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PENDRAGON - The Window Of Life (1993)
Par JESTERS TEAR le 11 Octobre 2018          Consultée 287 fois

C’est en 1993 que PENDRAGON sort un successeur à son The World, paru deux ans plus tôt. Ce dernier représentait déjà un bond en avant pour le groupe qui semblait enfin avoir trouvé sa voie. La question était de savoir si la nouvelle livraison, conçue par un line up inchangé, allait confirmer les espoirs apportés par cette petite réussite ou être le théâtre d’un nouveau désastre à la Kowtow, scellant sans doute définitivement PENDRAGON dans la catégorie des groupes de second plan (voire même de troisième plan pour les plus mesquins, que je ne pourrais réprouver, ayant un faible pour la mesquinerie).

Ben mes mignons, laissez-moi vous dire que ce Window Of Life relègue son pourtant honorable prédécesseur au rang de cobaye, comme les singes dans le monde de la cosmétique (ça n'a rien à voir, je sais, mais c’est honteux bordel). En effet, si la formule appliquée est grosso modo la même que The World, tout y est magnifié. Le son, la composition, le chant, le jeu de chaque musicien, tout est un large cran au-dessus de ce qu’on avait entendu précédemment, pour un résultat qui fait bien plus que confirmer les espoirs.

Alors certes, l’intro de « The Walls Of Babylon » qui ouvre l’album n’est conseillée ni pour accompagner une séance de fitness carabinée ni pour courir au club à Gogo pour aller danser le Jerk (j’ai même pas honte), mais il faut reconnaître qu’elle a de la gueule. On a tout d’abord des nappes d’orgues planantes qui annoncent déjà l’omniprésence des clavier de Nolan dans l’opus, avant qu’une guitare floydienne toujours aussi calme n’égrène sa mélodie avec la délicatesse et le feeling d’un ostéopathe sous endorphine (c’est censé être un compliment, à la base). Cette introduction peut sans doute paraître pour certains longue comme un jour sans gluten, mais elle annonce déjà la beauté de l’album à venir. En plus, elle laisse place à un premier morceau à tiroirs typique du néo-progressif, dont l’album est presque intégralement constitué, qui contient déjà toutes les qualités qu’on pourra attribuer à l’album au cours du reste des morceaux.

D’abord, un chant qui a progressé à la fois techniquement - les possibilités vocales de Nick Barret s’étant multipliées - et mélodiquement, les lignes de chant étant composées pour jouer sur ses atouts et pour délivrer des mélodies à la fois accessibles et superbes. Cette force de composition se retrouve dans la présence bien plus poussée qu’auparavant de chœurs efficaces, notamment (mais pas uniquement) sur des thèmes presque hymniques qui semblent parfois destinés à être repris à l’unisson par une bande de potes au cours d'une belle soirée arrosée.

Ensuite, une fluidité dans la composition et les transitions bien plus poussée que dans The World, avec des changements de rythmes certes souvent convenus mais toujours efficaces, et un meilleur équilibre entre les passages calmes et les moments plus enlevés, le tout soutenu par une base rythmique bien plus active et remarquable que par le passé.

Signalons encore les clav’ de Clive (ça claque dit comme ça) qui prennent enfin toute leur place, et ce avec efficacité, n’en déplaise aux réfractaires. Que ce soit en nappes ou au piano électrique dans des passages romantiques bien présents (l’entrée de « Ghost » en étant un bien bel exemple), the Lord Of Keyboards, comme il est parfois surnommé, gère le pâté comme on dit dans le milieu rural.

Enfin, comment évoquer les qualités de cet album sans mentionner la guitare du sieur Barret, si planante qu’il est facile de se demander si Nick ne s’en est pas tapé quelques-unes, de barrettes (elle était beaucoup trop facile, je DEVAIS la faire). S’il avait déjà montré des qualités, c’est avec cet album qu’il montre qu’il fait vraiment partie des grands, la galette étant parsemée de soli lumineux, au feeling fantastique, qui savent se faire entraînants ou envoûtants selon l’occasion. L’exemple évident à donner est « Breaking The Spell ». S’il s’ouvre sur un passage chanté soutenu aux claviers, très calme et au demeurant très honorable, il laisse rapidement la place à un solo de guitare qui occupe aisément 75% des plus de 9 min du morceau, commençant de façon très posée pour monter doucement en puissance, subtilement aidé par les autres instruments, le tout avec un feeling exceptionnel. Arrivé à son paroxysme, le morceau accueille à nouveau en son sein le thème chanté, à l’efficacité démultiplié grâce à l’énergie amassée par le solo. Un morceau magnifique où la guitare est définitivement reine, qu’on pourrait nommer le Firth of Fifth de PENDRAGON (vous pourrez donner mes excuses aux puristes qui se sont évanouis, quand ils se réveilleront, j’avoue que c’était un coup bas).

C’est cependant la suite « The Last Man On Earth » qui remporte la palme de meilleur titre de l’album en ce qui me concerne. C’est le plus long de l’album, et le plus inspiré. De changements en reprises de thèmes tous plus beaux les uns que les autres (le chant de la première partie est particulièrement émouvant), ce morceau de bravoure nous captive et nous transporte tout au long de ses presque 15 min, et classe définitivement PENDRAGON parmi les groupes de premiers plans du néo-progressif.

Il n’y a par ailleurs rien à jeter dans l’album, que ce soit le superbe « Ghost » dominé par une ambiance romantique mais qui n’oublie pas de se muscler dans certains de ses développements, « Nostradamus (Stargazing) » qui reprend l’idée de l’intro à la guitare planante avant de partir progressivement (logique pour du rock progressif mouahahah) en cavalcade, ou le délicat « Am I Really Losing You ?» qui clôt l’album sur une mélodie lancinante de guitare, tout droit sortie de la fameuse école dite de « la six corde qui chiale sa race », chacun vaut le coup d’oreille. Tous les morceaux montrent la capacité de Barret à composer des mélodies à la fois complexes (relativement, on est loin d’un Van Der Graaf Generator) et immédiatement accessibles, et révèlent son immense talent de guitariste.

The Window Of Life est le premier des vrais grands albums de PENDRAGON et, selon les jours, mon préféré (j’ai une notion étrange de la fidélité, j’en conviens). Si son côté un peu convenu dans le style progressif l’empêche probablement d’être un chef d’œuvre ultime, il n’en mérite pas moins un 4 qui se veut un bon gros 4,5.

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   JESTERS TEAR

 
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- Nick Barett (chant, guitare)
- Clive Nolan (claviers)
- Peter Gee (basse)
- Fudge Smith (batterie)


1. The Walls Of Babylon
2. Ghosts
3. Breaking The Spell
4. The Last Man On Earth
5. Nostradamus (stargazing)
6. Am I Really Losing You?



             



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