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ROCK PSYCHEDELIQUE  |  COMPILATION

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- Style : Mostly Autumn, Eloy, The United States Of America
- Membre : David Gilmour , Roger Waters , Syd Barrett , Rick Wright

PINK FLOYD - Cre/ation - The Early Years 1967-1972 (2016)
Par LONG JOHN SILVER le 1er Janvier 2017          Consultée 1114 fois

En 1995, les BEATLES revenaient faire les unes des journaux faisant écho (ah, ah !) de la publication d’une série de disques (Anthology I, II et III), accompagnés pour l’occasion d’une série de documentaires et d’un bouquin d’interviews retraçant le parcours des fab four jusque dans leur(s) salle(s) de bains. Le tout formant un ensemble cohérent plus que copieux. Or, ce que firent les BEATLES à ce moment-là revêtait un caractère totalement inédit, les trois doubles CD étaient remplis ras la glotte de démos, de prises alternatives, de chutes de prises, de live et contenaient aussi deux inédits produits pour l’occasion. Voilà de quoi intéresser musicologues, journalistes, fans et autres exégètes et même si l’on parle des BEATLES, cela réduit le nombre. Pourtant, la publication des Anthology fut certifiée plusieurs fois platine. Et depuis les boîtes à archives se sont ouvertes un peu partout chez les artistes « légendaires » : Neil YOUNG, DYLAN, récemment LED ZEPPELIN. PINK FLOYD a également sorti des tiroirs, mais avec beaucoup de parcimonie, des enregistrements rares ou inédits accolés à de coûteuses rééditions d’albums. La maison Floyd (soit les trois survivants avec l’accord des ayants droits des deux défunts : Barrett et Wright) publie alors en cette fin 2016 un luxueux coffret bourré de garniture (dont des rééditions vinyles de 45 t) et rempli de 27 (!) galettes (cd/dvd/blue ray) réparties sur 7 volumes*, à partir d’enregistrements (audio et vidéo) captés entre 1965 et 1972. Inutile de vous préciser que le menu est gargantuesque, à la hauteur de son coût qui avoisine les 500 boules. Ce qui n’est pas énorme en rapport quantité/prix mais reste hors de portée du commun des amateurs. Façon d’opérer un tri, déjà de signaler que ceci s’adresse aux fans complétistes et/ou argentés. Pour le commun des auditeurs, le label a toutefois mis en rayons une compilation regroupant 27 titres issus de la malle aux trésors. Faites le compte : cela représente un par galette. À ce petit jeu-là, on espère obtenir la fève le plus souvent. En réalité, chaque CD du coffret n’est pas représenté dans cette compile qui espère glaner l’essence plutôt que la crème de ce qui est contenu dedans. Ou mieux : sa substantifique moëlle.

La présente compilation contient quelques titres bien connus puisque sont insérés des extraits de singles hors album (« Arnold Layne », « See Emily Play », « Paint Box ») ou des versions remixées ( « Mathilda Mother », « Jugband Blues », «Childhood’s End », « Free Four » et « Stay »). À noter que ces titres sont situés aux deux extrémités d’un recueil où le compilateur a choisi l’ordre chronologique pour articuler son propos. Propos baptisé ici : Crea/tion, rien que ça. On note le rendu très psyché de la pochette, le livret est dense. Toussa pour expliquer que le groupe était en perpétuelle mutation avant de parvenir à finaliser The Dark Side Of The Moon, un album dont la perfection absolue attise parfois la controverse. Le fait est que le rendu de la présente compilation est éloquent. Passés les premiers titres - un quart de l’ensemble est dédié à Syd Barrett - on entre peu à peu au cœur du réacteur. Signalons au passage qu’avant cela, on est très heureux de découvrir « Flaming » live à la BBC. Figure l’instrumental « In The Beechwoods », dernier titre de l’ère Barrett, afin d’entrer de plain-pied au royaume des (vrais) inédits contenus ici. Il s’agit d’une chanson sans parole, sorte de work in progress pas pire qu’un tas d’instrumentaux remplissant un tas d’albums pop/rock. Une chanson que Syd a été incapable de finir car déjà fondu.

Toute la partie qui couvre la période 1968/1972 dévoile une véritable transmutation de la musique du Floyd par étapes successives. C’est sa période la plus psyché/expérimentale, celle qui conduira le groupe vers une forme de rock progressif planant tout terrain. La fin de l’ère Pop du Floyd résonne avec « Point Me At The Sky », soit l’ultime tentative de Norman Smith, le producteur du groupe et ex ingé-son des BEATLES, de faire sonner le flamant rose Londonien comme les scarabées Liverpuldiens. Les enregistrements live, notamment ceux de la BBC, nous font clairement entendre un groupe de musiciens sculptant son son, aménageant les espaces, ménageant les silences. Une musique tout indiquée pour décoller, accompagner la mission Appollo XI sur la Lune. Chose que la télé British demanda au groupe d’accomplir et qu’il fit. On peut se demander le pourquoi des redites, figurent deux versions (studio et live) de « Embryo » - une rareté jusqu’alors uniquement disponible sur des compilations restées confidentielles - et de « Careful With Axe Eugene ». Sans quoi, cet opuscule double s’inscrit le plus souvent dans une démarche très proche de celle entreprise pour confectionner The Endless River.

