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VARIETE / BLUES ROCK  |  STUDIO

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- Style : Dick Rivers , Johnny Hallyday , Jacques Dutronc

Eddy MITCHELL - Mr Eddy (1996)
Par BAKER le 25 Mai 2018          Consultée 382 fois

Franchement, on n'y croyait pas. On n'avait déjà pas cru à son prédécesseur. Le succès de Rio Grande a pris tout le monde de court, y compris Eddy Mitchell lui-même. Et ses fans. Dans des conditions pareilles, comment donner une suite digne de ce nom ? Faut-il tenter des nouveautés ? Ou compter sur Pierre Papadiamandis pour délivrer de nouveau des bijoux à la queue-leu-leu ? Et faut-il réellement retourner à Nashville pour retrouver cette authenticité du son Américain ? Ô incertitude. Finalement, le choix du Roi sera le bon. L'album sera enregistré moitié aux USA, moitié à Paris, mais avec un son très homogène. Pourquoi se partager ainsi entre deux mondes ? Pour bénéficier des meilleurs. Outre-Atlantique, notre ami retrouve les fidèles Russ Hicks, Reggie Young et, grande surprise du chef, Charlie McCoy, qui en prime aura de vrais instants de gloire tout au long de la galette.

Et chez nous ? Eddy en profite pour s'associer définitivement à deux musiciens qui jusqu'ici lui tournaient autour. Aux cuivres, le génial Michel Gaucher. Et à la guitare, un monstre sacré, Basile Leroux. C'est le jackpot. Le quatuor Gaucher / Papadiamandis / Moine / Leroux va régner en maître absolu sur la variété française en 1996 (et 97 pour une tournée brillante). Pour profiter au maximum de tous ces talents purs, Papadiamandis va s'orienter vers une écriture un peu plus blues qu'avant, mais pas du blues pur, avec ses 3 accords et ses 12 mesures, plutôt des extrapolations. Par rapport à Rio qui était assez brillant, Mr Eddy est plus sarcastique, un peu plus sombre, plus "edgy" même au niveau sonore. Mais ne vous attendez pas à du DARK FUNERAL hein : les occasions de sourire, voire franchement rire, seront pléthore. Au niveau des paroles, Eddy est à son sommet : ça charcle dans tous les sens, ça donne des petits low-kick dans les tibias l'air de rien, sans jamais provoquer l'adversaire. Pervers narcissiques, bodyguards en ray-ban, losers de métier, cocus, rappeurs, tout le monde en prend pour son grade.

Et comme pour son illustre prédécesseur, Mr Eddy enquille les bons titres les uns après les autres. L'unité de qualité est assez impressionnante, tout comme l'unité stylistique alors même que les chansons ne donnent jamais l'impression de faire doublon. Il y a quelques surprises : "Mr JB" est un hommage à James BROWN, mais un vrai, réussi, grâce au talent d'arrangeur de Michel Gaucher qui s'est visiblement éclaté à recréer le funk gras de l'homme qui vivait en America. Le premier single, un "Portrait de Norman Rockwell", met à l'honneur des arrangements d'une extraordinaire délicatesse, tandis que le second single, qui semble être mieux passé à la postérité, montre à travers l'histoire peu glorieuse des tuniques bleues un Eddy épique, enragé, avec des sonorités très heavy rock dans le refrain. Guitares hurlantes tant en lead qu'en rythmique, batterie clinquante, chanteur qui grogne : on est proche du hard rock. Et vous le savez, c'est un registre dans lequel il excelle. Peu souvent, mais il excelle.

On trouve aussi trois titres de fin différents du reste, plus axés country rock, et là le Eddy de 76/79 revient au galop. L'occasion de laisser Russ Hicks et Charlie McCoy briller, particulièrement sur le titre de fin. Le reste des chansons sera plus dans la mouvance de Rio Grande, avec quelques grands moments ; le meilleur de tous étant "Celle Qui T'a Laissé Tomber", une chanson phare, un vrai petit polar à elle seule, avec une ambiance fabuleuse, un refrain fédérateur et des paroles au millimètre. Et comment ne pas mentionner le riff du refrain de "Ce Qui Ne Va Pas" ? Une guitare archi-saturée qui vous rappellera forcément quelque chose... ce son... ces notes... mais oui, on dirait bien le SLASH de "Sweet Child O'Mine", joué probablement sur une Gibson grosse comme ta mère avec le humbucker grand ouvert et des cordes assez grosses pour tracter un paquebot !

C'est ce genre de petit détail qui rend Mr Eddy indispensable, car à l'efficacité radicale de Rio Grande, qui n'a pratiquement pas été égratignée, se rajoute sur cet album un élément invisible, qu'on appelle la classe, et qui ruisselle ici tant dans les textes que dans chaque instrument (pour une fois qu'une théorie du ruissellement n'est pas une crétinerie finie à l'urine de félin domestique...). Authentique, rock dans son approche mais variété dans sa capacité à rentrer dans la caboche, Mr Eddy est un des meilleurs albums pourtant nombreux de son auteur, et ne donne qu'une envie : que la petite bande réussisse le hat-trick.

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- Eddy Mitchell (chant)
- Basile Leroux (guitare)
- Reggie Young (guitare)
- Will Mcfarlane (guitare)
- Charlie Mccoy (harmonica)
- Russ Hicks (pedal steel)
- Clayton Ivey (claviers)
- Michel Amsellem (claviers)
- Roger Hawkins (batterie)
- David Hood (basse)
- Michael Aleech (basse)
- Michel Gaucher (saxophone, flûte)
- Gene Chrisman (batterie)
- Pierre Papadiamandis (claviers)
- Alex Perdigon (trombone)
- Eric Giausserand (trompette)
- Kako Bessot (tormpette)


1. Un Portrait De Norman Rockwell
2. Les Tuniques Bleues Et Les Indiens
3. C'est Bon D'être Seul
4. Harcelez-moi
5. Mister 'j.b'
6. Garde Du Corps
7. Ça Fait Désordre
8. À Travers Elle, Tu T'aimes
9. Celle Qui T'a Laissé Tomber
10. Ce Qui Ne Va Pas Chez Toi
11. Qu'est-ce Qu'on Allume, Qu'on N'regarde Pas ?
12. Il Chante, Il Gratte
13. Tennessee Mood



             



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