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The CARS - The Cars (1978)
Par LE KINGBEE le 23 Février 2019          Consultée 668 fois

En 1976, The CARS émergent de la scène underground de Boston. Le moteur de ce petit bolide aura pris son temps à vrombir. Durant les sixties, le chanteur guitariste Ric Ocasek fait la rencontre du bassiste guitariste Benjamin Orr à Cleveland. Leur route va se croiser à maintes reprises, les deux musiciens jouant parfois ensemble dans divers petits groupes. Installés à Boston au début des seventies, les deux hommes s’adjoignent les services du guitariste Jas Goodkind et fondent The Milkwood, enregistrant au passage un disque pour la Paramount.

En 1974, on les retrouve avec Greg Hawkes, un saxophoniste organiste ayant participé au premier disque, la formation prenant le nom de Richard & The Rabbits. Hawkes décroche un contrat dans une comédie musicale et laisse en plan ses deux partenaires qui vont alors se produire en duo. Le duo devient trio avec l’arrivée du chanteur guitariste Elliot Easton et joue sous le nom de Cap’N Swing. Après avoir connu de multiples échecs auprès de plusieurs maisons de disques, Ric Ocasek opère quelques réajustements avec l’arrivée du batteur David Robinson (ex DMZ et Modern Lovers) et le retour de Greg Hawkes. Si Robinson aime bien ses baguettes, c’est aussi un fondu de voiture comme la plupart de ses équipiers, c’est lui qui suggère le nom de The Cars aux quatre autres.

Les CARS donnent leur premier concert le 31 décembre dans le New Hampshire sur une base de l’armée de l’air, un comble pour un groupe qui s’est affublé d’un nom plus qu’orienté sur les bagnoles. Le groupe passe 1977 à répéter, se produisant principalement en Nouvelle Angleterre tout en mettant en boite un bon paquet de démos. Deux grosses stations de radio de Boston passent à l’antenne "Just What I Needed" qui connait alors un fort succès auprès des auditeurs et qui leur vaut surtout d’être repéré et embauché par Elektra. Le label voit les choses en grand et décide de placer la formation sous la houlette du producteur Roy Thomas Baker, nouvellement établi à New York. Baker, un ancien de chez Decca et du studio Trident, a connu un succès foudroyant en Angleterre avec FREE, Nazareth, QUEEN pour ne citer que les plus connus. Il a vu les CARS lors d’un concert dans un gymnase et a de suite été emballé, il produira leurs quatre premiers disque comme le stipule son contrat avec Elektra, label qui lui offrira bientôt le poste de vice-président.

Enregistré en février à New York au RTB Audio-visual, un studio inoxydable où The SMASHING PUMPKINS, SIMPLY RED ou METALLICA viendront traîner leurs guêtres, ce premier disque bénéficie d’une excellente promotion avec trois singles proposant pas moins de six titres. Encouragé par Baker qui a le don de transformer l’eau en vin, Ric Ocasek ne vient pas les mains vides mais avec huit compos dont certaines ont été rodées par le groupe sous différentes mouture. Seul «"Moving In Stereo" échappe totalement à sa plume, la chanson étant coécrite par Greg Hawkes.
Le disque apparaît dans les bacs des disquaires en juin et gravit rapidement les échelons en atteignant la 18ème place du Billboard. Ce premier coup d’épée s’avère couronné de succès. La pochette ne paye pas de mine, on y voit une demoiselle souriant aux anges tenant un volant de bagnole de la main gauche, tandis qu’elle semble s’éponger le front de l’autre main. A voir le rouge à lèvre dont s’est tartiné la demoiselle, on se dit que les Cars n’aiment pas que les bagnoles. La pochette dorsale nous montre cinq guignols debout autour d’un poteau ou d’un arbre (peu importe) de nuit. On notera juste que Ric Ocasek se tient légèrement à l’écart, Greg Hawkes, seul moustachu du band et Benjamin Orr tenant la place centrale et le poteau sous un ciel noir qui semble se déchaîner.

