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ROCK OPERA  |  COFFRET

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- Style : Marillion, Roger Waters , Kansas
- Membre : Anneke Van Giersbergen
- Style + Membre : The Gentle Storm , Agua De Annique, Opeth, Devin Townsend

AYREON - The Theatre Equation (2016)
Par LONG JOHN SILVER le 10 Février 2017          Consultée 449 fois

J’ai déjà eu l’occasion de vous présenter Arjen Anthony Lucassen, le géant débonnaire et filiforme Batave, précisant combien le gars attirait instinctivement la sympathie. Loin d’être une star, le père Lucassen s’appuie sur une assise solide chez lui – aux Pays Bas, où il possède son propre studio (Electric castle), des tas de relations dans le métier, tant sur le plan logistique, commercial, qu’artistique. Son enthousiasme communicatif lui a aussi permis de viser plus large, obtenant la participation d’éminents musiciens internationaux sur ses disques. Mine de rien, cela lui confère une indépendance dont beaucoup rêveraient. Il parvient à mener et à enchaîner des projets ambitieux qui flirtent même avec la démesure liée au grandiose. Parmi les nombreux projets de Lucassen, AYREON fait office de maison mère, à moins que cela ne soit de vaisseau amiral. De concept. Ayreon est le nom donné par Lucassen à un oracle aveugle, un Homère de Space Opera qui serait aussi une sorte de Cassandre de la fin des temps. S'appuyant sur ses annonces, une longue saga va se développer sur une suite d’albums dont l’épilogue semblait avoir été donné via l’opus 2008. Autant d’opéras spatiaux au sens premier des deux termes de l’expression. La musique d’AYREON étant probablement celle qui colle le plus à ce qu’est l’opéra en réalité, soit une dramaturgie chantée où les thèmes se suivent, sont parfois repris, où les chanteurs jouent autant des rôles qu’ils interprètent des mélodies. La majorité des « opéras rocks » sont des collections de chansons centrées autour d’un même sujet, la musique d’AYREON évolue le plus souvent hors référence aux carrures couplets/refrains/pont. Allant au-delà de la musique dite progressive, tout en puisant aux confluents de la pop, de la folk ou encore du hard rock vintage comme du metal.

L’implication mise par Arjen Lucassen dans chacun de ses projets est admirable. Le dernier en date The GENTLE STORM a une nouvelle fois réussi son coup. Cependant, le gaillard n’est pas allé jusqu’à assurer la tournée promo de l’album, laissant la délicieuse Anneke Van Giersbergen prendre les clés du camion. Car c’est un fait, pour entendre des extraits d’AYREON joués live, il faut compter sur les side-projects de Lucassen : STREAM OF PASSION, STAR ONE ou dernièrement THE GENTLE STORM. En même temps, il est difficile d’imaginer, quand on ne dispose pas des moyens stratosphériques de – au hasard – Roger WATERS, qu’on puisse reproduire en live des œuvres complètes telles que fixées sur les albums/épisodes de la saga SF imaginée par l’ami hollandais. Ne serait-ce que du point de vue de la scénographie. Cependant, deux opus d’AYREON font office de hors-série dans la suite des disques enregistrés entre 1995 et 2013. Le premier des deux, The Human Equation (2004)*, étant celui demandant probablement le moins de moyens visuels puisque (presque) tout se passe dans la tête d’un homme – pas plus sympathique que ça – dans le coma, suite à un accident de voiture.

Certes, mais la production de l’album The Human Equation n’y allait pas non plus avec le dos de la cuiller, alignant d’épaisses strates, la première gageure étant bien d’adapter ce répertoire à la scène. C’est Jeroen Goossens – l’homme des instruments à vent – qui s’en est chargé, ce qui a fini de convaincre Arjen que cela était réalisable. Ensuite, il a fallu s’assurer la présence de (presque) tous les interprètes de l’album, fixer une date suffisamment longtemps à l’avance pour réunir tout le monde en priant pour qu’aucun désistement de dernière minute ne se produise**. Un groupe de dix musiciens est placé en fond de scène, parmi eux l’inamovible Ed Warby à la batterie. Lucassen ne le désigne pas pour rien comme étant son binôme, son travail est considérable. Or l’arrivée d’un troisième larron inamovible semble carrément se profiler puisque Jeroen Goossens – passé outre son rôle d’instrumentiste et d’arrangeur providentiel - a également pris du galon comme chef d’orchestre. En revanche, Arjen a préféré laisser le soin à d’autres musiciens de jouer ses parties de guitares et de claviers. Un chœur lyrique d’une vingtaine de membres vient en support de dix chanteurs qui se partagent les rôles de ce mélodrame où l’éternel triangle amoureux (Me/Wife/Best friend) vient animer un thriller psychanalytique sur fond de décor assez minimaliste, mais à étage, où les sentiments sont des personnages (joués en costumes) à part entière.

