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PENDRAGON - The World (1991)
Par JESTERS TEAR le 19 Septembre 2018          Consultée 173 fois

3 ans après l’assez regrettable Kowtow, PENDRAGON nous livre en 1991 son successeur. Et laissez-moi vous dire qu’il y a un monde entre ces deux albums (un monde, The World, t’as compris ? Ben rigole !). Exit le son ignoble, la batterie en carton et les titres F.M. C’est bizarre de regarder le line-up et de voir qu’il est inchangé, de savoir que c’est exactement les même musiciens qui jouaient sur Kowtow que sur celui-là, tant la différence est flagrante.

En effet, dès le premier titre, on sent un bouleversement majeur dans la musique de PENDRAGON. Certes, on peut qualifier cela d’un retour à leur son de The Jewel, l'album originel, puisqu’on retrouve le néo-progressif, mais le style s’est affiné, débarrassé de ses côtés commerciaux déjà présents dans le premier opus. « Back In The Spotlight » (y’avait encore une blague à faire mais je vous ai épargnés) présente une musique plus étirée, plus planante. On démarre sur des nappes de claviers aériens (c’est Clive Nolan, on le reconnaît cette fois, pas comme sur Kowtow) avant que s’ajoute des cocottes de guitare électrique, puis la basse et la batterie. Il faut presque 2 min au chant pour débarquer, c’est pour vous dire si on a tiré la chasse sur la recherche du single, et même une deuxième fois pour être sûr. Si ce premier titre est celui que j’aime le moins, il montre cependant clairement un changement radical et pour le mieux. La plupart des ingrédients qui feront le succès des titres suivants sont là : l’apparition de chœurs pertinents (qui n’étaient pas du tout présents dans l'album précédent), un chant moins maladroit, une alternance de moments calmes (ils sont assez majoritaires) et plus rock, une guitare électrique pleine de feeling (mais y’a pas encore de vrai solo. Je veux mon solo, comme disait Chewbacca avec son accent bien à lui) et des claviers omniprésents. Les éléments sont là, mais la composition et les mélodies ne sont pas vraiment convaincantes à mon sens.

Il faut attendre les épiques (épiques et colégram) pour cela ! « The Voyager », premier épique de plus de 12 min, morceau le plus long de Pendragon jusqu’à présent, met enfin tout le potentiel à profit. Encore une fois une longue intro, avec l’apparition d’une guitare acoustique sur fond de claviers planants, avant qu’une guitare électrique aérienne ne la rejoigne, suivie par le chant. Cette fois ça y est, les lignes vocales sont inspirées. Nick Barrett ne sera jamais un immense chanteur à la Fish, mais il a enfin appris à utiliser son organe, au timbre sympathique au demeurant, judicieusement. Ça sonne juste, et c’est si bien composé que le chant devient enfin un atout dans la musique de Pendragon, d’autant que des chœurs viennent s’ajouter à des moments stratégiques. L’ensemble est plutôt calme, mais n’oublie pas de varier ses ambiances (on entend de l’harmonica, et j’ai jamais pu savoir si c’était du vrai ou fait au clavier, mais je penche pour la deuxième option). Le morceau est très réussi, et en plus à la fin, on a droit à un solo d’anthologie du Sieur Barrett (le genre qui fait de lui un de mes guitaristes préférés), épique et plein de feeling.

On a aussi une longue suite: « Queen Of Hearts ». 21 min au compteur. Je sens les progueux qui frétillent, mais je les calme tout de suite (on m’appelle Prozac dans le milieu). En vrai, c’est divisé en trois titres qui s’enchaînent certes, qui sont tous les trois réussis certes, mais qui n’ont en fait rien à voir les uns avec les autres, pas de reprises de thèmes ni rien. Alors bon, ça pourrait juste être 3 morceaux avec la longueur habituelle (dans du néo-prog, j’entends hein, on n'est toujours pas là pour passer sur les ondes). La première partie, « Queen Of Hearts », est ma préférée, le chant dramatique est prenant, plus mémorable que sur les deux autres.

« A Man Could Die Out There… », la deuxième partie, a une intro presque western, la guitare et l’harmonica suggérant cet effet, avant qu’un tempo énergique (peut-être bien le plus énergique de l’album) n’entre en scène de façon très plaisante. Le chant arrive au milieu du morceau, et sans être mauvais, il est moins inspiré qu'ailleurs dans l’album. Quand le titre arrive à son climax, Nolan se fend d’un solo de clavier (le seul de l’album) efficace, avant que Barrett ne reprenne les rennes au chant avec une énergie sur-développée qui fait plaisir à entendre. The Last Watz, dernière partie revient à une ambiance plus aérienne, avec un refrain doté de choeurs en forme d’hymne très réussi. Au final, cette suite est une réussite (une réussuite du coup ! Allez aujourd’hui c’est ma tournée), mais ce serait pas une suite que ce serait pareil, et on sent un peu le fameux coup du « Nous aussi on peut faire des morceaux de 20 minutes » symptomatique des groupes de prog. Et ça, moi, ça m’agace.

On a aussi deux titres plus courts, « Shane » et « Prayer ». Shane possède une intro planante et limite inquiétante qui dure presque la moitié du morceau, avant qu’un chant magnifique et toujours aussi aérien ne fasse son entrée. La guitare et les claviers développent une ambiance superbe, et on a droit à un superbe solo (« Jackie, fais péter la réverb » semble avoir été l’ordre de Nick avant de se lancer). Le plus court mais un des meilleurs moments de l’album. Prayer démarre sur du piano, puis un chant plus posé que d’habitude mais toujours juste de Barrett se place. Comme toujours, on alterne le calme avec le plus enlevé, et je trouve les mélodies vocales particulièrement marquantes sur ce titre, je les ai souvent en tête. Ah et y’a un beau solo de guigui (ça devient une habitude, je suis content).

On termine l’album par un morceau calme, « And We’ll Go Hunting Dear ». Oui je sais, c’était pas du JUDAS PRIEST jusque là, mais là vraiment, c’est très, très calme. C’est pas mauvais en soi, mais ça sonne un peu comme si c’était le générique de l’album, et personne ne fait vraiment attention au générique, c’est le moment où on se casse de la salle en se disant que la prochaine fois on osera poser sa main sur celle de l’autre pendant le film, parce que ça va bien maintenant, au prix de la place de ciné il faut au moins chopper derrière, merde!

En définitive, ce The World est un immense pas en avant pour PENDRAGON qui trouve enfin son style, entre claviers omniprésents et guitare planante pleine de feeling, composition à la fois progressive et immédiatement accessible (ce qui sera souvent reproché au groupe par les puristes), le tout basé essentiellement sur l’émotion. Cependant, on n’est pas encore dans les grands albums du groupe, qui démarrent avec le disque suivant. Il manque un peu d’énergie, un peu de flamboyance à cet opus pour atteindre l’excellence. Il n’en demeure pas moins un album très agréable.

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   JESTERS TEAR

 
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- Nick Barret (guitare, chant)
- Clive Nolan (claviers)
- Peter Gee (basse)
- Fudge Smith (batterie)


1. Back In The Spotlight
2. The Voyager
3. Shane
4. Prayer
5. Queen Of Hearts
- A)queen Of Hearts
- B) ... A Man Coud Die Out Here...
- C) The Last Waltz
6. And We'll Go Hunting Dear



             



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