Alors que la New Wave allait déferler telle une vague dès la seconde partie des seventies, comme le Rockabilly deux décennies plus tôt, le quintet lançait un premier pavé dans la marre. Mais les Cars vont se démarquer des grands groupes américains de New Wave (TALKING HEADS, B-52’s, BLONDIE ou DEVO) en conjuguant une New Wave américaine à un Rock FM dans lequel les synthés se taillent la grosse part du gâteau. A partir de là, peut-on dire que ce groupe au nom plus que quelconque diffuse une sonorité propre et bien à lui ? En partie oui tout au moins sur ce premier jet. Si les textes surfent souvent sur le second degré, la qualité d’écriture d’Ocasek demeure plus profonde et ambiguë qu’il n’y parait à la première écoute. Au gré des plages, la tristesse et le pessimisme se mélangent à la légèreté et à l’humour. Le titre d’ouverture en est le plus bel exemple "Good Times Roll" avec son intro de guitare aussi répétitive que sombre n’a aucun lien avec le titre de Louis Jordan ou celui du duo Shirley & Lee, l’un des hymnes de la Nouvelle Orleans. "My Best Friend’s Girl", face A du second single, pourrait à lui seul résumer le répertoire du band : d’un riff de guitare simple mais entêtant on passe à une mélodie accrocheuse et à un arrangement étudié pour que les différents instruments entrent en symbiose, gonflés par les claviers et des chœurs qui reprennent le refrain.

"Just What I Needed" voit l’apparition de Benjamin Orr au micro en lieu et place d’Ocasek pour un titre sonnant résolument New Wave. Idem pour "I’m In Touch With Your World" bien que rempli d’effets sonores parfois bourratifs. Le groupe a la particularité de faire jaillir une tonalité Pop qui parvient miraculeusement à se combiner au son New Wave des synthés, "Don’t Cha Stop" avec un Robinson en fusion en est le parfait exemple. Si la batterie diffuse une cadence tribale sur "You’re All I’ve Got Tonight" c’est sa tonalité synthétique et métallique qui marque les esprits pour un morceau pouvant évoquer MAGAZINE, le groupe anglais d’Howard Devoto. Un titre qui aurait mérité d’être raccourci d’une minute. Bien que ne figurant sur aucun des trois singles, "Bye Bye Love" met en exergue les talents de chanteur de Benjamin Orr, guitariste de formation passé à la basse pour rendre service, alors qu’Easton nous offre de bons passages de gratte. Un titre avec moins d’esbroufe, moins populaire mais peut être plus intéressant dans sa construction.
Seul morceau échappant à la totale créativité de Ric Ocasek, "Moving In Stereo" est aussi le morceau le plus long du disque et aussi le plus sombre. La mélodie et les séquences d’instruments rappellent certaines facettes propres à Gary NUMAN. En guise de conclusion, "All Mixed Up" propose un patchwork étrange dans lequel le saxophone se transformerait presque en cor de chasse ou clairon de retraite, alors que la guitare diffuse des zestes de Country Folk englués dans une rythmique solide et des claviers qui semblent tournoyer autour des différents instruments de manière à mieux les ensorceler.

S’il n’a pas atteint le Top Ten des classements d’albums, ce premier disque éponyme se vendra tout de même à un million d’exemplaires rien que pour les années 78/79. Pas mal pour un groupe dont personne ne voulait voir figurer à son catalogue. L’alchimie entre Ocasek et ces fans de bagnoles et le producteur Roy Thomas Baker semble fusionner jusqu'à l’ébullition. On pourra juste reprocher sur certaines séquences un surcroît de production et d’effets sonores typiques de la fin des seventies et annonciateurs d’une production eighties souvent froide et insipide, mais c’est là un autre débat. Un disque qui s’écoute toujours agréablement quarante ans après sa sortie et qui aurait en son temps mérité un bon 4. Reste à savoir où le ranger, les frontières entre New Wave et Pop US sont parfois minces.

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   LE KINGBEE

 
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- Ric Ocasek (chant, guitare)
- Benjamin Orr (basse, chant)
- Elliot Easton (guitare, chœurs)
- David Robinson (batterie, percussions, syndrums)
- Greg Hawkes (claviers, saxophone, chœurs)


1. Good Times Roll
2. My Best Friend's Girl
3. Just What I Needed
4. I'm In Touch With Your World
5. Don't Cha Stop
6. You're All I've Got Tonight
7. Bye Bye Love
8. Moving In Stereo
9. All Mixed Up



             



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