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AYREON - The Source (2017)
Par LONG JOHN SILVER le 5 Juin 2017          Consultée 1079 fois

Chaque sortie d’un album d’AYREON provoque désormais son comptant d’attentes, de questionnements, de commentaires et à chaque fois : on est excité, parfois dubitatif ou (légèrement) déçu mais quand même impressionné par le son, les arrangements et aussi les invités. Sans oublier les mélodies. Et puis on se rappelle que les disques d’AYERON vieillissent plutôt bien. S’apprécient pour leur longévité. La première chose qui marque durablement les esprits tient du « packaging » des albums, mot marketing bien vilain autant qu’insidieux ayant pour but de faire passer un emballage pour de la science infuse. Voire survendre un contenu douteux. Pourtant cet anglicisme semble parfaitement convenir aux objets qu'Arjen Anthony Lucassen propose régulièrement au public. Qu’on apprécie ou pas le travail, force est de reconnaître que l’ami Hollandais ne se fout pas de ses fans. À nouveau le contenant est somptueux. Lucassen vient de laisser en plan sa maison de disque de toujours pour une nouvelle, située pas loin de chez lui, de même ce n’est pas le Belge Jef Bertels qui signe « l’artwork » de l’album mais Yan Souetre – un Français donc – qui a été choisi pour faire le job. D’ailleurs Lucassen affirme que contrairement à son habitude, il s’est inspiré du travail déjà existant du peintre pour imaginer la trame de son projet.

Et non l’inverse. Pour l’occasion on revient à la science-fiction telle qu’elle figure sur la plupart des disques d’AYREON*, The Source ne remontant pas moins qu’aux origines de l’humanité, tout s’explique ! En voici donc le « pitch » : La planète Alpha, peuplée d’humains, connaît une crise écologique et politique majeure. Ce sont les machines qui doivent résoudre le problème, on leur a laissé toute latitude pour le faire or « la source » de tout ce merdier s’avère être « l’humain » lui-même. S’ensuit l’éradication dudit problème, méthodiquement organisée par l’intelligence artificielle, ici nommée The Frame. Un groupe de protagonistes, pas tous copains à la base, mais complémentaires si on écoute President Russel Allen, va cependant assurer sa fuite afin de rejoindre la planète Y, et tenter de s’y installer. Ce qui ne pourra advenir sans une adaptation/mutation permise par l’injection continue d’un liquide chimique dans les corps. Car rayonnements radioactifs obligent, il est impossible d’y vivre autrement que sous l’eau. Ainsi adviennent les Forever, les extras terrestres responsables de l’extinction brutale des dinosaures sur Terre, ceux là mêmes dont il est question dans l’opus d’AYREON publié en 2008**. The Source se clôt par « The March Of The Machines », qui prépare directement le terrain pour l’ouverture de 01011001 : « Age Of Shadows ».

Mais commençons par le commencement, c’est « The Day That The World Breaks Down », un titre qui excède 12 minutes qui ouvre les hostilités. Le calme avant l’ouragan en intro, la voix de James LaBrie (The Historian), de la flûte traversière puis le maelstrom. Avec thème joué au violon par Ben Mathot, repris un peu plus loin à la guitare. Toute correspondance avec l’exposition dramaturgique du précédant disque n’est pas à proscrire. Si ce n’est que The Source se révèle être un album bien plus metal que le précédant, moins prog même si on trouve des tiroirs en pagaille sur quasiment chaque titre. « The Day Thats… » s’affirme comme une entrée d’une solidité époustouflante, peut-être même comme la meilleure d’un skeud d’AYREON, on y découvre les 11 personnages principaux de l’histoire. Les voix de Tommy Karevik (The Oppostion Leader) et Michael Eriksen (The Diplomat) servent les mélodies les plus accrocheuses, Tobias Sammet semble connaître son rôle de Captain depuis sa naissance, Floor Jansen (The Biologist) conclut le morceau comme un instant héroïque. Entre temps on a croisé Tommy Rogers (The Chemist), Simone Simons (The Counselor), Nils K. Rue (The Prophet), Hansi Kürsch (The Astronomer) et Mike Mills (TH-1). Bref, tous les chanteurs sont parfaits dans leurs rôles et comme souvent : meilleurs que dans leurs propres formations !

Passé ce titre assez exceptionnel, doté d’un pont groovy comprenant un magnifique solo d’Arjen himself, le premier disque est chargé d’un metal extrêmement heavy. « Everybody Dies » et « Run ! Apocalypse! Run! » en sont les exemples les plus typiques, notamment la seconde avec son riff maidenien. Ce sont aussi les moments où l’emphase délibérée se met à distance du tragique évènement décrit dans les textes, apportant une dose de fun cartoonesque à la narration. De même pour le solo pas mal shred de Paul Gilbert sur « Star Of Syrrah ». Des instants plus posés s’intercalent, on retient immédiatement la folky « All That Was », mais c’est ainsi pour mieux plomber l’atmosphère sur la durée. Les grosses guitares rythmiques à 7 cordes prennent clairement le dessus sur cet opéra en quatre actes (comme le précédent) mais qui comprend surtout deux parties distinctes : la fuite (ou plutôt l’abandon) d’Alpha sur le premier cd suivi par le voyage vers Y, lequel va de pair avec une mutation due à l’injection d’un liquide qui rend aussi intrinsèquement immortel qu’il érode les émotions sur le long terme (Liquid Eternity). Pourtant l’album reste chargé en fibre émotionnelle, les chanteurs évoluent sur des atmosphères épiques, la prod est comme toujours fabuleuse, à l'image de son conteur/producteur.