Les chanteurs/acteurs excellent tous dans cette œuvre chorale, Marcela Bovio est absolument remarquable, Anneke succède astucieusement à Mikael Akerfeldt (OPETH) dans le rôle de Fear, sa voix résonne comme une évidence chaque fois qu’elle se fait entendre. James Labrie s’en tire très bien quand on lui donne à chanter de bonnes choses, Heather Findlay est absolument charmante, la prestation de Jermain Van Der Bogt comme best friend est formidable, rien à dire. Pourtant, la voix de Lucassen dans ce rôle était cruciale. Pour plein de raisons liées au fait que The Human Equation est probablement l’œuvre la plus personnelle de son auteur. L’homme n’étant pas plus que ça attiré par les planches, en plus d’avoir à organiser les quelques représentations prévues, on peut supposer qu’il a renoncé à devoir chanter et jouer le personnage qui colle le plus à son moi supposé que le Me de la pièce. La réalisation filmée n’est pas renversante, elle permet néanmoins de suivre la dramaturgie de manière efficace. En version live, dépouillée de sa production mastoc, la bande son de The Human Equation s’éveille à la vie, surpassant sa matrice studio. L’homme dans le coma parviendra-t-il à retrouver ses proches qui l’appellent alors qu’il est prisonnier de son propre Moi ? Que ses sentiments et ses souvenirs l’écartèlent ? Que ceux-ci comportent dans leurs rangs de redoutables gardiens, dont Fear qui possède un charme toxique rivalisant avec celui de Love pourtant présenté comme le plus fort de tous, alors que Rage d’un côté et Pride de l’autre viennent ajouter du sel sur les plaies ? Que l’empreinte du père surfe avec le nihilisme ?

C’est ce petit miracle, celui d’une œuvre qui mute au spectacle vivant, qui s’opère et qui prend forme bien plus vite que la rédemption du personnage principal dans la pièce. On entre de plain-pied dans l’histoire, pour le coup Lucassen se passe d’ouverture, et on sait en entendant le duo (couple ?) Wife/Best friend que c’est réussi. La dramaturgie musicale ménage ses effets, entre l’amplitude portée par les guitares électriques à sept cordes et les synthés soutenus par une puissante batterie, ou les instants légers, intimistes, ornés par des instruments acoustiques. L’alternance des ambiances, la qualité des mélodies rendent la représentation fluide, à aucun moment on ne décroche.
Quand résonnent les instants phares (« Day Seven : Hope », « Day Eleven : Love », « Day Sixteen : Loser », etc), ceux-ci ont été portés par la grâce de tout ce qui a précédé. Lucassen impressionne, parvenant à réaliser pareils projets, chose qui semble infaisable pour qui ne possède – a priori - pas d’énormes moyens. Le truc du gaillard étant d’être opiniâtre, patient, d’utiliser à son maximum et au meilleur – plus qu’au mieux - ce dont il dispose. Autre chose qui le rend sympa et qui donne envie de le suivre : personne – à ma connaissance en tout cas – n’a songé à lui accoler l’étiquette (parfois agaçante) de « génie ». Contrairement à celle qui plombe l’image d’un Devin TOWNSHEND. L'entité AYREON en sommeil depuis 2013 a repris du service en 2015, là où personne ne l’attendait : sur scène. Fort jolie surprise. Son programme pour 2017 est déjà sur la table : un nouvel album a été enregistré (The Source sortie prévue fin avril) et des concerts sont programmés – en fin d’été - aux Pays-Bas, où il est établi que des titres de chaque album seront joués et chantés par une grosse dizaine de chanteurs. Nous aurons donc l’occasion d’entendre au plus vite la suite de l’œuvre. Ce que Lucassen en a laissé filtré sur le net donne déjà envie. Longue vie à lui !

* L’autre étant The Theory Of Everything a été publié en 2013
** Ce qui aurait pu se produire, le père de James Labrie – auquel l’ouvrage est dédié – décédant juste avant l’échéance, précisons toutefois que des « doublures » étaient désignées parmi les membres de l’Epic Rock Choir

A lire aussi en ROCK PROGRESSIF par LONG JOHN SILVER :


The GENTLE STORM
The Diary (2015)
When the flying dutchman meets Pandora




AYREON
The Theory Of Everything (2013)
Le phare du bout du monde


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   LONG JOHN SILVER

 
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- James Labrie (me)
- Marcela Bovio (wife)
- Jermain 'wudstik' Van Der Bogt (best friend)
- Michael Mills (rage/father)
- Magnus Ekwall (pride)
- Irene Jansen (passion)
- Heather Findlay (love)
- Eric Clayton (reason)
- Anneke Van Giersbergen (fear)
- Devon Graves (agony)
- Peter Jan Moltmaker (doctor)
- Nienke Verboom (nurse 1)
- Katinka Van Der Harst (nurse 2)
- Anita Van Der Hoeven (mother)
- Ed Warby (batterie)
- Johan Van Stratum (basse)
- Marcel Coenen (guitare)
- Freek Gielen (guitare)
- Erik Van Ittersum (claviers)
- Ruben Wijga (claviers)
- Jeroen Goossens (flûtes et vents)
- Ben Mathot (violon)
- Maaike Peterse (violoncelle)
- Epic Rock Choir (choeur lyrique)


- Dvd

- act 1
1. Day One: Vigil
2. Day Two: Isolation
3. Day Three: Pain
4. Day Four : Mystery
5. Day Five: Voices
6. Reprise Pain 1
7. Day Six: Childhood
8. Day Seven: Hope
9. Day Eight: School
10. Reprise Childhood
11. Day Nine: Playground
12. Day Ten: Memories
13. Reprise Pain 2
14. Day Eleven: Love

- Act 2
1. Day Twelve: Trauma
2. Day Thirteen: Sign
3. Day Fourteen: Pride
4. Reprise Vigil
5. Day Fifteen: Betrayal
6. Reprise School
7. Day Sixteen: Loser
8. Day Seventeen: Accident?
9. Reprise Pain 3
10. Day Eighteen: Realization
11. Reprise Trauma
12. Day Nineteen: Disclosure
13. Day Twenty: Confrontation
14. Dream Sequencer System Offline

- Cd1/act 1

- Cd2/act 2



             



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