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COTTON BELLY'S - Cotton Belly's (2009)
Par LONG JOHN SILVER le 3 Mai 2015          Consultée 1112 fois

Les P’tits gars du coton, quintette Seine-et-marnais et Essonnien, ont démarré leur aventure en 2005, écumé les scènes, opérant dans le registre blues/folk à dominante acoustique ce qui permet de voyager « léger » mais ce qui peut s’avérer être formidablement casse gueule quand on n’est pas des musiciens inspirés ET compétents, conditions sine qua non dès lors qu’on ne veut pas ennuyer poliment son auditoire. Cependant la reconnaissance vient assez vite pour nos franciliens étant donné qu’ils remportent prix et distinctions sur des tremplins qui leurs permettent de jouer régulièrement et d’envisager des enregistrements. Un EP 5 titres pour "vraiment" commencer* (paru en 2008) suivi par ce premier disque intitulé sobrement Cotton Belly’s.

D’emblée on apprécie le visuel soigné de la pochette qui nous emmène au cœur d’une forêt Louisianaise aussi dense qu’inquiétante; endroit maudit où on ne voit pas vraiment la lumière du jour. Cependant, lorsqu’on déplie l’objet apparaissent dessinés les cinq membres du groupe en pleine activité, or leur représentation n’est en rien antipathique. D’autant qu’il leur faudra bien sortir du bois pour se faire (re)connaître plus largement.

D’ailleurs, "Barbecue" installe tout de suite la convivialité entre les musiciens et le public, c’est enjoué, l’harmonica est à la parade, la contrebasse mise en valeur, bref c’est la fête à la campagne, on peut se rouler dans le foin avec sa gueuse pendant que tout le monde boit un coup. « Cup Song » est encore plus allègre, ce titre très « New Orleans » étant un modèle d’évidence blues/folk, guitare acoustique et harmonica se livrant à un duo virtuose irrésistible, c’est réjouissant. Le bottleneck enlumine les guitares acoustiques d'un "Ghost Baby Blues" emballant sur un thème plutôt douloureux et introspectif mais l’allant du morceau donne envie de danser tant cela groove de partout.

Cependant l’atmosphère s’alourdit, la guitare lead s’électrifie dans la chaleur et l’humidité d’un été suffocant, avec "Stranger At Home", un des meilleurs morceaux du disque, tout en ambiance pesante avec son riff certes classique mais remarquablement employé d’autant que le solo de guitare est somptueux. La section rythmique se fait lourde comme il se doit en pareil cas, la voix offrant une superbe mélodie. On devine là que le groupe ne se contentera pas à l’avenir de se cantonner à de roboratives pièces folks qui le contraindraient à se répéter. "Hi Heel Sneakers" est une chanson bien connue des amateurs de rock’n’roll, notamment grâce à Jerry Lee LEWIS, on a à nouveau envie de se trémousser tant sa relecture est emballée d’autant que le solo de guitare final est à couper le souffle! "Lazy Howl" conserve un tempo soutenu et cette fois c’est l’harmonica qui résonne de prouesses, le chant étant également bluffant d’assurance. L’enchainement avec "Shy Boy" s’effectuant sans transition sur un click fait de snaps programmés, le titre tournant sur la voix, l’harmonica et la contrebasse. Une fois encore ça passe comme une gorgée de bière dans la chaleur estivale.

Sauf que l’erreur de jeunesse n’est pas loin puisque s’ensuit un enchainement embarrassant de trois titres inutiles : "La Promenade Du Kid" / "Cotton Jig" / "Down By The Riverside". Le premier étant totalement anecdotique, le deuxième étant probablement très sympa sur scène – on imagine des cowboys criant « yippee ! » en lançant leur stetson en l’air- mais manquant de profondeur et le troisième couplé à "When The Saints Go marchin’ In" étant tellement rebattu que sa présence ici se fait incongrue surtout que cette version n’apporte rien de plus à la tarte à la crème Gospel qu’il est devenu. Dommage, car cela nuit considérablement à la dynamique d’un album jusque là fort bien mené et que ça nous rappelle clairement qu’on à affaire à des jeunots.

Heureusement l'écart s’arrête là car "Reason" est un excellent titre électrique, lourd à souhait où Yann Malek chante comme un mort de chagrin et où Jérôme Perrault presse les notes comme du jus hors de ses cordes sur un solo de grande classe, on en pleurerait. "Mambo" concluant sur un registre vaudou : voix envoutante, slide sur l’acoustique, rythme changeant mais hypnotique, harmonica maléfique et guitare lead enchanteresse, on dit chapeau bas messieurs et merci…
Caché après le silence apparaît en ghost track le morceau "Greatness", facétie que j’apprécie moyennement si ce n’est qu’elle annonce ici un titre qu’on trouvera (réenregistré) en ouverture de l’album This Day qui paraîtra en 2013.

Au moment du bilan, pour peu qu’on apprécie le blues, on se retrouve séduit par pareil résultat; le chant en anglais - ce qui pour un interprète français relève le plus souvent de la gageure - étant par ailleurs tout à fait crédible. La trame instrumentale tutoie le plus souvent l’excellence, les COTTON BELLY’S portant fièrement les couleurs d’un blues aux accents Folk dans les enceintes qui les accueillent. Sept ans après ce premier essai, on peut être légitimement heureux de savoir qu’ils sont plus que jamais en activité.

*On peut trouver des enregistrements du groupe dès 2006 sur diverses compilations parues auparavant.

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Yann Malek (chant, harmonica)
- Jérôme 'skippy' Perrault (guitare)
- Michel Descamps (guitare)
- Christophe 'kiki' Etienne (basse)
- Romain Pamart (batterie)


1. Barbecue
2. Cup Song
3. Ghost Baby Blues
4. Stranger At Home
5. Hi Heel Sneakers
6. Lazy Howl
7. Shy Boy
8. La Promenade Du Kid
9. Cotton Jig
10. Down By The Riverside
11. Reason
12. Mambo/greatness (bonus Caché)



             



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