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- Membre : Arena

PENDRAGON - The Masquerade Overture (1996)
Par JESTERS TEAR le 11 Novembre 2018          Consultée 1172 fois

Avec son album précédent, The Window Of Life, PENDRAGON avait montré qu’il méritait une place au premier rang des groupes de néo-progressifs, pondant un superbe opus. The Masquerade Overture, sorti 3 ans plus tard, fait plus que confirmer cette place. En effet, cet album est la plus grande réussite commerciale du groupe (ça reste à l’échelle d’un groupe de prog de cette époque hein, ils ont pas été au NRJ Music Awards non plus) et toujours considéré par beaucoup comme leur meilleure œuvre à ce jour, l’album de référence pour parler de la musique de PENDRAGON, que ce soit pour ses admirateurs ou ses détracteurs (que nous pardonnons, dans notre infinie mansuétude).

La galette s’ouvre sur le morceau éponyme, une introduction de 3 min très symphonique tout aux claviers qui fait intervenir une chorale mixte puissante. On se croirait à l’opéra en train de tailler le bout de gras avec Madame la Comtesse, et c’est surprenant de la part du groupe, mais il faut admettre que l’exercice est tout à fait réussi. Si le reste de l’album ne revient jamais à cette ambiance opératique, il est cependant intégralement baigné dans ce symphonisme, cette emphase, allant souvent jusqu’à la grandiloquence. En effet, les claviers sont plus présents que jamais, Clive Nolan abattant un travail immense, emplissant tout l’espace. Les amateurs de l’homme en seront ravis, ses détracteurs sûrement moins. De plus, les chœurs sont beaucoup plus utilisés que par le passé, des invités y participant d’ailleurs pour la première fois, parmi lesquels on note Tracy Hitchings qui prend part à nombre de projets avec Nolan (l’homme aux mille projets du néo-prog). Ceci renforce encore l’aspect grandiloquent de l’album d’ailleurs annoncé dès la couverture très chargée et fantaisiste.

Les morceaux sont longs, d’une durée typique du néo prog, allant de 7 à 13 min, à l’exception de « The Pursuit Of Excellence » qui apparaît comme un interlude convaincant, les claviers accompagnant seul un chant inspiré et très sentimental de Nick Barrett sur un peu plus de 2 min. Il n’y a que des titres réussis sur la galette, même si certains sont plus mémorables que d’autres. En effet, « As Good As Gold », premier vrai morceau de l’album, n’est pas celui qu’on retiendra le plus, malgré des qualités évidentes et cohérentes avec le son général de la livraison. On y trouve en effet la plupart des ingrédients : introduction calme aux claviers, nombreux changements de rythmes et de thèmes, guitare aérienne et refrain accrocheur. En effet, bien que la structure des titres soit loin d’être un classique couplet / refrain et reste bien ancrée dans la tradition progressive, ils possèdent presque tous un ou plusieurs refrains ou thèmes fédérateurs. La musique en est d'autant plus plus accessible et mémorable, ce qui est, selon les avis, une qualité ou un défaut.

On remarque également une rythmique plus impliquée, la batterie se déchaînant particulièrement sur certains passages du morceau, et la basse se faisant plus audible et plus mélodique tout au long de l’album. Bien que Barret soit toujours le compositeur exclusif du groupe, jamais il n’avait laissé autant de place à chacun, sa guitare, toujours excellente, n’étant plus l’héroïne évidente de la galette comme lors des deux précédentes livraisons, le rôle de la basse et des claviers étant bien plus conséquent qu’auparavant.

Au rang des titres qui marquent le moins, il y a aussi « Guardian Of My Soul », qui bien qu’agréable à l’écoute et n’étant jamais chiant malgré ses 12 min, contient trop peu de passages mémorables pour véritablement rester en tête. Il a ce syndrome étrange du bon (même très bon) morceau qu’on ne retient pas. Seule la dernière minute possède assez de force pour marquer mon esprit, et il faut admettre qu’elle est superbe, mais trop courte.

Ce qui nous laisse 3 classiques. Et ces 3 classiques sont monstrueux. On a d’abord « Paintbox » qui annonce la couleur (oh le jeu de mot subtil) et commence comme souvent claviers voix, mais avec une mélodie sublime, aidée par des choeurs. Puis les passages instrumentaux s’enchaînent, où brille la guitare pleine de feeling, mais aussi la basse, qui n’est jamais autant à l’honneur que sur ce titre, enchaînant phrasé mélodique dans les moments calmes et cavalcade groovy dans les plus énergiques. Les claviers ne sont évidemment pas en reste, donnant un rendu très équilibré et varié à l’ensemble, qui est un plaisir de tous les instants. On retombe finalement sur le chant initial, mais au symphonisme décuplé pour un rendu magnifique. Il reste ensuite une outro calme où la guitare chantonne sur nappes de claviers et cymbales discrètes du batteur.

« The Shadow » est sans doute le meilleur morceau de l’album, et très haut dans ma liste des meilleurs morceaux de PENDRAGON et du néo-progressif en général. Le romantisme est omniprésent, dès l’introduction piano-voix. Le chant de Barret n’a jamais été aussi beau ni le piano de Nolan si éloquent. Mais ce n’est que l’intro, les thèmes s’enchaînent, le morceau est en constante évolution et change toutes les poignées de secondes, et pourtant tout coule avec une fluidité exemplaire. C’est tout simplement sublime. Les passages instrumentaux et chantés s’alternent, tous différents, tous superbes, jusqu’à l’explosion finale, avec un refrain hymnique escorté par les chœurs, un air qui est bien placé dans ma playlist de chantonnage intempestif. Ce titre est absolument parfait.

Enfin, on a le plat de résistance de l’album, le titre final et le plus long avec près de 13 min : « Masters Of Illusion ». Encore une superbe réussite truffée de bons moments. On note en particulier le refrain hymnique de la première partie, que je trouve superbe et plein de lyrisme, mais également le monumental solo, qui rappelle enfin les grandes heures guitaristiques des deux précédents albums.

Au final, The Masquerade Overture mérite-il sa réputation d’œuvre de référence de PENDRAGON ? Et bien oui et non. En effet, s’il s’agit d’une franche réussite regorgeant de qualités, l’omniprésente grandiloquence de l’ensemble le rend également parfois peu subtil, et presque caricatural pour ceux qui n’en sont pas amateurs. Ainsi, il est dommage que le groupe soit jugé par ses détracteurs sur ce seul album, puisque c’est sur celui-ci que cet aspect est le plus poussé. La grandiloquence ne me gênant pas, c’est un album que j’adore, mais je lui préfère souvent, selon mon humeur, son prédécesseur plus spontané et moins chargé, plus frais. En définitive, les deux sont très complémentaires. Il s’agit donc d’un excellent album, qui peut évidemment concourir au titre de meilleur opus du groupe, mais il serait dommage de se cantonner à lui dans une découverte de PENDRAGON, qui bien qu’il ne soit jamais un groupe très original, possède dans ses livraisons précédentes et suivantes bien d’autres qualités, et souvent plus de subtilité et de fraîcheur.

Un bon gros 4 s’impose, qui veut dire 4,5.

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   JESTERS TEAR

 
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- Nick Barrett (chant, guitare)
- Clive Nolan (claviers)
- Peter Gee (basse)
- Fudge Smith (batterie)


1. The Masquarade Overture
2. Good As Gold
3. Paintbox
4. The Pursuit Of Excellence
5. Guardian Of My Soul
6. The Shadow
7. Masters Of Illusion



             



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