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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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2010 Passion
 

- Style : Marillion, Iq
- Membre : Arena

PENDRAGON - Kowtow (1988)
Par JESTERS TEAR le 28 Août 2018          Consultée 305 fois

Le premier album de PENDRAGON, fer de lance du mouvement neo progressif aux côtés de MARILLION, IQ et autres (je pourrais vous citer les autres, hein, je suis culturé, mais on n'a pas le temps, les gars), ayant déjà été chroniqué par un collègue, je me retrouve à attaquer la discographie d’un de mes groupes fétiches par leur album le plus décrié : Kowtow.

Ce deuxième album, sorti 3 ans après un The Jewel prometteur et étant le premier à bénéficier du line up classique avec l’arrivé du fameux Clive Nolan aux claviers, est souvent hué par les foules de progueux, et même de néo-progueux, qui sont pourtant en général moins tatillons que leurs ancêtres (vous vexez pas les gars, c’est juste une question de lignage musical). Pourquoi ? Pour avoir un peu ouvertement cédé aux sirènes de la F.M des 80’s (sirènes qui devaient être sacrément bien gaulées vu le nombre de groupes qu’elles ont fait chavirer), ne laissant que bien peu de morceaux progs sur la galette.

Qu’à cela ne tienne Etienne, me suis-je dit alors que je m’appelle pas du tout Etienne : moi j’ai un bon souvenir de cet album, alors ça m’empêchera pas de lui mettre une bonne note, na ! En plus, moi, le rock F.M, ça me dérange pas, na ! Ils vont voir, na ! Alors j’ai pris mon cachet qui m’empêche de m’exprimer comme un gamin de 4 ans parce que les na ! devenaient envahissants, et j’ai lancé l’écoute de l’album.

Ah bah mes pauvres enfants ! On peut avoir envie de voguer à contre-courant, mais des fois, faut se rendre à l’évidence, et en écoutant le premier morceau, le single « Saved By You », on a beau chercher, il n'y a qu’une conclusion à donner : C’est tout naze ! Une rythmique en carton bien de ce qu’on n'aime pas dans les 80’s, même nous qui aimons les 80’s, des mélodies pas inspirées pour un sou (ni même pour un sourd) et un leader guitariste qui semble avoir oublié qu’il savait jouer des solos inspirés. Rien à sauver sur ce titre. Mais je ne perds pas espoir !

Je devrais peut-être, vous me direz, parce que les morceaux qui suivent sont plus ou moins du même tonneau, du F.M 80’s peu inspiré. On a par-ci par-là des petites qualités hein. L’intro de « The Mask » par exemple, avec claviers nocturnes et petites notes de guitares, présage un mieux mais on attend encore que ça devienne bien quand vient la fin du morceau. Ou sinon le sax sur la ballade « I Walk The Rope » qui délivre quelques jolies lignes. Mais globalement, c’est du ratage dans les grandes lignes (« Time For A Change » porte bien son nom : il est temps que ça change, bordel de nouilles !), avec chant vraiment pas top, batterie carrément dégueulasse, et compositions insipides (ça me fait mal de dire ça de PENDRAGON, mais faut pas chercher midi à 22h42 non plus).

Du coup, on se retrouve à avoir écouté la moitié des titres sans qu’il y en ait un de bien. Pourquoi j’avais un bon souvenir moi ? Me demande-je (vas-y, essaye de le prononcer sans avoir l’air con, je te mets au défi). Et puis le morceau suivant, « 2 AM », démarre. Nappes de claviers, un saxo larmoyant (le saxophone est décidément l’un des rares avantages de la prod 80’s), ça sent pas trop mauvais, mais on reste méfiant, on s’est déjà fait avoir sur les intros, merde. Le chant entre, c’est à la fois calme et dramatique, très juste dans l’ambiance. Ça commence à s’énerver un peu au niveau du chant, mais l’ambiance reste nocturne, oppressante. Il Y a quelques petites maladresses au chant en cours de route (Nick Barrett ne sera jamais un chanteur de la trempe d’un Fish malgré toute l’affection que j’ai pour lui) , mais quand ça décolle, ça touche. Ce morceau m’émeut et m’enthousiasme. Pas une once de progressif dedans, mais diable, c’est… bon. Enfin ! Un morceau bon ! Il explique sûrement mon agréable souvenir des titres F.M de l’album, car les titres mauvais sont vite oubliables, mais le bon me reste en tête.

