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- Style : Otis Redding , James Brown , Aretha Franklin , Al Green
- Style + Membre : Booker T. & The Mg's

Wilson PICKETT - The Exciting Wilson Pickett (1966)
Par LE KINGBEE le 29 Mars 2018          Consultée 1195 fois

En 1966, Wilson PICKETT, ancien chien fou des FALCONS, met en boite son troisième disque. Embauché par Atlantic en 1964, le chanteur vient de commettre un véritable carton avec le single «In The Midnight Hour » qui caracole en tête des charts au mois d’août 1965. Ce tube interplanétaire donnera son titre à son second disque. C’est bien connu, chez Atlantic on bat le fer pendant qu’il est chaud et cela tombe à pic, le natif d’Alabama semble marcher sur des charbons ardents. C’est bien simple, durant la seconde moitié des sixties, PICKETT va se placer dans le peloton de tête de la quintessence de la Soul.

Premier constat, la pochette nous en dévoile un peu plus sur le chanteur. Le bonhomme a troqué son beau complet noir brillant pour un costume rose rouge et puis le titre, que certains jugeront légèrement pompeux ou grandiloquent, annonce la couleur. Imaginez vous un peu un de nos artiste à succès de l’époque (au hasard Hallyday, Polnareff, Bécaud, Adamo) sortant un disque sous le nom de « L’Excitant Machin Chose », là l’affaire pourrait tourner entre le prétentieux, le ridicule ou l’imposture. Mais à l’écoute de ce disque, même un demi-siècle après sa sortie, on se dit que ce titre n’est ni galvaudé ni arrogant, en fait le côté clinquant du titre se répercute via un répertoire millimétré taillé sur mesure.

Constitué de douze titres, le disque regroupe pas moins de trois Number One (« Land Of 1000 Dances », « In The Midnight Hour » et « 634-5789 » auquel vient se greffer « Ninety-Nine And A Half (Won’t Do) » qui grimpera sur la 13ème marche des classements R&B. Les sceptiques pourront argumenter que ce n’est pas parce qu’une galette contient trois cartons qu’elle est forcément aboutie, mais là, on a entre les mains un disque qui fera date.

Alors ce disque provient de trois sessions gravées à Memphis dans les studios Stax, le 12 mai, le 16 septembre et le 20 décembre. Six autres pistes enregistrées entre le 8 et le 11 mai 1966 dans les studios FAME de Muscle Shoals avec une autre équipe viennent compléter ce brûlot. Pour résumer, une moitié de faces où figurent BOOKER T. & The MG’s et une seconde avec une partie des musiciens du futur FAME GANG. Au moment de débuter cette chronique, une problématique surgissait : devions nous reprendre l’étude du disque en suivant la chronologie des pistes ou bien celle des sessions, ou bien s’attaquer aux titres selon les tempos (ce qui s’annonçait plus aisé) ou fallait-il séparer les sessions de Memphis et celles de Muscle Shoals. Nous avons opté pour cette dernière, les différentes faces étant mélangées.

Les trois sessions de Memphis (chronologiquement les premières) regroupent donc une moitié du disque avec l’un des meilleurs groupes de backing BOOKER T. & The MG’s, l’orchestre maison de Stax Records.
Parmi les six titres immortalisés à Memphis, « 634-5789 », une ballade d’Eddie Floyd et Steve Cropper, nous dévoile un chant qui pourrait venir du Gospel, mais le Seigneur pourrait tomber de sa croix s’il entendait les paroles, PICKETT, gros macho devant l’éternel, invitant la gente féminine à lui téléphoner, « 634-5789 » étant son numéro de bigophone. Sous un tempo alanguissant, propre au romantisme, le chanteur ne doute de rien. Certains pourront préférer la version d’Otis REDDING enregistrée quelques semaines plus tard avec la même équipe, « Big O » impulsait effectivement plus de conviction ou celle d’Eddie FLOYD, peu importe. A noter qu’une nouvelle version du titre figurera en 1998 dans la bande son du film « Blues Brothers 2000 » avec Eddie Floyd, Jonny Lang, l’équipe des BLUES BROTHERS et … Wilson en personne.

Autre grand moment avec « Ninety-Nine And A Half (Won’t Do) », un standard coécrit par Pickett, Floyd et Cropper, repris avec succès par CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL et DR. FEELGOOD dans une interprétation plus musclée. Cette fois ci le timbre de voix ne laisse aucun doute, le chanteur a bien fait ses armes sur les bancs d’une paroisse. Les amateurs de cuivres se délecteront sur « Danger Zone » avec une atmosphère à la Redding. Cet inusité sera repris par les INMATES. Le rythmé « I’m Drifting » s’avèrerait presque auto biographique et parodique. On ne compte plus le nombre de « It’s All Over » enregistrés (titres homonymes de Ben E King, The Impressions, The Everly Brothers, de vraies guimauves) mais le titre de PICKETT propose une ballade intense entre Deep Soul et Gospel. Enfin comment ne pas achever ces titres gravés à Memphis avec l’intemporel « In The Midnight Hour » ? Le titre figurant dans l’album précédent connaîtra une vingtaine de reprises rien qu’entre 1965 et 1966. Comment ne pas se déhancher sur « I'm gonna wait 'till the midnight hour … Yes I am, oh yes I am -One thing I just wanna say, right here … ». Le titre souvent repris mais jamais égalé demeure comme la marque de fabrique de ce chanteur fougueux.

