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- Style : Ayreon
- Membre : Pink Floyd

Roger WATERS - Is This The Life We Really Want? (2017)
Par LONG JOHN SILVER le 2 Juillet 2017          Consultée 3086 fois

Roger WATERS n’avait pas sorti d’album depuis 1992*, on l’a vu parcourir le monde avec différents spectacles Floydiens où son propre répertoire s’éclipsait naturellement derrière celui – autrement plus coté – de son ex-groupe. Au point de proposer The Wall « ultimate version » au cinéma pour mieux assurer la promo des supports audio/vidéo à venir dans les bacs. Et ça a marché, parce que le spectacle était époustouflant de visu et que sa bande son ne l’est pas moins. Quoi de plus naturel que de faire de nouveau appel au producteur Nigel Godrich (RADIOHEAD mais pas que) – déjà en charge du son pour la musique du film - pour cette fois mettre en forme un authentique nouvel album. Godrich et RADIOHEAD ont su puiser plus que leur comptant dans les œuvres du Floyd. Alors oui, WATERS fait du WATERS comme défini depuis Animals et même – pour un titre et une allusion directe – Wish You Were Here. Le type ne s’est pas vraiment calmé, les énumérations ne manquent pas, on n’y va pas avec le dos de la cuiller niveau textes**. En retour, on reconnaît la patte Godrich sur plusieurs titres, Roger vient également se servir du côté du quintette d’Oxford sous l’onction de leur producteur commun. Pas de guitar hero ici – comme Clapton, Beck… ou Gilmour ! - pour lustrer les parties instrumentales. On pressent la volonté du producteur de ne pas faire dévier l’attention sur un sujet autre. On a également appris que Godrich souhaitait faire un disque court, comme Dark Side Of The Moon qui dure 42 minutes. Au total ITTLWRW en compte tout de même 54. Question concision, cela équivaudrait à un « peut mieux faire ». Cependant, WATERS – pour une fois - ne met pas en avant de concept, ne cherche pas un alibi. Une première depuis – officiellement – Animals***. Je plaisante. Il faut bien, car WATERS ne nous chante pas champagne, fête et cotillons. Et puis, le fait que plusieurs titres s’enchaînent, porteurs de « messages », rend l’ensemble aussi homogène que ses concept-albums avoués.

Is This The Life commence par environ deux minutes de bidouillages millésimés depuis longtemps – disons 1973-, avant de laisser entrer l’évocateur « Déjà Vu ». Comment dire ? Animals ? « Pigs On The Wings » ? Du déjà entendu pour sûr mais alors – à nouveau - superbement produit. S’ensuit une liste de chansons qui ressemblent parfois à des litanies. Roger ne hurle plus (trop) dans le micro, sa voix chevrote un peu. Mais revenons tout de même à ce « Déjà Vu » : le père WATERS énumère (déjà) ce qu’il aurait fait s’il avait été Dieu. On ne se refait pas vraiment. La facette explicite des discours de WATERS peut agacer, souvent désespérer, elle peut – aussi/surtout ? - s’avérer désespérante pour l’auditeur. Notamment quand il crie. L’homme n’a plus forcément les capacités vocales de reproduire la même chose et c’est quand même mieux ainsi. Nigel Godrich a par ailleurs fait clairement comprendre qu’il ne goûtait aucun de ses précédents albums. Par bien des aspects, ce disque plutôt porté folk à l’ambiance « apaisée » - on dépasse rarement le 30 à l’heure -en dépit de textes souvent coléreux, rappelle le lumineux Push The Sky Away de Nick CAVE, sans captiver autant néanmoins. Peut-être justement la faute à l’impression laissée par ce « Déjà Vu », 2e single du disque pas mauvais loin de là, mais – comme exprimé - déjà-vu/entendu. Où sont les chansons dignes de ce qui fut ? Celles qui se détachent d’emblée ? « The Last Refugee » - 3e single choisi – renvoie à The Final Cut pour une impression pas loin d’être aussi mitigée si ce n’était (toujours) la prod aérienne de Godrich. « Broken Bones » ne manque pas d’intensité, c’est bien fichu, pas de doute. La chanson titre reprend des codes éprouvés, cependant son exposition pourrait très bien figurer sur un album de RADIOHEAD ne serait-ce qu’en vertu de sa progression harmonique. Après quoi, Godrich fait doucement dériver l’ambiance vers la pop/psyché Beatlesienne pour finir dans le trip-hop assumé. On retient bien plus l’ambiance que la (les) mélodie(s) du morceau.

