets de son art.

Live Full House offre un résumé en huit plages des deux premiers opus en studio privilégiant toutefois nettement le premier effort représenté ici pas moins de six fois. On est dans une période où le combo va beaucoup puiser son répertoire chez les autres, notamment les « grands anciens » (cinq classiques figurent au programme), également celle où un énigmatique Juke Joint Jimmy* apparaît encore dans les crédits. Les extraits Live ont été captés à Detroit, la ville d’adoption du groupe. Or, c’est dans cette cité industrielle (aujourd’hui ravagée par les crises) et siège historique de la Motown, que le groupe retournera quatre ans plus tard pour réaliser en partie le double album concert qui deviendra sa référence ultime : Blow Your Face Out.

En 1972, le format double n’est pas encore devenu le mètre étalon de la captation en public, LFH est donc assez court, moins de trente-six minutes de bonheur tout mouillé et est de fait assez frustrant de ce point de vue. Parce qu’on se prend d’emblée une bonne claque avec l’irrésistible « First I Look At The Purse ». Plus loin, « Pack Fair And Square » parvient même à accomplir l’exploit d’être encore plus ramassée que dans sa version en studio alors que l’aspect légèrement pop de la version de « Homework » parue sur le premier disque disparaît totalement sur les planches. Les amoureux de l’harmonica prendront plusieurs rasades de « Whammer Jammer » où se déchaîne Magic Dick, son interprétation Live décapitant celle figurant sur The Morning After. Les titres s’enchaînent sans temps morts, Peter Wolf gratifiant l’auditoire de quelques interventions où il parvient à placer quelques centaines de syllabes en peu de secondes. Ébouriffant ! Si des titres de l’acabit de « Hard Drivin’ man », « Cruisin’ For A Love » ou « Looking For A Love » vous font furieusement penser aux Blues Brothers, sachez que toute ressemblance n’a pas grand chose de fortuit, le groupe monté ultérieurement par John Belushi et Dan Aykroyd étant allé puiser aux même sources. Le sommet de l’album est atteint sur un morceau au tempo lourd, « Serves You Right To Suffer », ici en extended version sur plus de neuf minutes. Ce blues joué en mode Chicago style**, notamment du fait de l’apport caractéristique de Magic Dick, permet à J. Geils (le guitariste) de délivrer un formidable solo où ce dernier triture sa monture jusqu’à en extraire des humeurs toxiques qui flirtent avec la dissonance pour un rendu totalement jouissif.

À la fois ramassé et punchy, Live Full House offre un bon récapitulatif du style du J.GEILS BAND, une excellente entrée en matière pour ceusses qui souhaiteraient découvrir le combo, son univers y tutti quanti, mieux qu’un best of car c’est sur les planches qu’excellent nos cinq mastards. Le groupe n’a jamais été connu pour ses innovations, en effet celui-ci s’applique à reproduire avec maestria un rythm’n’blues mâtiné de rock existant bien avant lui, et relancé aux USA par la vague britannique des 60’s. Pas non plus de traces de virtuosité plus ou moins gratuite là-dedans, chose qu'on reprochera à de nombreux représentants des 70's. La seule réserve qu’on pourrait lui adresser étant de n’avoir pas prolongé plus avant le format imparti en simple pour une double ration, mais il est vraisemblable qu’il n’avait pas la main dans ce domaine contrairement à sa maison de disques. N’oublions pas qu’alors seuls deux albums avaient vu le jour. Deux extraits seront repris par les radios, « Serves You Right To Suffer » ainsi que « Looking For A Love », permettant à LFH de titiller le top 50 sans toutefois l’atteindre. Suffisant pour poursuivre néanmoins. Un mot sur sa pochette qui représente une main de poker où les cartes apparaissent en relief grâce à un effet en trompe l’œil très réussi. Pas vraiment un full, on tient une main avec trois valets, un roi et une reine qui nous envoie un clin d’œil. Histoire de dire que le J.GEILS BAND n’aura jamais vraiment la chance pour lui ? Un brelan avec deux fortes têtes, c'est déjà bien. Surtout qu’on bénéficie tout de même de deux faces de plaisir enjoué comme peu savent nous en procurer.

*Il s’agirait d’un pseudo utilisé par le groupe afin de signer ses compositions collectives à la façon des ROLLING STONES avec leurs chansons attribuées à Nanker Phelge
** Écrit par John Lee Hooker qui est natif du sud des States, ce titre est interprété par le J.Geils Band en référence à Muddy Waters, autre natif du sud, ayant contribué à l’essor du Chicago Blues, style fort prisé par les acteurs du British Blues Boom dont les plus illustres représentants restent les ROLLING STONES

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Peter Wolf (chant)
- J.geils (guitare)
- Seth Justman (claviers)
- Danny Klein (basse)
- Magic Dick (harmonica)
- Stephen Bladd (batterie,choeurs)


1. First I Look At The Purse
2. Homework
3. Pack Fair And Square
4. Whammer Jammer
5. Hard Drivin' Man
6. Serves You Right To Suffer
7. Cruisin' For A Love
8. Looking For A Love



             



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