Les six titres gravés à Muscle Shoals ne dépareillent en rien avec ceux de Memphis. On ressent toutefois une production plus gonflée. Si les premiers enregistrements se déroulèrent sans problème sous la houlette de Rick Hall, Jerry Wexler, le grand manitou de la firme Atlantic, mécontent de la sonorité du studio exigea que Tommy Dowd prenne la place de Hall derrière la console et fit virer le bassiste Junior Lowe au profit de Tommy Cogbill. Après trente ans d’écoutes, on peut penser que ces décisions pesèrent sur l’équilibre musical et surtout sur une forme moins intuitive mais plus tapageuse. Second constat, ces six faces reposent sur un répertoire moins personnel, PICKETT n’ayant participé à l’écriture d’aucuns titres.

Parmi ces titres, on retrouve deux compositions du chanteur de la Nouvelle Orleans Chris KENNER : « Something You Got » dans lequel toutes les colorations NOLA sont gommées au profit d’une Country Soul bien dans l’esprit des productions FAME. Une bonne version qui ne vaut cependant pas celles de Barbara George ou du pianiste Alvin Robinson plus orientées vers la Deep Soul et le Gospel. Kenner, un ancien boxeur devenu chanteur reste connu pour « Land Of 1000 Dances » gravé en 62 pour le label Instant. Le pauvre gars ne récoltera guère de laurier de ce hit interplanétaire et décèdera en 76 dans le dénuement le plus total. Basée sur un ancien spiritual, Kenner introduisait la chanson en citant pas moins d’une quinzaine de danses à la mode ; mais le chanteur déclarait a capella en guise d’intro : «  Children, go where I send you (Where will you send me?) - I'm gon' send you to that land - the land of a thousand dances." une phrase orientée sur la foi qui disparaitra curieusement lors de l’enregistrement initial. Ce hit mineur sera repris à maintes reprises (Rufus Thomas, Fats Domino, The Action, Cannibal & The Headhunters) avant que Pickett n’en fasse un carton en changeant légèrement quelques lignes de textes. Ce titre festif par excellence connaîtra ensuite plusieurs dérivés via Ike et Tina TURNER, J. GEILS BAND, Ted NUGENT ou Patti SMITH. Mais c’est bel et bien la version de PICKETT que le monde a encore à l’esprit aujourd'hui encore. Impossible de ne pas se trémousser sur de telles paroles: « One-two-three - Ow, uh, alright, uh! -Got to know how to pony- Like Bony Maronie -Mashed potato -Do the alligator -Put your hand on your hips, yeah - Let your backbone slip… …Na-na-na-na, I need somebody to help me say it one time … ».

Autres bonnes pièces avec « Barefootin’ » lancé par le saxophoniste chanteur Robert Parker qui invitait alors les gens à danser pieds nus. Le chanteur temporise le tempo avec « Mercy Mercy » beau titre de Don COVAY popularisé par les Stones. On préférera la version originale et dans une moindre mesure celle de Pickett à celle des stars anglaises désormais sexagénaires. Notre chanteur réactualise « You’re So Fine », œuvre des Falcons son ancien groupe et termine sa démonstration avec une compo de Bobby Womack « She’s So Good To Me » un titre rageur de Soul Pop gorgé de chœurs et de cuivres. La reprise de cet inusité par Ray Camacho & The Teardrops, un groupe sixties californien, dans une version conjuguant Tex Mex et Garage nous parait plus captivante.

Parmi la longue discographie du chanteur décédé en 2006, ce disque se taille une part royale. « The Exciting Wilson PICKETT », malgré un ou deux titres surproduits ou plein d’esbroufe, se situe dans le Panthéon des productions Soul de la seconde moitié des années soixante. Lui mettre la note maximale semblerait peut-être exagéré, mais un 4,5 parait amplement justifié.

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- Wilson Pickett (chant)
- Steve Cropper (guitare 3-7-8-9-10-11)
- Jimmy Johnson (guitare 1-2-4-5-6-12)
- Chips Moman (guitare 1-2-4-5-6-12)
- John Peck (guitare 1-6)
- Donald 'duck' Dunn (basse 3-7-8-9-10-11)
- Tommy Cogbill (basse 2-4-5-12)
- Junior Lowe (basse 1-6)
- Al Jackson Jr. (batterie 3-7-8-9-10-11)
- Roger Hawkins (batterie 1-2-4-5-6-12)
- Isaac Hayes (piano 3-7-8-9-10-11)
- Dewey 'spooner' Oldham (piano 1-2-4-5-6-12)
- Wayne Jackson (trompette )
- Gene 'bowlegs' Miller (trompette 8-10)
- Floyd Newman (saxophone)
- Andrew Love (saxophone)
- Charlie Chalmers (saxophone 1-2-4-5-6-12)


1. Land Of 1000 Dances.
2. Something You Got.
3. 634-5789.
4. Barefootin'.
5. Mercy, Mercy, Mercy.
6. You're So Fine.
7. In The Midnight Hour.
8. Ninety-nine And A Half (won't Do).
9. Danger Zone.
10. I'm Drifting.
11. It's All Over.
12. She's So Good To Me.



             



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