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Wilson PICKETT - The Wicked Pickett (1967)
Par LE KINGBEE le 16 Février 2018          Consultée 397 fois

En préambule, on conseillera aux lecteurs de se pencher sur la chronique du disque « In The Midnight Hour » concoctée par notre collègue Maniac Blues.

Donc Wilson PICKETT est issu comme 99% des chanteurs noirs de l’époque d’une chorale religieuse. Mais le parallèle avec ses concurrents s’arrête pratiquement là. Pickett est un jeune chien fou, plein de rage. Si le garçon a enregistré une poignée de titres avec les Violinaires of Detroit, le Spiritual Five dans une veine dédiée au Seigneur, l’adolescent tourne casaque en intégrant les Falcons en compagnie d’Eddie Floyd et Bonnie Rice (futur Mack Rice). Si les Falcons gravent quelques faces pour Atlantic, l’aventure tourne court. Effectivement, le jeune chanteur vient de composer « If You Need Me »*, un bon titre racheté par Jerry Wexler, l’un des manitous de la firme. Mais qu’elle n’est pas la surprise du chanteur quand il s’aperçoit que la chanson a été achetée pour Solomon Burke et qu’il ne peut juridiquement pas chanter son titre.

Gamin, Pickett était déjà un garçon en colère lorsqu’il ramassait le coton courbé en deux. Son arrivée à Detroit où il découvre la dure vie des ghettos n’arrange pas les choses. Et oui, notre bonhomme est un hargneux, à tel point qu’il fera les choux gras de la presse à scandale pendant quelques années, échangeant notamment quelques coups de guns avec les Isley Brothers. En 1964, Pickett fait amende honorable et retente sa chance avec Atlantic. Les premiers essais ne contiennent que de mauvais titres entre ratage et productions infestes ou des séances pourries, jusqu’à ce que Wexler prenne le taureau par les cornes en envoyant son chanteur à Memphis dans les studios de la Stax avec à la clef l’enregistrement de « In The Midnight Hour », un album qui va fracasser les ondes.

L’année suivante, Pickett récidive avec « The Exciting Wilson Pickett » gravé cette fois en mai dans les studios Fame de Rick Hall et de la Stax (Wexler avait coupé la poire en deux). L’année n’est pas encore finie que Pickett retourne à Muscle Shoals enregistrer son troisième album sous la bannière d’Atlantic. La rumeur prétend que le titre « The Wicked Pickett »** (« Le Méchant Pickett ») serait une idée de Jerry Wexler. Il faut dire qu’avec sa carrure de footballeur américain, le bonhomme a de quoi impressionner. La pochette nous montre un Pickett en pleine forme avec un sourire carnassier.

Sous la houlette de Rick Hall, le chanteur nous propose 12 titres dont 4 paraitront en singles US. La voix puissante et rageuse produit d’emblée son effet sur « Mustang Sally », composition de son ancien partenaire Sir Mack Rice. La rythmique implacable impose un rythme imparable, la guitare de Chips Moman pleine de sobriété couverte par l’orgue de Spooner Oldham et la grosse section cuivre font le reste. Si le titre deviendra au fil des ans un classique, il suffit d’écouter la version postérieure du duo Sam & Dave et celle-ci pour se rendre compte que d’un coté il y a un léopard et de l’autre deux chats de gouttière. Autre pièce pleine de peps avec la reprise de son ennemi intime Solomon Burke « Everybody Needs Somebody To Love ». Tout le monde connait ou a dansé sur cette tuerie, ne serait-ce que par le biais de la reprise des Blues Brothers. La version de Pickett s’avère plus groovy que celle de Burke qui influait peut être plus de gouaille. A vous de voir celle qui remporte votre suffrage. C’est autre chose que de supporter la double paire Jenifer,/Garou/Pagny/ Mika massacrer le morceau, là ça donne envie de foutre sa télé par la fenêtre, voire d’être sourd ! Le chanteur reprend « Three Time Loser », une tuerie de Don Covay pour une Soulfull énergique. Bon c’est excellent mais on restera attaché à la version de Bonnie Raitt gorgée de slide, à celle de Dave Edmunds très Rock sans oublier celle des Inmates qui décrochaient la lune avec une version Pub Rock démentielle.