Une deuxième phase a priori moins « évidente », moins « catchy », moins ostensiblement metal commence – fort, comme il se doit - par le chœur suraigu des membres de l’équipage du Starblade, le vaisseau du dernier voyage. Encore une mise à distance péplumesque pour accompagner un exode sans retour. Le récit de la mutation est sans doute la phase la plus délicate du projet, on passe du scénario catastrophe, de la réaction, aux questions existentielles. Pourtant « Aquatic Race » et même « The Dream Dissolves » possèdent des moments appuyés par le déluge des guitares. Mark Kelly vient placer un solo de clavier sobre et efficace puis Marcel Coenen a reçu les encouragements du patron pour mettre une dose de déboule, tout à fait raccord. « Deathcry Of A Race » s’inscrit sur la durée, à la fois heavy, arabisante (avec le caméo du chanteur – The Preacher - tunisien Zaher Zorgati) et lyrique avec les incroyables vocaux des filles. S’ensuit « Into The Ocean » dont le riff est une variation sur celui de « Man On A Sliver Mountain » de RAINBOW. Évidemment, on imagine tout à fait Ronnie Dio enchaîner sur la mélodie, d’autant que, derrière, Arjen envoie du Blackmore sur ses licks. Quoi qu’il en soit, ce morceau est également bluffant. Les interventions de Michaël Mills se greffent de façons quasi autonomes sur l’ensemble du disque, Arjen le laissant s’accommoder du cadre, créer ses espaces. Ce qui est cohérent avec son rôle d’androïde, seul non humain de l’épopée, qui pose la question de son utilité une fois les survivants délivrés de l’emprise des machines. On note le clin d’œil malicieux de « TH-1 » aux BEATLES dans les lyrics de « Bay Of Dreams ». Guthrie Govan offre un splendide solo aérien sur « Planet Y Is Alive », sans pour autant forcer (trop) sur la dose de notes utiles, chapeau. « The Source Will Flow » est une étrange ballade electro-pop, seul moment de l’œuvre où les synthés commandent. Presqu’un havre de tranquilité. Cet opus ne manque pas de qualité(s) sur sa globalité, on le voit. Les derniers titres s'enchaînent, viennent parachever le récit. The Source (ou qui sont nos ancêtres les ET) entre directement en lien avec l'opus 2008, celui de de la fin de l'Histoire, la boucle est bouclée, et on se dit que ce (double) disque est passé très vite. Il doit être plus court que les précédents alors ?

Même pas. On a beau remarquer que certaines progressions sont typées, que certaines ruptures de mélodies, de rythmes ou d'intensité sont attendus, que de toute façon c’est dur de maintenir un niveau aussi élevé sans refaire, sonner pareil ou se répéter, que sais-je encore ? Néanmoins AYREON continue de fasciner grâce à de grandes mélodies, d’excellents interprètes, une production massive mais davantage à l’enthousiasme de son maître d’œuvre. C’est tout cela que l’on ressent quand on aime. Et s’il est vrai que les histoires sont assez fatalistes, la dimension onirique imprimée dans l’œuvre permet de continuer de rêver, de se téléporter, de régresser : il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine…

* Le denier album en date The Theory Of Everything (2013) se situait dans un contexte contemporain, The Human Equation (2004) joué sur scène en 2015 (The Theatre Equation) également, mais par un habile subterfuge se trouve être en lien avec The Dream Sequencer (2000)
** Où il s’avère qu’on les avait déjà croisés sur l’album Into The Electric Castle (1998)

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   LONG JOHN SILVER

 
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- James Labrie (the historian)
- Tommy Karevik (the opposition leader)
- Tommy Rogers (the chemist)
- Simone Simons (the counselor)
- Nils K. Rue (the prophet)
- Tobias Sammet (the captain)
- Hansi Kürsch (the astronomer)
- Mike Mills (th-1)
- Russell Allen (the president)
- Michael Eriksen (the diplomat)
- Floor Jansen (the biologist)
- Zaher Zorgati (the preacher)
- Will Shaw (the ship's crew)
- Wilmer Waarbroek (the ship's crew)
- Jan Willem Ketelaars (the ship's crew)
- Lisette Van Den Berg (the ship's crew)
- Arjen Lucassen (guitare, claviers, basse, mandoline)
- Ed Warby (batterie)
- Jeroen Goosens (flûtes, instruments à vent)
- Ben Mathot (violon)
- Maaike Peterse (violoncelle)
- Joost Van Den Broek (piano)
- Paul Gilbert (guitare solo sur 1/4)
- Marcel Coenen (guitare solo sur 2/2)
- Guthrie Govan (guitare solo sur 2/6)
- Mark Kelly (clavier solo sur 2/2)


- Cd1

1. The Day That's The World Breaks Down
2. Sea Of Machines
3. Everybody Dies
4. Star Of Sirrah
5. All That Was
6. Run! Apocalypse! Run!
7. Condemned To Live

- cd2

1. Aquatic Race
2. The Dream Dissolves
3. Deathcry Of A Race
4. Into The Ocean
5. Bay Of Dreams
6. Planet Y Is Alive
7. The Source Will Flow
8. Journey To Forever
9. The Human Compulsion
10. March Of The Machines



             



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