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- Style : Ayreon
- Membre : Pink Floyd

Roger WATERS - The Pros And Cons Of Hitch Hiking (1984)
Par LONG JOHN SILVER le 29 Septembre 2015          Consultée 3811 fois

Affirmer que Roger Waters ne s’est jamais remis de The Wall, c’est un peu comme dire que Pete Townshend n’est plus tout à fait le même depuis qu’il a enregistré Tommy. Il y a eu un avant et un après dans les deux cas, ces messieurs peinant depuis à concevoir un album dénué de concept. Si ce n’est que le projet Lifehouse, qui avait avorté, avait contraint le second à devoir s’intéresser aux chansons qui composent un album, quand le premier est resté engoncé dans une veine grandiloquente orgueilleuse (ce qui artistiquement parlant n’est pas – forcément - rédhibitoire), mais le plus souvent dénuée d’inspiration. Roger est pourtant un type remarquablement intelligent, néanmoins au cœur des 80’s sinistrées il se complait dans la parution de disques plus casse-bonbons tu meurs. D’ailleurs, après plusieurs échecs artistiques plus que commerciaux, la chute du mur de Berlin lui permettra de remettre The Wall en selle, parce que depuis ce dernier, bah… dur dur quoi… Alors j’entends qu’on me cause Amused To Death dans l’oreillette, barf... Ok, c’est pas (trop) mal, Jeff BECK est grand, mais rendez-moi Animals, que diable ! Et Gilmour ! (1)

Cependant, revenons à l’objet du délit, à savoir The Pros And Cons Of Hitch Hiking, histoire absconse (2) qui se déroule en temps réel sur une (courte) nuit, via le rêve d’un quidam de quarante ans, traite d’une « Midlife Crisis » qui vire en folie, et autant dire qu’on n'y obtient pas grand chose de neuf sous le soleil des névroses Watersiennes. Le thème abondait déjà The Wall ou même The Final Cut pour le meilleur puis pour le pire. Le concept proposé au groupe en 1977 fut recalé par les trois autres membres du Floyd, le moins qu’on puisse constater étant qu’ils ont eu bien raison sur ce coup là.
À l’époque, Waters est convaincu qu’il est un génie absolu, que PINK FLOYD c’est lui, que le groupe peut très bien se passer de Rick Wright et tiens pourquoi pas de Gilmour et tiens... même que Waters peut se passer du nom du groupe (3), donc le Floyd est mort, d’ailleurs ça tombe bien Roger récupère un Eric CLAPTON en pleine dérive éthylique, comme ça David Gilmour – qui n’est pas au mieux non plus à cette période - pourra toujours aller aux fraises. Las, le guitariste nous pondra un About Face pratiquement aussi nul que le premier effort (réellement) solo de son comparse bassiste (4).

Bon, ne soyons pas TOTALEMENT négatifs au sujet de The Pros And Cons Of Hitch Hiking et commençons par une bonne nouvelle : le son de cet album est monstrueux, encore aujourd’hui, et les arrangements signés par Michael Kamen – qui avait travaillé avec le Floyd – sont pour la plupart somptueux. De même certaines des parties de guitare du père Clapton révèlent de magnifiques atmosphères et envolées. Pour l’occasion, Waters a bien entendu fait appel à des musiciens de haute volée qui remplissent admirablement leur contrat, de plus – comme il s’agit d’une histoire – des acteurs interprètent chacun des rôles du copieux livret imaginé par son créateur. Tout cela aurait pu largement tenir la route, si ce n’est que le dit créateur nous rebat les oreilles de ses jérémiades, s’auto-parodie sans le moindre recul, ne trouve rien de plus approprié que de repomper le refrain de « The Fletcher Memorial Home » (« 4:50 AM »), un titre peu mémorable de The Final Cut, cite le thème de « In The Flesh » hors du mur, ou encore recycle la mélodie de « Mother » à tout bout de champs et j’en passe des mûres et des pas vertes, comme pour bien nous signifier qu’il n’y avait rien de mieux à faire que de ressasser un passé encore fumant...
Bref, cet album est un pensum long de 42 minutes qui en paraissent le double, la faute à une absence quasi totale de vraies chansons. Je veux bien qu’on brocarde Yoko ONO, via le seul titre à peu près potable (« 5 :01 AM, The Pros And Cons… ») du disque, la soupçonnant de n’avoir rien compris à la musique, si ce n’est que dans ce cas précis, l’hôpital se fout ouvertement de la gueule de la charité ! Surtout quand on use et abuse du motif de guitare de « Working Class Hero » en intro et en outro de l’album (5).
Et dire qu’il voulait aussi nous sortir ça au cinéma... Heureusement, on y a échappé.

Alors pour la petite histoire, sachez que la pochette de ce disque fit sensation, puisqu’elle présente la photo d’une jeune femme nue vue de dos, faisant du stop au bord d’une route imaginaire. Et qu’elle fut censurée dans quelques endroits du Monde... Quel dommage, ce postérieur sur gambettes de rêve étant probablement l’unique chef-d’œuvre représenté sur cette galette.

1) D’ailleurs Gilmour en solo, c’est pas jojo non plus.
2) Là aussi The Lamb Lies Down On Broadway de GENESIS se pose là, sauf qu’il contient de vraies chansons.
3) Par ailleurs The Final Cut mentionnait sur sa couverture : musique de Roger Waters, jouée par PINK FLOYD, la classe.
4) Waters avait déjà publié un disque en 1970 (Music From The Body), cependant il était co-signé avec Ron Geesin.
5) LENNON 1970, Lui même inspiré par DYLAN, mais Roger a du penser que son génie naturel le dispensait d’écrire une authentique chanson par-dessus.

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   LONG JOHN SILVER

 
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   (2 chroniques)



- Roger Waters (chant, basse, guitare, effets)
- Eric Clapton (guitare)
- Ray Cooper (percussions)
- Andy Newmark (batterie)
- David Sanborn (saxophone)
- Michael Kamen (piano)
- Andy Bown (orgue, guitare)
- Madeline Bell, Katie Kissoon, Doreen Cha (choeurs)
- Raphael Ravenscroft, Kevin Flanagan, Vic (cuivres)
- National Philharmonic Orchestra
- +
- Andy Quigley (le gallois du théâtre)
- Batty Porter (la femme)
- Roger Waters (l'homme)
- Cherry Vanilla (auto-stopeuse et serveuse)
- Manning Redwood (routier)
- Ed Bishop (routier)
- Jack Palance (hells angel)
- Madeline Belt (fiancée du hells angel)


1. 4:30 Am (apparently They Were Travelling Abroad)
2. 4:33 Am (running Shoes)
3. 4:37 Am (arabs With Knives And German West Skies)
4. 4:39 Am (for The First Time Today, Part 2)
5. 4:41 Am (sexual Revolution)
6. 4:47 Am (the Remains Of Our Love)
7. 4:50 Am (go Fishing)
8. 4:56 Am (for The First Time Today, Part 1)
9. 4:58 Am (dunroamin, Duncarib, Dunmivin)
10. 5:01 Am (the Pros And Cons Of Hitch Hiking, Part 1
11. 5:06 Am (every Stranger's Eyes)
12. 5:11 Am (the Moment Of Clarity)



             



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