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SAVOY BROWN - Blue Matter (1969)
Par LE KINGBEE le 24 Janvier 2019          Consultée 275 fois

En 1969 SAVOY BROWN compte deux albums à son actif et se produit sur scène six soirs par semaine. Malgré des changements de line-up, marque de fabrique du groupe de Kim Simmonds, la formation toujours sous la houlette de Mike Vernon est sur la brèche.
La formation joue ainsi six soirs par semaine et doit retourner en studio le jour. Il leur faudra 36 heures de sessions pour finaliser trois titres, « She’s Got A Ring In His Nose And A Ring On Her Hand » et « Don’t Turn Me From Your Door » proviennent d’une séance postérieure gravée le 22 janvier. Simmonds et Vernon décident de compléter les cinq titres studios qu’ils ont sous la main avec trois titres Live captés en décembre 68 au Leicester College of Education, Lonesome Peverett remplaçant au micro Chris Youlden indisponible ce jour-là. Effectivement, le groupe doit assurer une tournée de dix semaines aux Etats Unis deux jours plus tard et le disque doit absolument être prêt avant leur départ. Et oui on ne rigole pas avec les sous, d’autant plus que les Anglais espèrent que les Américains publieront dans l’année le disque comme le veulent les échanges anglo-américains de l’époque.

On notera que pour une fois, il n’y a pas de différence de titres entre les publications britanniques et américaines, seule la pochette de Dave Anstey change quelque peu, Parrot Records proposant un visuel grossi comme s’il était zoomé. Si l’illustration d’Anstey renvoie nettement vers la mode des pochettes surfant sur le morbide et une fiction où les éléments naturels semblent sortir d’outre tombe pour se venger de l’homme, cela ne renseigne guère sur le contenu et permet d’entretenir le flou. Mais ce premier visuel de Dave Anstey allait marquer le fruit d’une longue collaboration avec le groupe.

Divisons cette chronique en deux parties distinctes avec pour débuter les cinq titres studio. Dont quatre sont coécrits par le chanteur Chris Youlden. En ouverture, « Train To Nowhere » se dévoile comme un shuffle de Blues tendance Psyché avec, chose rare chez Simmonds, la présence d’une section cuivre à la sonorité peu claire et peu profonde. « Tolling Bells » vaut essentiellement par la dualité entre le piano et la guitare, le chant de Youlden surfant tour à tour entre chat écorché et voix d’outre tombe. C’est sous la forme d’un duo voix/piano que nous est offert « Vicksburg Blues », très fortement inspiré par l’homonyme de Little Brother Mongomery et le « 44 Blues » de Roosevelt Sykes, Youlden se contentant juste de changé les paroles. « She’s Got A Ring In Is Nose And A Ring On Her Hand » vient booster le tempo par l’entremise d’un Blues Rock brouillon qui ne restera pas dans les anales. Dernier titre et seule reprise studio avec « Don’t Turn Me From Your Door », un boogie inusité de John Lee HOOKER, mais là où le guitariste faisait mouche avec un boogie bien rustre dans la lignée des mémorables « Shake It Baby » ou « Bottle Up & Go », Kim Simmonds fait preuve d’un salmigondis effroyable via un phrasé nettement trop prononcé. A-t-il voulu montrer à Lonesome Dave, le guitariste rythmique, qui était le patron ? Toujours est-il que le morceau méritait mieux surtout que Youlden ne parvient jamais à produire la rudesse machiste mais efficace d’Hooker.

Parmi les titres Live issus du concert à la Fac de Leicester, « May Be Wrong », une composition de Dave Peverett, est toujours d’actualité. Le morceau monte crescendo, Lonesome Dave s’accapare sa chanson pendant plus de deux minutes, prouvant ainsi à Simmonds qu’il pouvait lui aussi officier en leader, comme il le démontrera bientôt au sein de FOGHAT. A signaler le gros travail de Roger Earl à la basse.
« Louisiana Blues » prouve que le temps désagrège certains morceaux, comme les gouttes de pluies érodant un monument. Beaucoup resteront attachés à la version originale de Muddy Waters pourtant enregistrée en octobre 50. Si l’interprétation de Simmonds et de ses partenaires pouvait combler un jeune public en décembre 68, autant dire que cette version ne fait plus recette aujourd’hui. Détail amusant, lors de la tournée américaine de 69, le groupe se produisit à New York et fut fraîchement accueilli par le public américain. Devant une assistance apathique, il faudra que Kim Simmonds décide de reprendre « Louisiana Blues » pour que le public se déride enfin. Les autochtones ont très souvent une préférence marquée pour ce qui vient de chez eux. Le disque s’achève sur une bonne note avec « It Hurts Me Too », un excellent slow blues de presque sept minutes qui se boit comme du petit lait. Il s’agit bien sûr ici du morceau de Tampa Red et non de Mel London comme l’accrédite par erreur Decca.

Ce disque aurait en son temps mérité un bon 3, mais hélas le temps a fait son œuvre et un bon tiers du disque paraît aujourd’hui dépassé. Les amateurs de son fin sixties se régaleront probablement avec une certaine nostalgie, néanmoins on ne peut douter de la sincérité d’un tel disque. Note réelle 2,5.

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   LE KINGBEE

 
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- Kim Simmonds (guitare, piano 2)
- Dave Peverett (guitare 1-2-3-5-6-7-8, chant 6-7-8)
- Chris Youlden (chant 1-2-3-4-5)
- Rivers Jobe (basse 1-2)
- Tone Stevens (basse 3-5-6-7-8)
- Roger Earl (batterie 1-2-3-5-6-7-8)
- Bob Hall (piano 1-2-4-5-6-7-8)
- Mike Vernon (percussions)
- Brian Perrin (saxophone 1)
- Derek Wadsworth (saxophone 1)
- Keith Martin (saxophone 1)
- Terry Flannery (trombone 1)
- Alan Moore (trombone 1)


1. Train To Nowhere
2. Tolling Bells
3. She's Got A Ring In His Nose And A Ring On Her Han
4. Vicksburg Blues
5. Don't Turn Me From Your Door
6. May Be Wrong
7. Louisiana Blues
8. It Hurts Me Too



             



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