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2010 Passion
 

- Style : Marillion, Iq
- Membre : Arena

PENDRAGON - Not Of This World (2001)
Par JESTERS TEAR le 6 Décembre 2018          Consultée 172 fois

Si The Masquarade Overture est considéré comme l’album de référence et l’apogée du groupe pour beaucoup, la carrière de PENDRAGON est loin de s’arrêter là, et tout aussi loin de démériter. Et ce n’est pas son successeur, Not Of This World, qui viendra contredire ce fait. En effet, avec ce nouvel opus, la bande de Nick Barrett parvient à réutiliser la recette de son succès tout en se renouvelant assez pour ne pas pondre un clone, ce qui est toujours décevant et mal accueilli par les fans exigeants.

La première grosse différence de cette nouvelle œuvre, c’est qu’il s’agit d’un album concept. Si du point de vue des paroles, ce n’est pas franchement évident, PENDRAGON n’ayant jamais été un groupe très reconnu pour ses textes, contrairement à un MARILLION ou un GENESIS, cela se ressent très fortement du côté de la musique : on a des reprises de thèmes à foison, des titres en plusieurs parties et une ambiance sonore très cohérente et uniforme. En effet, contrairement aux galettes précédentes des Anglais, ce nouvel opus s’écoute comme un tout et seuls un ou deux morceaux peuvent véritablement en être extraits pour une écoute autonome (nous y reviendrons).

Mais ce tout, est-ce qu’il fonctionne ? Et bien oui ! S’il est évident que le disque s’aborde d’une façon différente des autres de par son uniformité, il faut tout de même reconnaître que PENDRAGON réussit le pari en proposant un album intéressant de bout en bout, ce qui n’est pourtant pas évident dans ce genre d’exercice. Les claviers de Nolan sont plus présents que jamais, un facteur très important, puisqu’ils apportent beaucoup de cette couleur omniprésente et cohérente tout au long de la galette. The Lord Of Keyboards est très efficace, aussi bien quand il se contente de créer des ambiances en nappes ou d’escorter avec ses notes cristallines les passages les plus calmes que quand il prend parfois le lead dans des passages dynamiques, même s’il est loin de voler la vedette à la guitare de Barrett.

Autre élément important de l’album concept : les thèmes qui reviennent régulièrement. Ils sont très réussis, et sont toujours repris avec des arrangements différents pour ne pas sombrer dans une répétition qui pourrait être handicapante. Les mélodies sont belles, tant celles instrumentales que celles au chant, où Nick se fait souvent et judicieusement aider de chœurs qui donnent une belle ampleur à la musique, en parfaite complémentarité avec les claviers.

Not Of This World ne comporte aucun titre faible, tout est d’une excellente qualité, mais il faut aussi dire qu’il n’y a pas autant de moments de grâce que dans les deux albums précédents. C’est sans doute pour cela qu’il marque un peu moins l’esprit, du moins en ce qui me concerne. Quoi qu’il en soit, les tempos sont variés et bien répartis entre les passages calmes et ceux plus enlevés, et la rythmique est efficace sans pour autant briller de mille feux. Les parties instrumentales et chantées sont également bien dosées, s’alternant avec intelligence pour ne frustrer ni ceux qui aiment les longs passages qui laissent s’exprimer les musiciens (en particulier la guitare du frontman) ni ceux que les titres trop instrumentaux rebutent.

Parlons maintenant un peu des deux morceaux qui se détachent assez du reste pour prétendre à une vie autonome (tout en restant très cohérents avec le reste, ils ne détonnent pas non plus au sein de l’album). Il y a tout d’abord le titre d’ouverture « If I Were The Wind », qui s’ouvre sur une atmosphère planante avec bruitage évoquant le vent du titre, couches de claviers et guitare électrique aérienne qui répète un air lancinant. Puis la basse et la batterie rentrent, apportant plus d’intensité avant que Barrett ne se fende d’un petit solo dont il a le secret, avec son feeling renommé. Après un petit passage instrumental plus calme, le chant entre en scène, chargé d’émotion et bien escorté par tous les instruments. A partir de là, les parties s’enchaînent, variées, faisant apparaître ici des chœurs féminins efficaces, ici une sorte d’hymne de marin, là un solo de claviers de Nolan, là encore un passage romantique au piano électrique de toute beauté où Barrett chante avec une belle sensibilité. En clair, un morceau de presque 10 min, typiquement progressif et très réussi.

Et il y a ensuite « A Man Of Nomadic Traits » qui démarre sur une ambiance légèrement orientale, évoquant un désert de sable, avec ses percussions et sa guitare acoustique, avant que les claviers ne rentrent pour un rendu plus classique, et une partie musclée avec un premier « refrain » fédérateur. On retrouve ensuite un passage calme à la guitare acoustique qui fait apparaître des ouhouh (ça a l’air tout naze dit comme ça mais en vrai c’est très stylé) ainsi qu'une voix féminine empreinte de grâce et de sérénité. Puis, ça redécolle avec Nick qui reprend le chant, nouveau refrain, puis nouveau passage aérien avec cette fois une guitare électrique lyrique. Plus tard, la basse et la batterie entament un groove très efficace. Le clavier et la guitare se lancent dans un duel, se renvoyant le lead avec une virtuosité exemplaire. Barrett sort évidemment vainqueur de ce duel amical, la maîtrise de son instrument et son talent inné pour les fulgurances bourrées de feeling lui donnant l’avantage, et il finit d’ailleurs par s’envoler seul pour montrer qui est le chef, dans LE solo d’anthologie de l’album. On finit par le refrain répété plusieurs fois, d’abord avec énergie puis avec délicatesse pour conclure ce long morceau. Encore une bien belle réussite.

C’est donc un bien bel album que ce Not Of This World dont les forces sont la cohérence sans l’ennui, le talent des musiciens, les thèmes réussis et les arrangements soignés. Si sa qualité est omniprésente, les véritables sommets ne sont cependant pas si nombreux, ce qui, allié au fait qu’il s’agisse d’un album concept qui doit s’écouter comme un tout, le désavantage un peu face à ses deux prédécesseurs, sans doute un peu plus accessibles et marquants. Il ne vole pour autant pas son solide 4, d’autant que certains pourront légitimement le considérer plus abouti pour cette même cohérence d’ensemble qui peut gêner les autres.

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   JESTERS TEAR

 
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- Nick Barrett (guitare, chant)
- Clive Nolan (claviers)
- Peter Gee (basse)
- Fudge Smith (batterie)
- Tina Riley (chant, choeurs)


1. If I Were The Wind
2. Dance Of The Seven Veils
3. Part 1: Faithless
4. Part 2: All Over Now
5. Not Of This World
6. Part 1: Not Of This World
7. Part 2: Give It To Me
8. Part 3: Green Eyed Angel
9. A Man Of Nomadic Traits
10. Worlds End
11. Part 1: The Lost Children
12. Part 2: ... And Finally



             



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