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Loreena MCKENNITT - An Ancient Muse (2006)
Par MR. AMEFORGEE le 27 Décembre 2006          Consultée 3315 fois

Chère Loreena,

presque une décennie s’est déroulée depuis ton dernier voyage musical, le savoureux Book of Secrets. Pour tout dire, je n’attendais plus rien particulièrement : je m’étais résigné à ton silence. Je sais que tu as connu des moments personnels difficiles qui, après les concerts de Toronto et de Paris gravés sur disque en 1999, t’ont tenue éloignée des affaires publiques. Près d’une décennie plus tard, quel n’est pas mon plaisir de te voir revenir, reprenant ton voyage, ta pérégrination, ton errance, là où nous l’avions laissé, tous deux, quelque part sur le chemin de l’Orient Express.

La quête est toujours à la fois musicale, recherche de sonorités si peu communes au monde occidental, et spirituelle, libération des chakras dans les effluves ensorcelantes de baumes et d’onguents sonores lénifiants.
Il tenait de la gageure de revenir et de réitérer l’exploit du Book of Secret, si captivant. Je dois dire, chère Loreena, qu’un instant, j’ai cru que c’était possible. Lorsque « Incantation » a retenti dans la nuit noire, j’ai senti un frisson irrépressible parcourir mon échine : ta voix est toujours la même, tranchante et scintillante comme la lame torsadée d’un poignard d’Orient. L’entendre émettre des vocalises solennelles, mystiques, qui me rappelaient à certains égards une certaine Lisa Gerrard, dans un écrin sobre d’arrangements arabisants, je sentais déjà mon émotion prête à se galvaniser. Et puis la tension induite, qui appelait une explosion, un émerveillement, n’a pas eu lieu.

Ton nouveau voyage musical – comment l’appeler autrement ? –, malgré sa beauté manifeste, ne parvient pas totalement à me soumettre à son charme. Est-ce parce que la route empruntée est directement celle qui continue le Livre des Secrets : une profusion d’instruments issue de différents folklores, clarinette turque, bouzoukis grecques ou celtiques, oud, vielle à roue, cornemuse, viole de gambe, etc. ? Est-ce la longueur des morceaux : particulièrement étalée, leur structure relativement linéaire finissant par lasser au lieu d’hypnotiser ? A dire vrai, il s’agit sans doute d’une conjonction de ces faits.
Tu as beau toujours chanter magistralement, tantôt avec componction et mystère, tantôt avec lyrisme et langueur, la recette, après six albums, commence à être éprouvée. Et si les arrangements, d’une richesse luxuriante, semblent être une force au premier abord, ils se posent trop souvent sur une structure simpliste : un long crescendo que ponctue avec constance une rythmique baguenaudante, avec des phrases mélodiques répétées à l’envie, alors que les instruments viennent invariablement grossir les rangs à mesure que le temps s’écoule. C’est ça, le problème, ma chère Loreena : ta musique est magnifique, mais il n’y a plus de surprise, ou du moins bien trop peu. Que dire, sinon que des morceaux comme « The Gates of Istanbul », « Caravanserai » ou bien encore le fleuve « Beneath a Phrygian Sky » illustrent parfaitement mes propos : les couplets sont prenants, la mélodie n’est pas déplaisante, les arrangements sont raffinés et devraient émerveiller, mais il manque un petit quelque chose… de la surprise, ou à défaut, de la concision. Ensuite, l’instrumental « Kecharitomene » se montrerait presque houleux sur sa fin, mais nous sommes toujours dans ce schéma de montée en puissance linéaire.
En somme, ta musique épouse les formes de la pérégrination qu’elle est censée décrire : un voyage de longue haleine, constant, posé, comme l’on gravirait une montagne. Nul événement terrible, romanesque, ne s’y déroule, pas d’attaques de brigands, d’orages prométhéens, juste une progression continue, que viendra (non)conclure un « Never-Ending Road » sur une touche celtique aux accents élégiaques.

Voilà donc mon avis, chère Loreena. Ton retour m’a ému et j’espère qu’il annonce une suite prometteuse. Mais, excuse mes propos critiques, cette Muse Ancienne, aussi chatoyante soit-elle dans ses atours de princesse des temps immémoriaux, m’a paru moins inspiré que tes efforts passés. Toutefois, rien ne m’empêche de conseiller cet album à quiconque aime l’évasion dans les contrées zen et embrumées de magie, la qualité est présente malgré tout, et il vaut bien un bon narguilé.

Bien à toi,
Amicalement,

Mr. Ameforgée.

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   MR. AMEFORGEE

 
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Non disponible


1. Incantation
2. The Gates Of Istanbul
3. Caravanserai
4. The English Ladye And The Knight
5. Kecharitomene
6. Penelope's Song
7. Sacred Shabbat
8. Beneath A Phrygian Sky
9. Never-ending Road (amhran Duit)



             



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