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COTTON BELLY'S - Missi (2019)
Par LONG JOHN SILVER le 14 Avril 2019          Consultée 449 fois

AAAhhh… tout le monde dans le milieu des chroniqueurs a utilisé, employé, l’incontournable expression : « retour aux sources ». C’est bien pratique et ça évite d’aller chercher plus avant, notamment s’agissant de célèbres grands anciens, de vénérables (quel que soit leur style), qui reviendraient à ce qui a provoqué leurs premières amours après avoir passé une partie de leur carrière à prendre des chemins parallèles ou non, afin de se diversifier. J’avais moi-même cédé à la tentation en chroniquant les Live Sessions publiés par les COTTON BELLY’S.

Pourtant, « Jaïs » et « Walk », les deux premiers morceaux de l’album Missi, provoquent inéluctablement le sentiment que les musiciens des Cotton (dont l’équipe a été renouvelée pour moitié si on se réfère à Rainy Road) effectuent bien un retour aux sources de leur très folk et plutôt enjoué premier disque. Ce qui personnellement m’interdirait presque de rentrer d’emblée dans ce nouvel opus, tant j’ai passé du temps à réécouter ce (fort recommandable) premier effort récemment. Aussi parce que tous les albums du groupe sont différents et qu’au fur et à mesure de leur progression les Cotton ont évolué vers un style de plus en plus rock. Les deux chansons en question sont de bons titres, c’est évident, mais voilà, difficile de ne pas ressentir une légère déception malgré tout.

Pas de panique, parce qu’ensuite Missi trouve son autonomie et se démarque bien de tout ce qu’a pu produire le groupe jusqu’ici. Or il se trouve que ce disque se fait nettement moins rock que tous ses prédécesseurs, bien plus posé, calme. Enchanteur également. Missi est une belle réussite qu’il convient de saluer, principalement folk et pas uniquement tourné vers les États-Unis. Bien entendu, on retiendra le très beau solo de Mick Ravassat sur l’électrifié – et excellent - « Tried », après tout il se met assez peu en avant sur ce disque, privilégiant les entrelacements de cordes - guitare, dobro, lap-steel et même banjo - en compagnie de Yann Malek, ce dernier ayant composé l’intégralité de la galette. Les arrangements sont en revanche une œuvre collective pour un rendu très épuré et malgré tout très riche tant le soin apporté aux textures saute aux oreilles pour peu qu’on se concentre sur une production impeccable.

Galette qui abonde de thèmes sombres ou mélancoliques en rupture avec l’impression laissée par les deux premières chansons. Bien sûr, il y a aussi de la légèreté là-dedans : « Never Sing Alone » est une parfaite petite comptine pour hobos, on s’imagine voyageant en cachette dans les trains de marchandises US au début du XXe siècle, au son des guitares acoustiques et de l’inévitable harmonica. Légère comme plume au vent. Rafraîchissante. « Your Song » est plus extatique, langoureuse. Ce passage intervient au mitan d’un album qui ne remue guère, ou si peu. Pourtant, cet interlude – qui n’est pas un moment phare – s’inscrit tout a fait dans une narration fort bien maitrisée. Juste avant, on a écouté « I Won’t Lie », blues/folk tout aussi posé où scintille l’harmonica dans un solo tranchant tel une lame affutée comme jamais. Puis, c’est une guitare acoustique qui vient nous rappeler ce qu’un Bert Jansh et autre John Reinbourn faisaient en terme d’impro blues sur pareil instrument. « Green Light Come » conclut le disque sur une note Blues/Rock sombre au riff répétitif, arrangements minimalistes de rigueur en sus. Une belle conclusion.

Il y a aussi sur cet opus ce qu’on pourrait qualifier de « classiques » ou « tubes » en puissance. À commencer par le morceau titre, déjà dévoilé presqu’un an avant sa publication. « Missi » (abréviation de Mississippi) est un titre qui va crescendo à partir d’un arrangement voix/caisse claire auxquels s’adjoignent les autres instruments par couches successives. Le chant se renforce au fil de sa progression, des licks joués au bottleneck accompagnés par l’harmonica viennent faire monter la sauce progressivement. Sa coda nous ramène vers un apaisement relatif et le tour est joué pour un passage qui aurait pu figurer sur un best of de Ben HARPER. Plus loin, on découvre « Roadside », parmi les parenthèses Blues/Rock du disque, un instant très accrocheur, toujours posé et ne débordant - toujours - pas d’électricité. S’ensuit « Well & Good », ritournelle addictive aussitôt mémorisable où s’harmonisent guitare lead et harmonica pour un effet qui rappelle les chansons marines fleurant l’iode de la Bretagne, Grande ou pas. Il y a un parfum celtique là-dedans ! Impossible enfin de ne pas citer « Enfold » qui constitue, selon votre serviteur, LE joyau d’un recueil qui en compte plusieurs, une ballade mélancolique empreinte de sonorités folks qui ont plus à voir avec MALICORNE qu’avec HOT TUNA, où les guitares s’entrelacent subtilement au gré de sa progression. La mélodie vocale rayonne de simplicité alors que le pont et le final – juste magnifiques – bercent l’auditeur hors du temps présent. Il y a bien longtemps, jadis...

Alors, oui, j’ai commencé en évoquant un « retour aux sources », deux titres en forme de clin-d’œil voulu par le groupe pour rappeler aux auditeurs d’où il vient, et puis l’album bifurque tout de suite après son entame, parvient à forger sa propre identité, contredisant le point de vue initial. C’est bien ceci qu’il convient de retenir avant de poser un avis tranché sur Missi. Les COTTON BELLY’S continuent d’explorer le temps, leurs sources sont donc légion. On leur souhaite de ne pas s’arrêter en si bon chemin après pareille démonstration. La suite au prochain épisode.

PS : La version vinyle de Missi se trouve délestée de ses trois premières chansons (dommage pour « Tried ») permettant d’entrer de plain-pied dans l’orientation de cet album, or j’ai pu déjà apprécier la version vinyle de Rainy Road (2015) où quelques titres ont été également supprimés (dommage pour « Given ») pour un rendu nettement plus efficient à l’écoute.

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   LONG JOHN SILVER

 
  N/A



- Yann Malek (chant, harmonica, guitare, lap-steel)
- Christophe Etienne (basse, contrebasse)
- Aurélie Simenel (batterie, percussions)
- Mick Ravassat (guitare, dobro, lap-steel, banjo)


1. Jaïs
2. Walk
3. Tried
4. Missi
5. I Won't Lie
6. Your Song
7. Roadside
8. Well & Good
9. Never Sing Alone
10. Enfold
11. Green Light Come



             



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