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- Membre : The Modern Lovers

The CARS - Heartbeat City (1984)
Par LE KINGBEE le 30 Avril 2019          Consultée 1915 fois

Attention, voici le cinquième album studio des CARS, disque considéré par de nombreux chroniqueurs comme le chef-d’œuvre du groupe, c’est en tout cas celui qui se vendra le plus. En 1984, à l’heure ou M.T.V. règne sans partage, « Heartbeat City » se transforme en un véritable carton.
La pochette encore une fois dessinée par le batteur David Robinson n’annonce pas de grands bouleversements. On y retrouve encore une puissante bagnole, diverses pièces automobiles qui voltigent au passage du bolide et bien sûr une demoiselle à la posture étrange, mi-gymnaste mi-mannequin de vitrine, genre art-pop.

Le titre à la consonance bien urbaine cache le changement de cap entrepris par Ric Ocasek et ses équipiers. Les CARS ont décidé de franchir l’Atlantique pour enregistrer au Battery Studios de Londres. Le lieu est bien connu, ce n’est ni plus ni moins que l’ancien Morgan Studio, là où défilèrent durant les années 60/70 BLIND FAITH, FREE, LED ZEP, JETHRO TULL ou YES.

Autre renouvellement, et pas des moindres, le groupe confie la production à John « Mutt » Lange. D’origine zambienne mais ayant passé son enfance en Afrique du Sud, le producteur connaît une période faste ; en l’espace de cinq ans, il a produit « Back In Black » et « Highway To Hell » d’AC/DC, « Pyromania » de DEF LEPPARD, le « 4 » de FOREIGNER et a collaboré avec des artistes aussi divers que Huey LEWIS ou XTC. En clair, au milieu des eighties, le futur ex-mari de Shania TWAIN est un homme sur qui il faut compter.
Si « Mutt » Lange s’interfère parfois dans le répertoire des groupes qu’il produit, n’hésitant pas à composer, les dix titres échappent totalement à sa plume, comme souvent Ric Ocasek le principal pourvoyeur, seul « It’s Not The Night » est coécrit avec Greg Hawkes. Au niveau de la sonorité, l’album aurait très bien pu être enregistré à Boston ou New York, sans qu’il y ait grand-chose à redire. Alors qu’apporte réellement Lange à ce disque, si ce n’est un engouement commercial et des ventes exceptionnelles ? Le disque grimpant sur la 3ème marche des albums de l’année. D’après plusieurs interviews postérieures, Ocasek et Elliot Easton déclarèrent qu’ils regrettaient une production un brin trop lourde et l’apport d’une technologie peut être exagérée. C’est ainsi que le batteur David Robinson avouera que son rôle autour des baguettes avait été nettement moins conséquent, la production privilégiant les percussions sous forme de boites à rythmes et d’ordinateurs. Idem pour les guitares dont l’influence semble en recul par rapport aux précédentes productions.
Au niveau du répertoire, il n’y a pas grand-chose à redire si ce n’est que la plupart des pistes auraient pu figurer dans un disque précédent. Les dix morceaux de l’album portent tous la patte des Cars, aussi bien les rythmes, les textes, le fond et la forme. Alors, qu’y a-t-il de différent ce coup-ci ? La qualité des vocaux semble avoir encore augmenté tant pour Ocasek que pour Orr. Malgré un travail en studio de près de six mois, une production tape-à-l’œil et des effets dus aux ordinateurs et synthé que certains jugeront exagérés, le disque garde tout de même une grande décontraction. Et puis, c’est la première fois qu’un disque du groupe fournit cinq singles qui vont rentrer dans le Top 40. Deux titres rentreront même dans le Top 10. L’engouement des programmateurs radio ou de M.T.V. n’explique pas tout. Il y a dans ce cinquième opus des tubes en puissance.

D’entrée de jeu, « Hello Again », un morceau de New Wave accentué par les claviers lance le disque sur de bons rails. « Looking For Love » permet d’adoucir la sauce avec une coloration un brin exotique pouvant évoquer Men At Work. D’autres titres feront une entrée fracassante dans les charts par le biais de tempos énergiques et dansants et d’accords alliant modernisme et vitamines : « Magic », « You Might Think ». « Stranger Eyes » avec son intro aux claviers genre flûte de pan rappelle l’ambiance qui figurait dans « Candy-O ». Voguant à la fois sur la New Wave et le Rock AOR avec en filigranes des zestes de Disco, l’intense et dramatique « It’s Not The Night » restera comme l’un des gros titres de cette triste décennie. « I Refuse » reprend les tournures du premier album, la guitare tentant de reprendre son hégémonie. Enfin, « Drive », ballade romantique dans laquelle les paroles évitent toute grivoiserie, parvient à garder plus de trente-cinq ans après sa sortie toute sa fraîcheur, l’exemple même du hit intemporel.

« Heartbeat City » reste aujourd’hui encore le plus gros succès commercial des Bostoniens, un succès qui bizarrement conduira le groupe à se dissoudre quatre ans plus tard. Un disque qui oscille savamment entre New Wave, Pop et Rock AOR.

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   LE KINGBEE

 
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- Ric Ocasek (chant,guitare)
- Elliot Easton (guitare, chant)
- Ben Orr (basse, chant)
- David Robinson (batterie)
- Greg Hawkes (claviers, chant)


1. Hello Again
2. Looking For Love
3. Magic
4. Drive
5. Stranger Eyes
6. You Might Think
7. It's Not The Night
8. Why Can't I Have You
9. I Refuse
10. Heartbeat City



             



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