Alors, ça fait une chanson réussie, mais toujours pas le moindre petit bout de progressif à l’horizon. Le prochain titre, « Total Recall » (une pensée pour notre Shwarzy pas national) fait 7 min, on tient peut-être quelque chose ! Une ballade tiens, avec du piano (au son dégueu mais quand même, enfin autre chose que des nappes). Les deux premières minutes sont pas mal ! Mais hop, la batterie entre, et comme d’hab, ça tue un peu le titre. En plus ça change d’ambiance, le chant est assez mauvais (ya même un chœur derrière à un moment qui me donne envie de tuer une mamie avec sa propre canne, et je suis pas un mec nerveux). Et là, on part sur le premier solo de guitare de l’album ! Bon il est pas ouf, et quand il est fini, on rattaque sur la section dégueu du morceau, mais quand même, un solo de guitare, miracle. Ensuite, l’ambiance plus éthérée de l’ouverture revient, avec un chant plus calme et plus inspiré, pour une partie mélodique plus efficace que le reste (c’est sans doute parce que la batterie se fait discrète). La fin est sympa mais le morceau n’est pas vraiment une réussite (PENDRAGON prouvera sur le DVD Concerto Maximo en 2008 que c’est le son qui le gâche, puisqu’ils en font une interprétation agréable à ce moment-là).

Derrière, on a enfin un morceau vraiment prog : « The Haunting ». Long de 10 minutes, il renoue avec ce qu’on aimait dans The Jewel, avec peut-être une ambiance plus sombre. La structure se complexifie, la dimension dramatique jaillit, la guitare se fait enfin inspirée, on entend même la basse à des moments, c’est fou. Alors en vrai c’est sans doute pas du génie, mais après ce qu’on a vécu depuis le début de l’album, ça fait du bien, et on fait un bon en avant. On trouve même des passages instrumentaux assez épiques vers le milieu. La sauce retombe comme un vieux soufflé (mes notions culinaires sont assez floues) avec « Solid Heart », chanson F.M assez infâme dans la lignée de Saved By You, et ça fait un peu choc thermique. Je suis sûr qu’il y a déjà eu des morts. Vite, sautons au morceau final et éponyme. Un autre morceau prog. Encore une fois, c’est pas du génie, mais comparé au reste ça fait du bien, c’est inspiré, avec de bonnes idées (quelques mauvaises aussi, faut pas se leurrer), et une deuxième partie particulièrement enthousiasmante.

A l’heure du bilan, on se demande si PENDRAGON n’est pas sur le point de déposer le sien. Je n’ai rien contre le rock F.M quand il est bien fait, mais ce n’est ici pas le cas, et il domine plus de la moitié de l’album, ce qui fait que non seulement Kowtow n’est pas un bon album, mais en plus on peut même dire que c’en est un mauvais. Même ses morceaux progs ne sont vraiment attrayants que si on a subi le reste (ce que je n’ose pas vraiment souhaiter à des gens qui n’auraient pas tué un membre de ma famille), car ils sont plombés par le son totalement immonde qui règne sur cette livraison, et s’ils s’apprécient sur le moment, on ne les retient pas. Il reste « 2 AM », que je trouve superbe, et c’est ce qui met une fin à mon hésitation entre la note de 1 ou de 2.

Fort heureusement, l’équipe redressera la barre dès leur album suivant, Kowtow n’étant donc qu’un mauvais moment à passer dans la discographie du papa d’Arthur.

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   JESTERS TEAR

 
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- Nick Barret (chant, guitare)
- Clive Nolan (claviers)
- Peter Gee (basse)
- Fudge Smith (batterie)


1. Saved By You
2. The Mask
3. Time For A Change
4. I Walk The Rope
5. 2 Am
6. Total Recall
7. The Haunting
8. Solid Heart
9. Kowtow



             



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