Recherche avancée       Liste groupes



      
INDUS/NOISE ROCK  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

- Membre : Colin Newman , Bruce Gilbert

WIRE - Send (2003)
Par K-ZEN le 28 Juillet 2020          Consultée 372 fois

Bienvenue dans l’ère dite moderne. L’époque de l’information, de la désinformation continue, prégnante, de l’informatique à tout va. De l’intelligence artificielle, au sens propre comme au figuré. Des compteurs, des bilans, déshumanisés, pragmatiques, concis. De la dématérialisation à la chaîne, des billets de banque aux places de cinéma. Plus que ça même, de l’abstraction. A cela près que l’on s’immisce dans votre cerveau pour vous imposer votre propre abstraction. Philip K. Dick l’a écrit, avec ses sociétés futuristes aux perceptions incertaines, hyper-publicitaires dans leurs adaptations cinématographiques. John Carpenter l’a mis en image avec un acteur au charisme proche d’un morse. Ere moderne alors… Vraiment ?

« Posez votre pouce ici ». Oui… Parfait. Une porte s’ouvre ici, une autre claque à des milliers de kilomètres de là, dorée sur les talons d’un dictateur ou rouillée sur les doigts de pied glacés d’un prisonnier. Tout est lié. Chaque action est préparée dans le cadre de la suivante. Intox, désintox, tout se mélange comme dans un milk-shake, sans aucun moyen de démêler chaque ingrédient de son voisin ou le vrai du faux. Alors dans le doute, envoyez le tout…

Avec Send, le WIRE des années 2000 revêt un habit un peu différent après plus de dix ans de hiatus – son dernier disque studio, The First Letter, est sorti en 1991 mais sous le nom raccourci de WIR car amputé d’un membre. Entretemps, on a bien eu Behind The Curtain en 1995, mais ce n’était qu’une archive.
Toutefois, le changement ne se situe pas au niveau de la composition d’équipe, Robert « GOTOBED » étant de retour aux fûts mais sous son vrai nom Robert GREY ; le guitariste Bruce GILBERT n’est pas encore parti mais il ne tardera pas à le faire peu après la sortie de cet album, en 2003.

C’est plutôt au niveau de la musique proposée que se situe l’évolution. On a bien évidemment toujours ce goût pour l’expérimentation, présent depuis les débuts du groupe, mais mis au service d’un rock industriel franchement bruitiste et rentre-dedans. Les titres sont mécaniques, secs, quasi coupés au couteau, presque dansants (le technoïde "Half-Eaten", "Nice Streets Above "), ne s’embarrassant pas de quelconques apparats ou d’éternisations temporelles, avec des paroles quelquefois réduites à de simples slogans. "In The Art Of Stopping" nous explique ainsi en 3 phrases comment réussir un parfait break. La production est crue, le son de guitare très agressif, avec des murs soniques et des riffs pachydermiques et menaçants. Les motifs de "You Can’t Leave Now" et de "Read & Burn", voraces, ou de "Comet", l’impression véritable d’être coincé au beau milieu d’un pixel. Tout cela est d’une hostilité inédite et inhabituelle pour le groupe, quand bien même il est foncièrement punk dans son âme.

Assignée au rôle d’épée de Damoclès, la voix de Colin NEWMAN lutte. Elle poursuit ses vocalises, parfois un fragile rai de lumière au cœur de la tempête ("Mr Marx’s Table") mais toujours sur la corde raide, prenant par instants son aspect de Mr Hyde, hurlements tous azimuts ; vient en tête l’image de Jaz COLEMAN sur le KILLING JOKE des années 2000, celui qui a ajouté une dose de métal dans son post-punk industriel. "99.9", clôture à l’énoncé énigmatique, climax horrifique et honorifique, est le parfait exemple de cette bipolarité frappante. Assez planant au départ, comme un rappel aux ambiances inconfortables et paranoïaques de 154, le morceau monte peu à peu en régime avec un riff majuscule jusqu’à exploser dans un épouvantable fracas de tôles froissées totalement débridé où les vociférations bovines de NEWMAN parviennent tant bien que mal à se frayer un chemin.

Assez unique dans la discographie conséquente du groupe, un peu à l’image du Outside de David BOWIE pas si lointain temporellement parlant, Send est tout simplement l’album cyberpunk de WIRE.

A lire aussi en ROCK par K-ZEN :


Nick CAVE & THE BAD SEEDS
Your Funeral... My Trial (1986)
Enterrement de la concurrence




FONTAINES D.C.
A Hero's Death (2020)
Saute d'humeur


Marquez et partagez





 
   K-ZEN

 
  N/A



- Colin Newman (chant, guitares)
- Bruce Gilbert (guitares)
- Graham Lewis (basse, chant)
- Robert Grey (batterie)


1. In The Art Of Stopping
2. Mr Marx's Table
3. Being Watched
4. Comet
5. The Agfers Of Kodack
6. Nice Streets Above
7. Spent
8. Read And Burn
9. You Can't Leave Now
10. Half Eaten
11. 99.9



             



1999 - 2020 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod