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1995 Songs From The Lions ...
2000 Immortal?
2003 Contagion
2018 Double Vision
 

- Style : Pallas, Iq
- Membre : Marillion, Pendragon, Frost*, It Bites

ARENA - Contagion (2003)
Par BAKER le 22 Novembre 2018          Consultée 511 fois

Pris en sandwich entre un Immortal ? bien défendu sur scène et un Pepper's Ghost remarqué par la presse heavy, Contagion semble inlassablement être un album sous-estimé, ou méconnu, dans la discographie d'ARENA. La faute, peut-être, à sa genèse semi-avortée qui est depuis sa sortie un fait avéré ? Au système de concept qui doit du coup passer derrière l'adulé The Visitor ? Toujours est-il que Contagion est un album charnière, essentiel pour nos Anglais. D'abord car il va servir de canevas, de trame d'essai au claviériste Clive Nolan pour peaufiner ce qui deviendra sa troisième carrière : compositeur de comédies musicales, et non pas d'albums concepts. Si Contagion est un concept, ne serait-ce que par l'unicité de son chanteur, le traitement des instrumentaux et des émotions laisse entrouverte la porte que Nolan poussera définitivement avec CAAMORA.

Mais surtout ARENA affirme ici sa nouvelle identité, bien plus heavy qu'avant. Visitor et Immortal se voulaient plus sombres, plus modernes et métallisés que Songs et Pride, mais Contagion fait définitivement basculer le groupe dans la catégorie hard rock. La guitare de John Mitchell, qui brille tout du long, est acérée et fonctionne souvent en duo avec des synthétiseurs gras, sinistres : la chanson d'introduction ne laisse d'ailleurs aucun survivant avec son riff hyper-simple, son refrain évident, sa production lourde et sa rythmique qui se sert de la pachydermie de la batterie comme d'un bélier. Mais ARENA conserve quelques éléments bien particuliers et si le style est beaucoup plus sombre et violent qu'auparavant, à aucun moment on ne peut les classifier en metal progressif, ou metal mélodique : ils sonnent hard, heavy, mais pas metal.

A ce titre il est intéressant de voir que Rob Sowden, qui livre une prestation impeccable bien que semblant en demi-teintes aux premières écoutes distraites, ne force presque jamais sa voix. Au contraire, il use et abuse de sa voix de tête. Cela confère à son personnage un côté angélique... diaboliquement ambigü ! Et cela met mieux en valeur les très rares fois où il hausse le ton, d'autant que son interprétation la plus vaillante et agressive se fait sur... l'unique chanson acoustique ! C'est cette frontière des genres, savamment distordue, qui rend cet album intéressant, très homogène mais ni trop long ni ennuyeux.

Le groupe sait naviguer entre instrumentaux, segues narratifs (rares), chansons lourdes et choses plus posées. Le côté heavy étant assumé, les gros riffs sont de sortie sur "Painted Man" (une valse macabre à la frontière du kitsch mais entraînante), "Skin Game" ou l'instrumental "This Way Madness Lies", où Mitchell abat un boulot fantastique et laisse transparaître une réelle folie. Le côté plus recueilli est également de la partie avec "Never Ending" un peu sinistre, ou "Mea Culpa" franchement glauque, morbide, qui laisse planer une réelle ambiance de fin du monde. Qu'on comprenne l'histoire ou pas (mais le titre est suffisamment explicite), on a l'impression de se retrouver happé dans "Le Fléau" de Stephen King -tiens ! un livre qui a été amputé d'un tiers à sa première sortie !

L'équilibre entre violence et regrets est parfois malmené, que ce soit par les sons de synthés un peu limites (sur la fin de deuxième acte "Riding the Tide", où Nolan nous sort un solo avec le même son que dans "Solomon"), ou par une tendance à la surenchère qui fait de la trilogie Salamander / Box / Tsunami un ventre mou. Mais c'est lorsque le groupe se lâche et consent à libérer son expressivité que tout fonctionne le mieux. Quel plaisir donc de découvrir le ténébreux "Spectre at the Feast" avec son fantastique riff aux accents inébranlables, le curieux mais original "Cutting the Cards", sorte de chanson à boire qui rencontrerait le Raoul de TEARS FOR FEARS (l'album complet)...

Et puis surtout cette fin, "Ascension", sans aucun doute l'une des chansons les plus simples d'ARENA, mais d'une grande puissance émotionnelle. En refusant un solo de guitare, ARENA replace le chanteur, et donc le personnage, au centre de l'histoire, une histoire qui ne finit donc pas dans la gaudriole, avec notre beau chanteur qui pour l'ultime note privilégie la voix de tête céleste encore une fois. Non seulement c'est un final satisfaisant et grandiloquent tout en restant à échelle humaine, mais c'est une jolie démonstration d'écriture. Le disque finit comme il a commencé : peu d'accords, aucune technique particulière, juste une histoire à raconter. Rock progressif ? Hum, si on disait juste rock avec quelques claviers, ça irait ?

Contagion est donc un bon album, voire très bon si on aime le côté puissant d'ARENA, auquel il manque juste une dimension tragique et épique supplémentaire, le disque étant finalement assez ramassé. Mais ce très léger sentiment de manque d'un ingrédient sera exacerbé lorsque, quelques semaines après sa sortie, viendront s'ajouter deux EP (assez bien fournis d'ailleurs) qui, une fois remis dans l'ordre façon gloubiboulga, formeront "le vrai Contagion", un solide double album concept de deux heures. Le disque y gagnera-t-il ? L'histoire ? Le groupe ? La... hum, maison de disques ? Tant de questions qui trouveront leur réponse dans la chronique de "Contagion Max" car dix ans plus tard, ARENA donnera une seconde chance à cet album trop souvent boudé.

Note finale : 3,5/5.

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   BAKER

 
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- Rob Sowden (chant)
- Clive Nolan (claviers, prog, choeurs)
- John Mitchell (guitare, choeurs)
- Mick Pointer (batterie)
- Ian Salmon (basse)


1. Witch Hunt
2. An Angel Falls
3. Painted Man
4. This Way Madness Lies
5. Spectre At The Feast
6. Never Ending Night
7. Skin Game
8. Salamander
9. On The Box
10. Tsunami
11. Bitter Havest
12. The City Of Lanterns
13. Riding The Tide
14. Mea Culpa
15. Cutting The Cards
16. Ascension



             



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