« Ooh Poo Pah Doo », plus gros succès du nouvel orléanais Jessie Hill, a connu des reprises aussi bizarroïdes qu’étonnantes (The Standells, Mitch Ryder) et aussi son lot de purges (Trini Lopez, Righteous Brothers). Pickett nous en délivre une version orientée sur le Memphis Sound sonnant moins « Popeye Dance » que l’original. Autre gros carton avec le « Knock On Wood » de son ami Eddie Floyd, pour une version moins accrocheuse que l’originale tant au niveau de l’orchestration que du chant. Le mauvais garçon sait se faire entendre quand le besoin s’en fait sentir. Il reprend « Sunny », standard plein d’espoir de Bobby Hebb, le piano et la guitare cristalline offrant un excellent saupoudrage. C’est autre chose que les versions de l’acteur Leonard Nimoy ou l’adaptation de Richard Anthony (là je suis méchant). Compo du tandem Dan Penn/Lindon Oldham, « She Ain’t Gonna Do Right » nous parait plus intense par le vocal que la version de Clarence Carter enregistrée dans le même studio. Autre petite douceur avec « Time Is On My Side » compo de Jerry Ragovoy gravée par Irma Thomas et futur succès des Stones nous parait trop rageur par rapport à la version de la New Orleans Queen. Second emprunt à Dan Penn avec « Up Tight Good Woman »avec une orchestration où les cuivres prennent l’ascendant sur l’orgue. Les versions de Penn ou de Spencer Wiggins proposaient une sonorité plus céleste. Dernière bifurcation vers Dan Penn avec « You Left The Water Running », titre qui rassemblera plus tard aussi bien les chanteurs de Soul que de la Country. Initialement enregistré par Billy Young, une trouvaille d’Otis Redding, puis par la superbe guitariste Barbara Lynn, ce mid tempo connaîtra de belles versions (on conseille celle d’Amazing Rhythm Aces) et Wilson en délivre une version convaincante. L’album s’achève par la reprise d’un titre obscur de Bobby Womack « Nothing You Can Do » (rien à voir avec le titre homonyme d’Average White Band) avec un tempo bien rythmé porté par un chant expressif.

Avec ce troisième album Atlantic, Wilson Pickett confirmait le succès de ses précédents disques. Le chanteur bénéficiait d’un accompagnement haut de gamme avec la crème des musiciens de Muscle Shoals, une troupe racialement mixte, chose rare à l’époque. Ce « Wicked Pickett » figure à notre humble avis parmi les trois meilleurs disques de ce chanteur expressif au fort charisme.

*Malgré un problème contractuel lui interdisant d’enregistrer « If You Need Me », Wilson Pickett enregistrera sa chanson en 1963 sur l’album « It’s Too Late » publié par Double L, label du chanteur Lloyd Price. Mais le titre ne connaîtra qu’un succès d’estime, Solomon Burke remportant la plus grosse part du gâteau par le biais d’une promotion digne des meilleures machines de guerre. **Historiquement « The Wicked Pickett » est le quatrième disque de ce chanteur au fort tempérament. Cette chronique provient de l’écoute du pressage anglais édité en 1967 et de la réédition CD Edsel publiée en 2016. Il semblerait que le premier pressage US soit victime d’une qualité sonore faiblarde.

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- Wilson Pickett (chant)
- Chips Moman (guitare)
- Jimmy Johnson (guitare)
- Tommy Cogbill (basse)
- Junior Lowe (basse)
- Roger Hawkins (batterie)
- Spooner Oldham (piano, orgue)
- Floyd Newman (saxophone)
- Charles Chambers (saxophone)
- Eddie Logan (saxophone)
- Gilbert Caple (saxophone)
- Gene Miller (trompette)
- Ben Cauley (trompette)


1. Mustang Sally.
2. New Orleans.
3. Sunny.
4. Everybody Needs Somebody To Love.
5. Ooh Poo Pah Doo.
6. She Ain't Gonna Do Right.
7. Knock On Wood.
8. Time Is On My Side.
9. Up Tight Good Woman.
10. You Left The Water Running.
11. Three Time Loser.
12. Nothing You Can Do.



             



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