De longs moments poussent à la contemplation, à l’introspection, les souvenirs défilent. Ceux liés à la musique du Floyd déjà. Où l’on s’aperçoit notamment que l’entre deux, depuis la fin de l'ère Barrett jusqu’à l’accomplissement The Dark Side, constitue la période la moins exposée de l’œuvre du groupe. Celle que les cover bands évitent aussi. Les blockbusters suivants faisant pas mal d’ombre au reste. La correspondance entre l’album « making of de The Division Bell», The Endless River, et Crea/tion devient particulièrement palpable lors de l’écoute des prises live mais aussi celle de la plupart des inédits studio. On repère « Nothing Part 14 », instant en apesanteur qui servira la trame d’« Echoes ». Cinq extraits sont issus de la BO de Zabriskie Point mais furent non retenus par Michelangelo Antonioni. Ceux-ci ont été expressément remixés, le groupe ayant à l’époque renoncé à défendre son point de vue face au réalisateur qui avait aussi la main sur le son. Ainsi de « The Riot Scene » adviendra « Us And Them » en 1973. On est déjà dans l’après, le règne de la hi-fi se prépare, ici et maintenant. Autant de moments où le groupe se livre à des expériences, alterne plages rock psyché (« Cymbaline »), ambient (« Nothing Part 14 », l’étrangement intitulée « The Riot Scene »), rock instrumental qui percute (« Take Off »), space rock (« Interstellar Overdrive »), folk baba cool (« On The Highway », brève, craquante, parsemée de chœurs pop) et soft rock pour finir, avec les versions remixées de trois chansons tirées de la BO de la Vallée.

Parmi les morceaux inédits ou rares contenus ici, certains étaient connus et sont même audibles sur le net, souvent pour un rendu de médiocre qualité. Pas de cela sur ce disque, le niveau dudit rendu est à l’avenant du prestige lié au groupe. On pense à cette remarquable version live d’« Atom Heart Mother », démunie d’orchestre et de chœur lyrique, raccourcie de plusieurs minutes. D’autant plus remarquable qu’à eux quatre, les membres du Floyd sonnent comme un orchestre symphonique, puissance et majesté incluses. On sent que le groupe pousse les potards à donf tout en misant sur les textures et les contrastes, l’univers du Floyd est en expansion. En quête de la juste note, de l’accord idoine s’agissant de Wright et Gilmour, rebondissant sur les lignes de basse amples de Waters, propulsé par le style (a)typique de Nick Mason, le batteur qui n’a jamais aimé s’écouter jouer. Et surtout pas sur ce morceau. Le trio final de la compilation ramène – comme indiqué plus haut - l’auditeur en terrain (relativement) connu, bien que relooké 2016 pour l’occasion. C’est le moment d’atterrir. Entre deux, le voyage s’est finalement fort bien passé, cette compilation - a minima - d’un coffret ahurissant d’abondance fait mieux que bien : elle tient véritablement ses promesses. Destinée au « tout venant » soit, néanmoins suffisamment exigeante, consistante, constante et cohérente pour devenir définitivement convaincante.

* Cependant, les six premiers volumes seront proposés à l’unité, seul le 7e volume ne sera pas accessible en dehors du coffret Early Years

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   LONG JOHN SILVER

 
  N/A



- Roger Waters (basse, chant)
- Rick Wright (claviers, chant)
- Nick Mason (batterie)
- David Gilmour (guitare,chant sauf cd 1 : 1-7)
- Syd Barrett (chant, guitare sur cd 1 : 1-7)


- Cd 1

1. Arnold Layne
2. See Emily Play
3. Mathilda Mother (2010 Mix)
4. Jugband Blues (2010 Mix)
5. Paintbox
6. Flaming (bbc Session 1967)
7. In The Beechwoods (2010 Mix)
8. Point Me At The Sky
9. Careful With That Axe Eugene (single Version)
10. Embryo
11. Ummagumma Radio Edit
12. Grandchester Meadows (bbc Session 1969)
13. Cymbaline (bbc Session 1969)
14. Interstellar Overdrive (live Amsterdam 1969)
15. Green Is The Colour (bbc Session 1969)
16. Careful With Axe Eugene (bbc Session 1969)

- Cd 2

1. On The Highway (zabriskie Point Remix)
2. Auto Scene Version 2 (zabriskie Point Remix)
3. The Riot Scene (zabriskie Point Remix)
4. Looking At Map (zabriskie Point Remix)
5. Take Off (zabriskie Point Remix)
6. Embryo (bbc Session 1970)
7. Atom Heart Mother (livemontreux 1970)
8. Nothing Part 14
9. Chidhood's End (2016 Remix)
10. Free Four (2016 Remix)
11. Stay (2016 Remix)



             



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