Mais vers son mitan, le disque va plus ou moins cesser de dénoncer, de pointer, de défier et pour la petite histoire, réellement s’apaiser, partir en quête de luminosité. Autant que faire se peut, WATERS – qui ne manque pas (plus) d’humour dans ses interventions médiatisées – reste un individu tourmenté. Désormais, WATERS chante l’amour, si si. « The Most Beautiful Girl » n’est pas forcément une chanson mémorable (une de plus), on ne sait jamais sur quel pied danser avec Roger, tout est question de rencontre. «Wait For Her », « Oceans Apart » et « Part Of Me Died » laissent plus amplement découvrir un WATERS qui trouve refuge en l’amour, celui pour sa compagne mais pas seulement. Finalement, c’est malgré tout ainsi qu'il parvient à faire un tant soit peu de «neuf », sinon de nouveau. Or, cela s’avère être, euh… apaisant. Peu de moments rock là-dedans, tout de même « Smell The Roses », le 1er single issu du skeud, - au riff calqué sur celui de « Have A Cigar » - vient contrebalancer des ambiances assez vaporeuses ou planantes dans leur mise en son, même si regorgeant de tension(s). L’autre moment le plus intense est le morceau « Picture That » - qui ramène à « Sheeps » pour le coup -, où l’instant le plus étendu (mais pas le moins bon) de l’album, qui se conclut sur une longue plage instru parfaitement adaptée. « Bird In A Gale », qui commence pépère mais finit fort, fait encore plus référence à Animals avec le delay posé sur ses chœurs trafiqués en fond de mix.

Is This The Life We Really Want ? (on note le « we » inclusif posé par l’auteur) vaut largement les derniers opus de David GILMOUR, pas tellement plus productif question albums. D’ailleurs, on cherche encore ce que chacun des deux a publié de vraiment convaincant en solo. À croire que Roger sans David (et inversement) est dans la difficulté quand il s’agit de réaliser une grande chanson. Parce c’est ce qui manque le plus à ce disque homogène, foutrement bien mis en son, mais trop peu porté sur ses chansons. On pressent l’influence de DYLAN ou celle de LENNON dans la démarche intellectuelle de Roger WATERS, manque l’accroche, la mélodie qui fait mouche imparablement. On avait connu Godrich plus exigeant envers Paul McCartney en 2005, plus pointilleux sur la qualité des titres en eux-mêmes. WATERS qui possède un ego hors-norme a mis depuis de l’eau dans son vin. Il dit avoir suivi son producteur, pourtant l’homme ne cesse de se mettre en scène. Mais peut-être qu’un soupçon d’« excentration », sinon « d’excentricité », lui aurait porté une dose fraicheur bien agréable par les temps qui courent.

* Toutefois, il a tout de même commis Ça Ira en 2005, un opéra dédié à le Révolution Française, comme son nom l’indique
** L'album a été conçu avant l'élection de Donald Trump aux USA, mais le personnage était déjà la tête de turc de WATERS qui utilise un enregistrement de la voix du futur président en début de 6e piste
*** Il est un secret de polichinelle qu’Animals est basé sur La Ferme Des Animaux, roman de George Orwell

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   LONG JOHN SILVER

 
   BRADFLOYD

 
   (2 chroniques)



- Roger Waters (chant, guitare, basse)
- Nigel Godrich (claviers, guitare, collages sonores)
- Gus Seyffert (guitare, claviers, basse)
- Jonathan Wilson (guitare, claviers)
- Roger Joseph Manning, Jr. (claviers)
- Lee Pardini (claviers)
- Joey Waronker (batterie)
- Jessica Wolfe (choeurs)
- Holly Laessig (choeurs)
- David Campbell (arrangements)


1. When We Were Young
2. Déjà Vu
3. The Last Refugee
4. Picture That
5. Broken Bones
6. Is The Life We Really Want?
7. Bird In A Gale
8. The Most Beautiful Girl
9. Smell The Roses
10. Wait For Her
11. Oceans Apart
12. Part Of Me Died



             



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